AUCLER Paul

Portrait recherché — Couverture du Livre d'or du Clergé et des Congrégations 1914-1922 en attente d'identification photographique

Date de naissance : 27 août 1865

Commune de naissance : Boulogne-sur-Seine

Département de naissance : Seine

Nationalité : Française

Situation religieuse

Qualité religieuse : Prêtre

Qualité (formulation Livre d'or) : Directeur Conférence Olivaint

Commune d'exercice : Paris

Congrégation / Ordre : Jésuites

Congrégation (formulation Livre d'or) : Compagnie de Jésus

Département d'exercice : Seine

Famille

Père : Jules Henri

Mère : Amélie Emma LELARGE

Service pendant la Grande Guerre

Mobilisé le : août 1914

Fonction militaire principale : Aumônier

Unité finale : 16e SIM


Parcours militaire :

  • Engagé aumônier volontaire (août 1914) Évacué pour fatigue (8 novembre 1914)
    Retour au front (12 décembre 1914) 12 janvier 1915 : pris de douleurs après avoir assisté un condamné à mort.
  • Transporté à l’hôpital de Poperinghe, opéré d’urgence (perforation de l’estomac)
  • Évacué pour maladie (14 février 1915).

Théâtre des opérations :

  • 1915 — Lorraine, La Mortagne, Houdeville, Gerbéviller, Saint-Dié, Raon, Baccarat, Pont-à-Mousson, Lunéville, Nancy, Woëvre, la Lys, Ypres, Poperinghe.

Statut final

Type de fin : Mort de maladie

Date : 23 février 1915

Lieu : Rouen

Détails / circonstances : à l'Ambulance du Petit Séminaire Saint-Romain, à Rouen, d'une maladie contractée au front (gastro-entérotomie)

Informations complémentaires

Aucune citation ni aucune médaille notée pour Paul AUCLER

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Dans une lettre adressée à un proche le 10 août 1914, au lendemain de la mobilisation, il écrivait :

« Je viens de vivre cette semaine les plus belles journées que j’ai vécu comme Français depuis 1870, nous assistons à la résurrection de la France. »

Voir source : Anne Philibert, La Conférence Olivaint, 1875-1940

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Le Père Joseph-Papin Archambault, jésuite canadien, a consacré deux chapitres au Père Aucler dans son recueil Le prêtre sur le champ de bataille d’après des lettres de religieux français (Montréal, Éditions du Devoir, 1916, p. 207-222). Il y publie de larges extraits des dernières lettres écrites par l’aumônier au front et depuis l’hôpital de Poperinghe.

Dans une lettre du début janvier 1915, il décrit l’apostolat aux blessés à l’ambulance (p. 215-216) :

« Nos services sanitaires ont réalisé de notables progrès. Les blessés ne sont plus entassés dans d’étroites salles et serrés les uns contre les autres comme des sardines, ce qui ne permettait pas à l’aumônier d’aborder chacun d’eux. On les répartit dans plusieurs maisons du hameau où l’ambulance est établie. Je ne trouve couchés sur la paille, que les blessés dont l’état est moins grave. Les autres sont étendus sur des paillasses ou des matelas, enveloppés de draps et de couvertures. (…) Mais surtout l’espace libre qu’on a soin de laisser entre deux voisins me permet de m’étendre sur le sol, auprès de chacun d’eux, et de causer plus intimement. Je puis aussi témoigner à chacun l’intérêt que je lui porte, l’interroger sur sa famille, son pays, son métier, lire avec soin le carton où se trouve inscrite la nature de sa blessure, et me rendre compte, par ces préliminaires, du travail personnel auquel il faut me livrer. Au lieu d’absolutions hâtives, données sous condition, j’ai tout loisir de préparer dans l’âme les dispositions nécessaires à une réception fructueuse des sacrements. »

Et plus loin :

« Le plus grand nombre de nos hommes — j’ai plaisir à le constater — sont profondément chrétiens : la foi existe, le recours à Dieu est spontané, l’acte de contrition est su par cœur et les confessions très bien faites ; car l’intimité des conversations rend souvent possibles les confessions intégrales. Bien plus, dès que je propose, à l’occasion des fêtes de Noël et de la nouvelle année, la sainte communion, elle est agréée avec bonheur et reçue avec piété. »

Sur les « païens table rase » :

« Il m’arrive aussi de rencontrer à côté d’un brave cultivateur de la Lozère, heureux de communier pour la Noël, un ouvrier parisien au langage élégant et facile, qui me déclare : « Monsieur l’aumônier, je respecte la religion, je vais à l’église pour les enterrements et les mariages, mais je ne suis même pas baptisé. » »

Les derniers jours à l’hôpital de Poperinghe :

Préambule d’Archambault (p. 215) :

