
Date de naissance : 31 mars 1870
Commune de naissance : Puttelange
Département de naissance : Moselle
Nationalité : Française
Situation religieuse
Qualité religieuse : Prêtre
Commune d'exercice : Saint-Ulrich
Congrégation / Ordre : Oblats de Marie-Immaculée
Département d'exercice : Moselle
Établissement de rattachement : Couvent Saint-Ulrich, près Sarrebourg
Famille
Père : François
Mère : Marguerite BEST
Statut final
Type de fin : Autre
Date : 14 novembre 1918
Citations à l'ordre
Citation n°1
Niveau : À l'ordre de la division
Numéro et date : Division, 9 juillet 1919
Texte :
Le 19 août 1914, après avoir parcouru le champ de bataille pendant deux jours avec un dévouement admirable et un mépris absolu du danger, a fourni au commandement un renseignement qui a épargné à un régiment un bombardement intense et a sauvé la vie de bien de nos soldats. Condamné en raison des sentiments francophiles qu'il ne cachait point aux autorités allemandes, a subi 13 mois de détention et a été ensuite interné en Saxe jusqu'à l'armistice. Jusqu'à son incarcération, n'a cessé de secourir nos prisonniers.
Informations complémentaires
François Michel Bonichot est né à Puttelange — aujourd’hui Puttelange-aux-Lacs, dans le canton de Sarralbe (Moselle) — le 31 mars 1870, soit deux mois avant la signature du traité de Francfort qui rattache l’Alsace et la Moselle à l’Empire allemand pour les quarante-sept années suivantes. Sa commune natale, à 80 km de Metz et à proximité immédiate de la frontière linguistique entre francophones et germanophones, fait alors partie du Reichsland Elsaß-Lothringen, territoire d’Empire administré directement par Berlin et où l’usage administratif de l’allemand est imposé. Comme tous les enfants nés en Moselle après mai 1871, Bonichot est juridiquement sujet allemand, même si sa famille reste de culture et de cœur français — situation typique des Lorrains du nord mosellan, qui développent au fil des années une double appartenance silencieuse.
Bonichot entre dans la congrégation des Oblats de Marie-Immaculée — ordre missionnaire fondé en Provence en 1816, fortement implanté en Allemagne du Sud et en Alsace-Lorraine annexée. Il rejoint le couvent Saint-Ulrich près de Sarrebourg, lieu de pèlerinage marial fondé en 1893 par les Oblats allemands. Au déclenchement de la guerre en août 1914, il sert comme aumônier à l’ambulance de Sarrebourg du côté allemand, conformément à son statut juridique de sujet du Reich.
Le 19 août 1914, dans les premiers jours de l’offensive française en Lorraine annexée (bataille de Sarrebourg, 20 août), il parcourt deux jours durant le champ de bataille pour porter secours aux blessés, et transmet au commandement français un renseignement décisif qui épargne à un régiment français un bombardement allemand. Maintenu à son poste d’aumônier, il continue de secourir les prisonniers français retenus en Lorraine. Ses sentiments francophiles, qu’il ne cache pas, lui valent d’être arrêté le 15 juillet 1915 par l’autorité allemande. Condamné à treize mois de détention, il subit cent vingt jours d’isolement en cellule à Sarrebourg puis à Sarreguemines, sans droit de célébrer la messe, avant d’être interné en Saxe jusqu’à la fin de la guerre. Rapatrié le 14 novembre 1918, trois jours après l’armistice et au moment même où la Moselle redevient française, il reçoit en 1919 une citation à l’ordre de la Division de l’armée française — distinction rare pour un religieux sujet allemand de naissance, devenu français par le retour de sa province natale à la France.
Sources
Livre d'or du Clergé et des Congrégations, tome 1 — consulter sur Gallica
Acte de naissance — registre des naissances de Puttelange (Moselle), 1870, acte n° 39, Archives départementales de la Moselle.
Sujet allemand comme tous les Mosellans depuis 1871, Michel François Bonichot a servi comme aumônier dans l’armée allemande : il n’existe à son sujet ni fiche matricule française, ni fiche Mémoire des Hommes, ni dossier Léonore. En l’absence de source militaire française directe, son parcours repose sur le Livre d’or et devra être complété par les archives de la congrégation des Oblats de Marie-Immaculée et le diocèse de Metz.
Pour explorer les autres notices du Livre d'or du Clergé et des Congrégations 1914-1918, consultez la base complète des 10 296 ecclésiastiques mobilisés.

