
Date de naissance : 6 avril 1880
Commune de naissance : Saint-Dié
Département de naissance : Vosges
Nationalité : Française
Situation religieuse
Qualité religieuse : Curé
Commune d'exercice : Raon-sur-Plaine
Congrégation / Ordre : Clergé séculier
Département d'exercice : Vosges
Service pendant la Grande Guerre
Mobilisé le : resté en territoire occupé
Parcours militaire :
- – Curé de Raon-sur-Plaine (Vosges) à la déclaration de guerre – Commune occupée par les troupes allemandes dès août 1914 – Obligé par les Allemands d’accepter les fonctions de maire.
- Rendu responsable de tous les événements fâcheux – Plusieurs fois arrêté, même en pleine église alors qu’il officiait – 23 août 1914 : arrêté une PREMIÈRE fois, après avoir assisté l’abbé Buecher et M. Pierre Bolle avant leur exécution. Gardé à vue jusqu’au lendemain. – Menacé d’internement, soumis à une surveillance étroite – Resté seul prêtre pour cinq paroisses, les autres curés ayant été fusillés – A organisé le ravitaillement, empêché la spéculation et l’accaparement de l’or – A protesté contre la mise à sac de deux villages, le vol des cloches, la violation de la liberté du culte et de la liberté de conscience – Dimanche 25 juin 1916 : arrêté une SECONDE fois, au milieu des Vêpres, et emprisonné durant trois quarts d’heure pour avoir refusé de dire à ses paroissiens de se rendre ce jour-là au travail.
Théâtre des opérations :
Territoire occupé — canton de Raon-l’Étape, vallée de la Plaine (Vosges)
Statut final
Type de fin : Autre
Lieu : Raon-sur-Plaine (Vosges)
Détails / circonstances : Quatre années de résistance pastorale et civique en territoire occupé, sous menace permanente d'internement
Citations à l'ordre
Citation n°1
Niveau : Autre niveau
Numéro et date : Ordre du Pays, JO du 23 novembre 1919
Texte :
A secondé d'une manière très efficace l'adjoint faisant fonctions de maire et a contribué à assurer le ravitaillement des habitants. A pris la défense des habitants et n'a pas hésité à intervenir auprès de l'autorité allemande pour faire cesser les abus et les injustices. A fait preuve d'un grand dévouement dans l'accomplissement de la tâche qu'il s'était donné à remplir.
Informations complémentaires
Curé de Raon-sur-Plaine, village vosgien de la haute vallée de la Plaine à la frontière des territoires annexés de 1871, Albert BIRCKEL traverse la Grande Guerre non comme combattant mais comme prêtre en territoire occupé. Sa commune, à quelques kilomètres seulement de la ligne de front qui se stabilise à l’automne 1914, demeure sous administration allemande pendant les quatre années du conflit.
L’autorité d’occupation, méfiante envers les notables locaux et soucieuse de tenir la population, oblige BIRCKEL à accepter les fonctions de maire. Il est dès lors « rendu responsable de tous les événements fâcheux » : arrêtes à répétition, parfois saisi en pleine église alors qu’il officie, menacé d’internement, soumis à une surveillance étroite. Dans ces conditions, et alors que les curés des paroisses voisines ont été fusillés — il reste seul prêtre pour cinq paroisses —, il organise le ravitaillement de la population, empêche la spéculation et l’accaparement de l’or par les occupants, proteste énergiquement contre la mise à sac de deux villages, le vol des cloches, la violation de la liberté du culte et de la liberté de conscience.
Sa croix n’est pas celle du front. Elle est celle du presbytère assiégé, des inhumations dispersées sur cinq clochers, et de la dignité tenue face à l’occupant. À la Libération, son action est reconnue par une citation à l’Ordre du Pays — distinction civile créée en 1919 pour honorer les Français des territoires occupés ayant tenu bon. BIRCKEL est l’un des rares ecclésiastiques du tome 1 à figurer au mémorial pour cette forme spécifique de service : non par les armes ni par l’aumônerie militaire, mais par la résistance pastorale et civique en territoire occupé.
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La Semaine religieuse de Saint-Dié, dans son numéro spécial du 26 décembre 1919 consacré au clergé du diocèse pendant l’occupation, apporte deux précisions essentielles sur les épreuves de BIRCKEL. Première arrestation : le 23 août 1914, après qu’il eut assisté spirituellement l’abbé Buecher et M. Pierre Bolle avant leur exécution par les troupes allemandes. Gardé à vue jusqu’au lendemain. Seconde arrestation : le dimanche 25 juin 1916, au milieu des Vêpres, pour avoir refusé de dire à ses paroissiens de se rendre ce jour-là au travail forcé. Emprisonné durant trois quarts d’heure. La phrase du Livre d’or — « arrêté en pleine église alors qu’il officiait » — trouve ici son ancrage précis : c’est aux Vêpres du dimanche 25 juin 1916 que les Allemands sont venus l’extraire du chœur pour le mener en cellule.
Voir aussi
Articles connexes
À Luvigny, paroisse voisine de Raon-sur-Plaine, exerçait Pierre BUECHER, curé depuis de longues années et originaire d’Alsace, dont l’attitude patriotique fut payée par une exécution sans procès le 23 août 1914 à Raon-sur-Plaine, sur ordre du général von Pabel. C’est Albert BIRCKEL qui l’assista spirituellement avant sa mort, fait pour lequel il fut lui-même arrêté ce même jour et gardé à vue jusqu’au lendemain. Voir la fiche de Pierre BUECHER →
Sources
Livre d'or du Clergé et des Congrégations, tome 1 — consulter sur Gallica
Pour explorer les autres notices du Livre d'or du Clergé et des Congrégations 1914-1918, consultez la base complète des 10 296 ecclésiastiques mobilisés.