« Jusqu’à la fin le vaillant aumônier conserva l’espoir de reprendre son service auprès des soldats. De fait, les médecins le trouvèrent assez bien, quelques jours après son opération, pour lui permettre de se rendre dans le Midi de la France où il devait compléter sa convalescence ; c’est durant ce voyage qu’il fut atteint d’une rechute. Dirigé aussitôt sur Rouen, il y mourut pieusement. »

Lettre du Père Aucler depuis l’hôpital, scène de bonne humeur dans la salle (p. 219-220) :

« C’est un spectacle bien intéressant que celui des blessés parmi lesquels je vis. Quelle variété ! Variété d’autant plus grande que, dès que l’un d’eux est transportable, on l’évacue pour le remplacer par un autre. J’avais ces jours-ci pour voisin de lit un tout jeune ouvrier parisien qui avait eu la jambe déchirée par plusieurs éclats d’obus. Il me parlait en termes touchants de sa mère, de sa paroisse, du vicaire qui dirigeait son patronage ; je l’entendais faire sa prière le soir avant de s’endormir. (…) En face de moi, un Belge, le commandant de gendarmerie d’Ypres, blessé en novembre aux deux jambes, et qui, depuis huit semaines, subit opérations sur opérations avec une résignation silencieuse. Chaque soir sa femme vient le voir et je crois les entendre réciter ensemble leur prière en flamand. »

Le défilé militaire vu depuis le lit (p. 221) :

« L’autre jour, pour la première fois depuis la guerre, j’entends une musique militaire ; c’est la marche de Sambre-et-Meuse. Grand défilé de régiments. Le général apparaît à cheval, entouré de son état-major ; il les passe en revue, puis sa voix retentit. C’était une longue promotion de nouveaux officiers et chevaliers de la Légion d’honneur. (…) Cette brillante parade est venue jeter le premier rayon de lumière qui ait éclairé pour nous la sombre et interminable guerre de tranchées. Et je l’apercevais d’un lit d’hôpital. »

Le sacrifice du ministère interrompu (p. 222) :

« C’est un grand sacrifice de me trouver interrompu pour plusieurs semaines, pour plus longtemps peut-être, dans ces fonctions d’aumônier militaire qui prenaient pour moi un intérêt de plus en plus passionnant. (…) Que la volonté de Dieu soit faite ! La promptitude de mon rétablissement, qui fait l’admiration de nos médecins, me donne l’espoir que je ne tarderai pas trop, après mon évacuation sur un dépôt de convalescents, à reprendre mon service. »

Chute d’Archambault (p. 222) — agit comme épitaphe :

« Espoir dont se bercent toutes les natures généreuses, même lorsqu’elles sont mortellement atteintes. Le service du Père Aucler était fini ici-bas. Dieu voulait près de Lui ce fidèle serviteur. Les soldats français ne doivent pas avoir au ciel d’ami plus fidèle, de prtecteur plus bienveillant.»

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Le Père Aucler ne séparait pas restauration religieuse et restauration nationale. À la séance solennelle de clôture de la Conférence Olivaint en 1914, prenant la parole après la conférence de l’historien Louis Madelin sur le thème Générations qui restaurent, il déclarait :

« Nos jeunes gens ont trop bien vu jusqu’où l’on abaisse notre France autrefois si grande, quand on mine dans l’âme de ses enfants cette foi catholique qui était la plus précieuse de nos traditions nationales. Voilà pourquoi — dociles à la voix de Pie X qui a fait de la restauration chrétienne la devise de son pontificat : Instaurare omnia in Christo — ils chercheront dans leur foi au Christ les éléments de la restauration française à laquelle vous les conviez. »

Ce patriotisme religieux articulé éclaire l’enthousiasme avec lequel il accueillit la mobilisation quelques mois plus tard, puis son engagement volontaire malgré l’âge et la santé précaire qui l’en exemptaient.

Voir source : Anne Philibert, La Conférence Olivaint, 1875-1940, p. 120-121

Voir aussi

Articles connexes

Sources

Livre d'or du Clergé et des Congrégations, tome 1consulter sur Gallica

Son acte de naissance, acte 398, page 56,  aux archives départementales des Hauts de Seine

Fiche Mémoires des hommes

la source des textes reproduits dans « Informations complémentaires » est placée en tête des extraits de textes.

Anne Philibert, La Conférence Olivaint, 1875-1940, p. 120-121 (consultable sur academia.edu), citant Alexandre Brou, S.J., La Conférence Olivaint, et la Séance solennelle de clôture, 1910-1911, Blois, Grande imprimerie de Blois, 1911.

Pour explorer les autres notices du Livre d'or du Clergé et des Congrégations 1914-1918, consultez la base complète des 10 296 ecclésiastiques mobilisés.

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