
Date de naissance : 1er juin 1880
Commune de naissance : Saint-Donan
Département de naissance : Côtes-du-Nord (Côtes-d'Armor)
Nationalité : Française
Situation religieuse
Qualité religieuse : Vicaire
Commune d'exercice : Saint-Ilden
Diocèse : Saint-Brieuc
Congrégation / Ordre : Clergé séculier
Département d'exercice : Côtes-du-Nord (Côtes-d'Armor)
Famille
Père : Pierre
Mère : Anne Marie HERVÉ
Service pendant la Grande Guerre
Mobilisé le : 12 août 1914
Fonction militaire principale : Fourrier (Caporal-fourrier au 47e R.I.)
Grade final : Caporal
Unité finale : 47e RI
Parcours militaire :
- 12 août 1914 : mobilisé au 47e régiment d’infanterie.
- 20 août 1914 : arrivé au corps, parti aux armées.
- 17 octobre 1914 : caporal-fourrier.
- 2 novembre 1914 : blessé par balle à Beaurains, dans la défense d’Arras (paralysie de la main droite).
- 29 octobre 1915 : proposé pour la réforme n° 1, réformé par décision ministérielle du 5 février 1916.
Théâtre des opérations :
– 1914 : Marne, Reims, Arras, Mercatel, Neuville-Vitasse, défense d’Arras, Beaurains (2 novembre)
J.M.O. (Journal des Marches et Opérations) :
JMO du 47e régiment d’infanterie — journées des 1er et 2 novembre 1914, attaque de la briqueterie de Beaurains.
Début novembre 1914, devant Arras, le 47e régiment d’infanterie reçoit l’ordre de reprendre la briqueterie de Beaurains, solidement tenue par les Allemands. Pierre Mathurin BERTRAND, vicaire de Saint-Ilden, y sert comme fourrier.
- 1er novembre — L’attaque de la briqueterie est décidée pour le lendemain, avant le jour. Le bataillon Moreau, mis à la disposition du 25e régiment, prépare son assaut en trois colonnes d’une compagnie chacune ; précédée d’une préparation d’artillerie, l’attaque est fixée à 4h45.
- 2 novembre — 3h : le bataillon quitte la citadelle d’Arras et gagne ses emplacements de départ au faubourg de Ronville. 5h : après la préparation d’artillerie, les trois compagnies s’élancent par une nuit de pleine lune. Parvenues à une trentaine de mètres du talus ennemi, elles sont accueillies par un feu violent des tranchées ; prises de feux d’écharpe et d’enfilade, arrêtées par les fils de fer, elles voient leurs hommes tomber en grand nombre au pied du talus. L’attaque échoue et les survivants se replient sur Ronville et sur les tranchées en arrière. Vers 7h : ordre de repli sur Arras, exécuté à la faveur de la nuit ; à 19h, les survivants ont regagné la citadelle.
Le 1er bataillon paye cette attaque d’un lourd tribut : 24 tués (dont 3 officiers), 188 blessés et 104 disparus, soit 316 hommes hors de combat. C’est au cours de cet assaut, le 2 novembre 1914 à Beaurains, que Pierre Mathurin BERTRAND a été blessé par balle, la main droite restée paralysée. Il ne s’est jamais remis de cette blessure et a succombé le 13 avril 1921, au Fœil, dans les Côtes-du-Nord (Côtes-d’Armor).
Statut final
Type de fin : † Mort des suites de blessures
Date : 13 avril 1921
Lieu : Le Fœil
Détails / circonstances : des suites de ses blessures de guerre (paralysie de la main droite consécutive à la blessure de Beaurains du 2 novembre 1914)
Décorations
Médaille militaire
Date d'obtention : décret du 2 mars 1916 (J.O. du 25 mars 1916, p. 2356)
Circonstances :
Sous-officier d'une bravoure exemplaire, qui a fait preuve en toutes circonstances d'énergie et d'esprit de sacrifice, notamment le 2 novembre 1914, jour où, grièvement blessé et oubliant ses souffrances, il n'a songé qu'à ses camarades, les aidant à rentrer dans nos lignes. Paralysie de la main droite.
Informations complémentaires
Vicaire à Le Fœil en 1921
Images complémentaires

Ce croquis, dessiné à la plume et à l’encre rouge dans le Journal des marches et opérations du régiment, témoigne d’une rigueur tactique inhabituelle pour une attaque qui se solda en quelques heures par 316 hommes hors de combat sur le seul 1er Bataillon. Les trois flèches rouges représentent les colonnes d’assaut lancées à la baïonnette, sans tirer, par une nuit de lune claire, contre des tranchées allemandes invisibles, embusquées derrière un talus. Les points T, T¹, T², T³ marquent les positions intermédiaires françaises en deçà du talus. À droite, la « Maison de l’Équarrisseur » et la tranchée allemande G ferment le dispositif ennemi. C’est en aidant ses camarades à se replier de cet enfer que Pierre Bertrand, atteint à la main droite, mérita la Médaille militaire.
─────────────────────────────────────────────────────────
DESCRIPTION VISUELLE STRICTE (ce qui est visible)
─────────────────────────────────────────────────────────
Croquis manuscrit à la plume, encre noire et encre rouge. Orientation indiquée par une flèche Nord-Sud à gauche (N en haut, S en bas). En haut : ligne nord avec la mention « vers Arras », tranchée du 25e R.I., 2e Cie positionnée derrière un mur crénelé. Au sud : ligne sud avec la mention « vers Beaurains », briqueterie et hangars allemands, tranchée allemande G à l’extrême est. Au centre, un boyau zigzaguant nord-sud sépare l’attaque en deux groupes. Trois flèches rouges descendantes marquent l’attaque des 3e, 4e et 5e compagnies. Quatre points jalons T, T¹, T², T³ alignés horizontalement en milieu de croquis. Talus hachuré, tranchées allemandes représentées par une rangée de croix. Maison de l’Équarrisseur figurée à droite.
Sources
Livre d'or du Clergé et des Congrégations, tome 1 — consulter sur Gallica
Fiche matricule — registre matricule du recrutement de Saint-Brieuc, classe 1900, matricule n° 1508, Archives départementales des Côtes-d’Armor.
Citation à la Médaille militaire — Journal officiel de la République française, lois et décrets, 25 mars 1916, p. 2356, Gallica (BnF).
Pour explorer les autres notices du Livre d'or du Clergé et des Congrégations 1914-1918, consultez la base complète des 10 296 ecclésiastiques mobilisés.

