
Date de naissance : 13 novembre 1887
Commune de naissance : Saint-Paul-de-Jarrat
Département de naissance : Ariège
Nationalité : Française
Situation religieuse
Qualité religieuse : Vicaire
Commune d'exercice : Saverdun
Diocèse : Pamiers
Congrégation / Ordre : Clergé séculier
Département d'exercice : Ariège
Famille
Père : Élie Antoine
Mère : Émilie Barthélémie BECQ
Service pendant la Grande Guerre
Mobilisé le : 3 août 1914
Fonction militaire principale : Combattant
Grade final : Capitaine
Unité finale : 404e RI
Parcours militaire :
- 3 août 1914 : rappelé à l’activité par la mobilisation générale, arrivé au corps au 259e RI comme sous-lieutenant de réserve.
- 9 septembre 1914 : promu lieutenant de réserve (JO du 13 septembre 1914).
- mai 1915 : désigné officier mitrailleur, passé au 14e RI (en vue du 417e RI).
- 24 mai 1915 : passé au 404e RI.
- 9 juillet 1915 : promu capitaine de réserve à titre temporaire (décret du 7 juillet 1915).
- 13 septembre 1915 : passé au 305e RI, commandant une compagnie de mitrailleuses.
- 22 avril 1916 : passé au 404e RI.
- 5 juillet 1916 : capitaine à titre définitif (JO du 10 juillet 1916).
Théâtre des opérations :
- 1918 — Mont Kemmel (mai), Chemin des Dames (3 juillet – août).
J.M.O. (Journal des Marches et Opérations) :
JMO du 404e régiment d’infanterie — journées des 11 et 12 août 1918.
En août 1918, lors de l’offensive française dans l’Oise, le 404e régiment d’infanterie attaque en direction de Roye et de Gury, dans un secteur solidement défendu par les mitrailleuses. Lucien ARSEGUEL, vicaire de Saverdun, y sert comme capitaine, adjudant-major du 3e bataillon.
- 11 août — 7h15 : d’abord arrêté par des feux de mitrailleuses au nord-ouest de la cote 115, le bataillon de tête atteint, après une belle progression, la route Roye–Gury ; le régiment fait dix prisonniers et prend deux mitrailleuses. 14h30 : la marche reprend contre une défense acharnée ; au prix de lourds sacrifices, les éléments de tête atteignent les tranchées du Barbeau et du Buffle, sans pouvoir dépasser la route Canny–Gury. Cette journée, particulièrement pénible, coûte de grosses pertes au 3e bataillon : son chef (le commandant Debarnot), son adjudant-major (le capitaine Arseguel), le commandant de la compagnie de mitrailleuses et une partie de la liaison sont tués ou blessés. Bilan du jour pour le bataillon : 4 tués — dont le capitaine Arseguel —, 19 blessés et 12 intoxiqués par les gaz.
- Nuit du 11 au 12 août — Le 2e bataillon relève en première ligne le 3e bataillon, sous une très vive activité des mitrailleuses et de l’artillerie ennemies, avec une forte proportion de gaz toxiques.
- 12 août — 5h : l’attaque reprend, mais les vagues d’assaut, arrêtées par un tir intense de mitrailleuses et un violent barrage, ne progressent que de 50 à 100 mètres. 11h à 14h : nouvelle reprise, lente et meurtrière ; les éléments de tête parviennent à 500 mètres au nord-est du bois de Gury, tandis que le régiment voisin, à gauche, ne réalise aucun progrès.
C’est au cours de cette attaque, le 11 août 1918, que Lucien ARSEGUEL — capitaine et adjudant-major du 3e bataillon — a été tué.
Statut final
Type de fin : † Tué à l'ennemi
Date : 11 août 1918
Lieu : La Berlière (Oise) / Bois de Riquebourg (Livre d'Or)
Détails / circonstances : À La Berlière, hameau de la commune de Ressons-sur-Matz (Oise), au cours de l'offensive de la 3e armée du général Humbert dans le secteur du massif de Thiescourt.
Citations à l'ordre
Citation n°1
Niveau : À l'ordre de la division
Numéro et date : 121ᵉ D.I., n° 480, 20 octobre 1917
Texte :
Officier ayant fait preuve, au cours de la campagne, des plus brillantes qualités militaires, a brillamment entraîné sa compagnie de mitrailleuses dans la Somme et dans l'Aisne, se dépensant sans compter dans un secteur difficile, et facilitant l'exécution d'un coup de main par son intervention judicieuse de ses sections de mitrailleuses.
