
Date de naissance : 9 avril 1862
Commune de naissance : Avocourt
Département de naissance : Meuse
Nationalité : Française
Situation religieuse
Qualité religieuse : Archevêque
Ordination : 18 septembre 1886
Commune d'exercice : Cambrai
Diocèse : Cambrai
Congrégation / Ordre : Clergé séculier
Département d'exercice : Nord
Établissement de rattachement : Archevêché de Cambrai
Famille
Père : Jean
Mère : Anne Zoé GRANDJEAN
Service pendant la Grande Guerre
Mobilisé le : Non mobilisé
Statut final
Type de fin : Démobilisé
Décorations
Légion d'honneur
Grade / Classe : Chevalier
Date d'obtention : décret du 30 octobre 1920 (JO du 31 octobre 1920)
Circonstances :
Titres exceptionnels : Resté à Cambrai pendant l'occupation allemande, s'est joint en de nombreuses circonstances à la municipalité pour élever d'énergiques protestations contre les exigences des troupes allemandes d'occupation. Est intervenu personnellement auprès des autorités ennemies pour rappel au respect des règles du droit des gens. Arrêté comme otage, a été mis sous garde militaire pendant plus d'un mois. A rendu, par son attitude, de réels services à la population.
Informations complémentaires
Ordonné prêtre le 18 septembre 1886, docteur en théologie de l’Université catholique de Lille en 1893, Jean Arthur Chollet y avait été professeur de philosophie scolastique puis de théologie morale. Nommé évêque de Verdun en 1910 — il était alors le plus jeune évêque de France —, il est devenu archevêque de Cambrai le 20 novembre 1913 et a pris possession de son siège le 22 janvier 1914, quelques mois avant la guerre.
Cambrai a été occupée par les Allemands du 26 août 1914 au 11 novembre 1918. Mgr Chollet a refusé de quitter sa ville et n’a cessé, pendant ces quatre années, de défendre ses diocésains. Dès le 28 août 1914, il a demandé audience au commandant de la place ; il a multiplié les protestations contre les réquisitions, le travail forcé imposé à des jeunes gens et à des femmes, et la déportation de travailleurs. À la suite d’un bombardement de la gare, il a demandé, le 25 septembre 1915, à être inscrit sur la liste des otages et à prendre la place de l’un d’eux ; les autorités allemandes ont refusé. Le 26 mai 1917, c’est directement à l’empereur Guillaume II qu’il a adressé une protestation contre la politique de terre brûlée accompagnant l’édification de la ligne Hindenburg.
Il a également protégé son clergé : il est intervenu pour des prêtres arrêtés, s’est porté garant de leur moralité et a écrit le 7 avril 1915 à Guillaume II pour appuyer la demande de grâce de l’abbé Boutte, curé d’Anneux, condamné à mort. En août 1915, il a obtenu que les prêtres et employés d’église soient dispensés des appels du contrôle militaire allemand, afin d’assurer la continuité du culte.
Fidèle à la charge charitable de l’Église, il a organisé, sans distinction de nationalité, le secours aux blessés, aux orphelins, aux vieillards et aux malades, l’accueil des communautés religieuses évacuées du front et l’assistance aux réfugiés. Dès le 10 août 1914, il avait nommé un aumônier pour les blessés allemands affluant dans les hôpitaux de Cambrai, et il est intervenu auprès du prince Rupprecht de Bavière pour empêcher l’expulsion d’un orphelinat tenu par des religieuses.
Cette attitude lui a valu de sévères représailles. Les Allemands ont suspendu le bulletin diocésain en mai 1915, interdit les processions, et l’ont retenu plus d’un mois dans son palais. Condamné à deux reprises à une amende ou à la prison — une fois pour avoir correspondu avec un doyen sans passer par la Kommandantur, une autre pour avoir défendu le port de l’insigne du Sacré-Cœur —, il a chaque fois choisi la prison, que l’occupant n’a pas fait exécuter. Évacué au château de Modane le 18 octobre 1918, il a sollicité le maréchal Foch dès le 30 novembre 1918 pour pouvoir regagner Cambrai, qu’il a retrouvée en ruines.
Après la guerre, il s’est attaché à la reconstitution des églises de son diocèse. Promu officier de la Légion d’honneur le 8 août 1939, il a été secrétaire de la Commission permanente de l’Assemblée des cardinaux et archevêques de France jusqu’à sa mort.
Contraint à l’exil à Vénissieux pendant la Seconde Guerre mondiale, il est resté archevêque de Cambrai jusqu’à son décès, survenu dans cette ville le 2 décembre 1952.
Images complémentaires

Le prélat photographié ici est l’archevêque qui, resté à Cambrai pendant les quatre années d’occupation, multiplia les protestations auprès des autorités allemandes et s’offrit comme otage pour épargner ses diocésains. La décoration visible sur sa poitrine est la croix de chevalier de la Légion d’honneur, reçue le 30 octobre 1920 précisément au titre de cette conduite. Le cliché original est conservé à la Bibliothèque nationale de France.

La scène fixe la remise de la croix de chevalier de la Légion d’honneur (Gallica) à Mgr Chollet, à gauche, par le cardinal Louis Ernest Dubois, archevêque de Paris — celui-là même qui l’avait reçu dans l’ordre à Cambrai le 16 décembre 1920. Les deux hommes se connaissaient de longue date, le cardinal Dubois ayant occupé avant Chollet le siège épiscopal de Verdun.
Sources
Livre d'or du Clergé et des Congrégations, tome 1 — consulter sur Gallica
Fiche matricule — Archives départementales de la Meuse, bureau de Verdun, classe 1882, matricule n° 666 (registre 1 R 432).
Base Léonore — Archives nationales, dossier de Légion d’honneur, cote 19800035/102/12827 (notice c-a01603).
Pour explorer les autres notices du Livre d'or du Clergé et des Congrégations 1914-1918, consultez la base complète des 10 296 ecclésiastiques mobilisés.

