
Date de naissance : 11 février 1878
Commune de naissance : Lyon
Département de naissance : Rhône
Nationalité : Française
Situation religieuse
Qualité religieuse : Prêtre professeur
Commune d'exercice : San Francisco
Congrégation / Ordre : Sulpiciens
Département d'exercice : Californie
Pays d'exercice : États-Unis
Établissement de rattachement : Séminaire Saint-Patrick de Menlo Park (Séminaire archidiocésain de San Francisco)
Famille
Père : Fleury
Mère : Jeanne Marie Marguerite Françoise ROBERT
Autre parenté :
Frère d’un capitaine du 317e R.I.
Service pendant la Grande Guerre
Mobilisé le : 1er août 1914
Fonction militaire principale : Brancardier
Unité finale : 317e RI
Parcours militaire :
– Brancardier aux Trains sanitaires (mobilisé, 1er août 1914)
– Passage au 317e R.I. sur sa demande (1er juin 1916) — pour servir dans le régiment de son frère capitaine
– Il est à la 13e compagnie
Théâtre des opérations :
– 22 juin 1916 : Main de Massiges
– 4-16 juillet 1916 : Verdun (secteur très laborieux, douze jours)
– 17 juillet 1916 : action sous le feu pour ramener des blessés entre les lignes (citation à l’ordre du Corps d’Armée du général Mangin)
– 31 juillet 1916 : Thiaumont (Verdun), tué dans l’explosion du poste de secours-abri
Statut final
Type de fin : Disparu
Date : 31 juillet 1916
Lieu : Fleury devant Douaumont — bataille de Verdun
Détails / circonstances : Dans l'explosion d'un dépôt de munitions. Déclaré décédé par jugement du 19 mai 1921
Citations à l'ordre
Citation n°1
Niveau : À l'ordre du corps d'armée
Numéro et date : Corps d'Armée, n°155, 17 août 1916
Texte :
Le 17 juillet 1916, s'est spontanément offert pour aller en plein jour, en terrain découvert, et sous le feu ennemi, secourir des blessés restés entre les deux lignes ; est parvenu à les rapporter au poste de secours. Toujours volontaire pour les missions les plus périlleuses. Modèle de dévouement et de courage. Est venu au front sur sa demande.
Décorations
Médaille militaire
Date d'obtention : posthume, 5 juillet 1929 (JO du 17 septembre 1929)
Circonstances :
Même texte que la citation plus : « Blessé grièvement, est mort de ses blessures le 31 juillet 1916. A été cité. »
Informations complémentaires
Nizier-Marie BIOLETTI est sulpicien — membre de la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice, congrégation dédiée à la formation du clergé séculier dans les grands séminaires. Né à Lyon en 1878, il poursuit ses études à Rome (1902-1903, via delle Quattro Fontane) puis entre à la Solitude sulpicienne d’Issy-les-Moulineaux en 1904, formation intérieure que reçoivent tous les jeunes Sulpiciens avant leur affectation.
En septembre 1905, il est envoyé aux États-Unis. Il y passera neuf années dans trois maisons sulpiciennes nord-américaines : d’abord à Washington, comme scolastique au St. Thomas Aquinas College de Brookland, maison d’études attenante à la Catholic University of America (1905-1912) ; puis à St. Charles’ College de Catonsville (Maryland), petit séminaire sulpicien le plus ancien des États-Unis, où il devient préfet de la division junior ; et enfin au Séminaire Saint-Patrick de Menlo Park (Californie), séminaire archidiocésain de San Francisco confié aux Sulpiciens, où il enseigne comme professeur jusqu’à la mobilisation. C’est de Californie qu’il rentre pour la France en août 1914, à 36 ans.
Affecté comme brancardier aux Trains sanitaires, il y sert quinze mois sans interruption. Mais à la fin de l’année 1915, il écrit directement au général Joffre, commandant en chef des armées françaises, pour demander à être envoyé en première ligne. Sa requête est acceptée. Le 1er juin 1916, il passe au 317e R.I., régiment dans lequel son propre frère est capitaine. Choix doublement exceptionnel : un religieux quitte volontairement une fonction d’arrière protégée pour rejoindre une unité combattante, et il le fait pour servir sous les ordres de son frère officier.