Citation n°2
Niveau : À l'ordre de la division
Numéro et date : 121ᵉ D.I., n° 622, 8 juin 1918
Texte :
Officier d'un moral très élevé, ayant le mépris du danger, s'est toujours fait remarquer par sa belle attitude au feu. Les 27 et 28 mai 1918, ses sections de mitrailleuses bien orientées ont contribué, pour une large part, à repousser les violentes attaques dirigées sur nos positions au nord du Kemmel. Déjà cité.
Citation n°3
Niveau : À l'ordre du corps d'armée
Numéro et date : 34ᵉ C.A., n° 207, 2 août 1918
Texte :
Magnifique soldat, qui fait l'admiration de tous par son esprit du devoir et son mépris du danger. A entraîné par son exemple sa compagnie, le 9 juillet 1918, et l'a portée à l'attaque avec un entrain irrésistible. L'intervention de ses sections de mitrailleuses a largement contribué au succès de l'opération.
Décorations
Légion d'honneur
Grade / Classe : Chevalier
Date d'obtention : 31 mars 1920 (J.O. du 15 juin 1920)
Circonstances :
Vaillant officier, d'un dévouement et d'un courage remarquables. Trois fois cité à l'ordre pour sa belle conduite devant l'ennemi. Tombé glorieusement au champ d'honneur, le 11 août 1918. Croix de guerre avec palme.
Croix de guerre
Étoiles et palmes :
- Palme de bronze (citation à l'ordre de l'armée)
Circonstances :
Sans citation mais indiqué dans la citation Légion d'Honneur
Informations complémentaires
Élève ecclésiastique, Lucien Arséguel avait bénéficié d’un service militaire allégé : incorporé au 83e RI le 6 octobre 1908 comme soldat de 2e classe dispensé, il était passé dans la réserve dès le 1er octobre 1909, puis avait été nommé sous-lieutenant de réserve, rattaché au 9e RI, par décret du 23 mars 1910 (rang du 1er avril 1910). Libéré du service actif le 2 septembre 1910, il était vicaire à Saverdun lorsque la mobilisation l’a rappelé à l’activité.
Le Capitaine Arseguel trouve la mort le 11 août 1918, au troisième jour de la 3e bataille de Picardie (10 août – 14 septembre 1918), lors de l’offensive lancée par la 3e armée française du général Humbert entre Montdidier et Lassigny.
Cet engagement s’inscrit dans la phase d’exploitation qui suit la rupture du front allemand obtenue le 8 août 1918 dans la Somme par la 4e armée britannique de Rawlinson et la 1re armée française de Debeney — journée qualifiée par Ludendorff de « jour de deuil de l’armée allemande ». Le 10 août, lendemain du jour où la 1re Armée du général Debeney libère Montdidier, l’armée Humbert attaque à son tour sur le front de Courcelles à l’Oise, avec pour mission d’élargir la brèche vers le sud-est et de dégager Compiègne.
La 121e division d’infanterie (général Targe), à laquelle appartient le 404e régiment d’infanterie du Capitaine Arseguel, est engagée dans cette offensive du 10 au 28 août. Le 11 août, malgré les difficultés d’un terrain boisé et accidenté, malgré la vive réaction de l’ennemi soutenu par une puissante artillerie, l’armée Humbert continue d’avancer ; le massif de Thiescourt est en partie reconquis. En deux jours, la 3e Armée fait plus de 2 000 prisonniers et prend 30 canons.
C’est dans cette progression difficile vers la route Canny-Gury, au nord-ouest du Bois de Gury, que le 3e bataillon du 404e RI subit ses pertes les plus lourdes le 11 août. Le journal de marche du régiment mentionne nommément la mort du Capitaine Arseguel, adjudant-major de bataillon, parmi les quatre tués de la journée, aux côtés du sous-lieutenant Berthier ; le commandant du bataillon Debarnot, le capitaine Lafolie et le sous-lieutenant Montpezat figurent parmi les dix-neuf blessés.
Lassigny sera finalement libérée onze jours plus tard, le 22 août 1918, au terme d’une seconde phase offensive engagée par l’armée Humbert.
Sources
Livre d'or du Clergé et des Congrégations, tome 1 — consulter sur Gallica
Fiche matricule — registre matricule du recrutement, Archives départementales de l’Ariège, bureau de Foix, classe 1907, cote 129 W 37, matricule n° 287.
Sa fiche Mort pour la France sur Mémoire des Hommes.
Pour explorer les autres notices du Livre d'or du Clergé et des Congrégations 1914-1918, consultez la base complète des 10 296 ecclésiastiques mobilisés.