Six semaines après son arrivée au régiment, le 17 juillet 1916, il se porte volontaire en plein jour, en terrain découvert, pour ramener des blessés restés entre les lignes — la citation au Corps d’Armée salue le geste comme « modèle de dévouement et de courage ». Quatorze jours plus tard, le 31 juillet 1916, il est tué devant Thiaumont, dans l’enfer de Verdun, carbonisé dans l’explosion d’un dépôt de munitions. Sa Médaille militaire posthume ne sera publiée qu’en 1929, treize ans après sa mort.
La nouvelle de sa mort traverse l’Atlantique. The Catholic Bulletin de l’archidiocèse de Saint-Paul (Minnesota), hebdomadaire fondé en 1911 par Mgr Ireland, lui consacre une notice nécrologique dans son édition du 19 août 1916, sous le titre « Killed in Action » (voir sources). L’article rappelle ses années à Catonsville et résume sa trajectoire : « For fifteen months Father Bioletti had been engaged in hospital work in the rear, when he made an appeal to General Joffre himself to be put in the firing line. His request was granted. » Témoignage qui, à six mille kilomètres du champ de bataille, transmettait à ses anciens élèves américains l’écho de sa mort. Trois maisons sulpiciennes — Washington, Catonsville, Menlo Park — pleuraient l’un de leurs maîtres.
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La nécrologie publiée le 1er décembre 1916 par la Semaine religieuse du diocèse de Lyon, signée « M. L. », apporte plusieurs traits humains que les sources militaires laissent dans l’ombre. Né dans la paroisse Saint-Jean de Lyon, BIOLETTI fut envoyé dès l’âge de six ans à l’école cléricale de l’Annonciation, puis au Petit Séminaire de Saint-Jean où il obtint le prix d’honneur de rhétorique. Sa nature, d’abord froide, marquée d’une certaine dignité de tenue et d’une parole nerveuse qui pouvait passer pour raideur, dissimulait — selon ses condisciples du Grand Séminaire — « une modestie foncière, une exquise simplicité, un cœur d’or, profondément délicat, sensible et affectueux ». L’article cite la phrase qu’il adressa à son frère le capitaine lorsqu’il quitta les Trains sanitaires pour rejoindre le 317e R.I. : « Si je renonce à mon affectation régulière, c’est que je ne la trouve pas assez en rapport avec mon caractère sacerdotal. Je veux prêcher d’exemple. » Il choisit ainsi non pas le rôle de combattant, mais celui de brancardier régimentaire — fonction qui le maintenait dans le service des blessés conformément à son caractère sacerdotal, tout en l’exposant désormais à la première ligne.
Le capitaine Bioletti, son frère, témoin survivant et source des détails reconstitués par la Semaine religieuse, prononça sur lui ces mots : « Je sais qu’il avait offert sa vie pour la France et pour l’Église. Du haut du ciel il nous protégera. » L’article achève en inscrivant BIOLETTI dans le martyrologe lyonnais de la guerre, qui comptait à cette date — décembre 1916 — « trente-cinq prêtres et quarante-sept séminaristes » morts pour la patrie pour le seul diocèse de Lyon.
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Détail troublant : Nizier-Marie BIOLETTI était le fils de Fleury BIOLETTI et de Jeanne-Marie-Marguerite Robert. Selon la mention officielle de sa fiche matricule, il est mort à Fleury-devant-Douaumont, le 31 juillet 1916. Le fils de Fleury est mort à Fleury.
Sources
Livre d'or du Clergé et des Congrégations, tome 1 — consulter sur Gallica
Sa fiche matricule n° 403 de Lyon sud aux archives départementales du Rhône
Sa fiche Mémoires des Hommes
« Killed in Action — Rev. Nizier M. Bioletti, S.S. », The Catholic Bulletin, Saint Paul (Minnesota), 19 août 1916, page 1, colonne 7. Library of Congress, Chronicling America, LCCN sn90060976.
Pour explorer les autres notices du Livre d'or du Clergé et des Congrégations 1914-1918, consultez la base complète des 10 296 ecclésiastiques mobilisés.

