BUECHER Pierre

Portrait recherché — Couverture du Livre d'or du Clergé et des Congrégations 1914-1922 en attente d'identification photographique

Date de naissance : 6 janvier 1851

Commune de naissance : Wolfgantzen

Département de naissance : Haut-Rhin (Alsace)

Nationalité : Française

Situation religieuse

Qualité religieuse : Curé

Qualité (formulation Livre d'or) : Curé de Luvigny — fusillé sans raison ni procès par les Allemands

Ordination : 1869

Commune d'exercice : Luvigny

Diocèse : Saint-Dié

Congrégation / Ordre : Clergé séculier

Département d'exercice : Vosges

Service pendant la Grande Guerre

Mobilisé le : Non mobilisé — âgé de 63 ans en août 1914


Parcours militaire :

  • – 23 août 1914 au matin : des officiers allemands se présentent au presbytère de Luvigny et ordonnent au curé de se rendre à Raon-sur-Plaine, commune voisine. – 23 août 1914, plus tard : exécution sans procès à Raon-sur-Plaine, par ordre du général von Pabel. En sa compagnie est fusillé un conseiller municipal de Luvigny. – 23 août 1914 : avant l’exécution, BUECHER reçoit l’assistance spirituelle de son confrère Albert BIRCKEL, curé de Raon-sur-Plaine. Cette assistance est attestée par la Semaine religieuse de Saint-Dié (26 décembre 1919) à la rubrique consacrée à BIRCKEL.

Statut final

Type de fin : † Fusillé

Date : 23 août 1914

Lieu : Raon-sur-Plaine (Vosges)

Détails / circonstances : Pris à son presbytère de Luvigny au matin par des officiers allemands qui lui ordonnent de se rendre à Raon-sur-Plaine. Fusillé quelques heures plus tard.

Décorations

Légion d'honneur

Grade / Classe : Chevalier

Date d'obtention : posthume — 22 octobre 1921 ( JO du 24 octobre 1921)

Circonstances :

Quarante-cinq ans de sacerdoce, titres exceptionnels : le 23 août 1914 des officiers allemands se présentèrent chez lui et lui ordonnèrent de se rendre à Raon-sur-Plaine, quelques heures plus tard ils le fusillèrent sans raison, victime de son attitude patriotique.

Informations complémentaires

Pierre BUECHER fait partie de la première vague des prêtres exécutés en territoire envahi durant les semaines d’août-septembre 1914, lors de la marche allemande à travers la Lorraine et les Vosges. Né en 1851 à Wolfgantzen, commune du Haut-Rhin alsacien, il est un enfant d’Alsace que l’annexion de 1871 a placé devant un choix d’allégeance. Comme des milliers d’Alsaciens, il opte pour la France et part exercer son ministère dans le diocèse voisin de Saint-Dié, où il devient curé de Luvigny, village vosgien de la haute vallée de la Plaine, à quelques kilomètres seulement de la nouvelle frontière. Quarante-trois ans plus tard, en août 1914, les troupes allemandes franchissent à nouveau cette frontière — mais cette fois en sens inverse, vers l’ouest. Et c’est dans son propre presbytère qu’elles viennent chercher l’Alsacien devenu vosgien.

Le 23 août 1914, au vingt-troisième jour de guerre, des officiers se présentent à Luvigny et lui ordonnent de se rendre à Raon-sur-Plaine, commune voisine de quelques kilomètres. Quelques heures plus tard, il est fusillé sur ordre du général von Pabel, en compagnie d’un conseiller municipal de Luvigny. Aucun procès. Aucun motif officiel énoncé. La citation à la Légion d’honneur posthume parlera de « victime de son attitude patriotique ». Il a 63 ans, et compte 45 années de sacerdoce.

Avant l’exécution, Pierre BUECHER reçoit l’assistance spirituelle de son confrère Albert BIRCKEL, curé de Raon-sur-Plaine — fait attesté par la Semaine religieuse de Saint-Dié dans son numéro spécial du 26 décembre 1919 consacré au clergé du diocèse sous l’occupation. Albert BIRCKEL sera lui-même arrêté ce même jour, gardé à vue jusqu’au lendemain pour avoir accompagné Pierre Buecher.

Il survivra et restera quatre années sous occupation, seul prêtre pour cinq paroisses dont les curés ont été fusillés.

Sa fiche au tome 1 du Livre d’or porte une mention rare en franchise et en colère contenue : « fusillé sans raison ni procès par les Allemands» — la Bonne Presse, qui en règle générale rédige des notices laconiques, prend ici position frontalement. Sept ans après les faits, le 22 octobre 1921, la République lui décerne à titre posthume la croix de chevalier de la Légion d’honneur, distinction très rare pour un prêtre fusillé en territoire envahi, et qui place Pierre BUECHER au rang des martyrs civils de 1914.

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La Semaine religieuse de Saint-Dié, dans son numéro du 9 décembre 1921 où elle annonce la promotion à la Légion d’honneur posthume, ajoute un détail que le Livre d’or 1925 n’a pas retenu : avant l’exécution, BUECHER fut « enfermé avec une bande de soldats, ivres pour la plupart, qui le couvrirent d’injures presque jusqu’au dernier moment ». Le vieux prêtre de soixante-dix ans passa ainsi les dernières heures de sa vie sous les insultes d’une troupe avinée. La feuille diocésaine commente sobrement : « Les circonstances qui entourèrent leur lâche exécution furent particulièrement déshonorantes pour ceux qui les condamnèrent sans vouloir ni les entendre, ni les juger. »

Voir aussi

Articles connexes

Albert BIRCKEL (curé de Raon-sur-Plaine), qui assiste Pierre BUECHER avant son exécution le 23 août 1914 et qui sera lui-même arrêté ce même jour ; resté seul prêtre pour cinq paroisses sous l’occupation, dont Luvigny, la paroisse de Pierre BUECHER.
– Autres curés du diocèse de Saint-Dié otages ou prisonniers civils en août-septembre 1914 : AMARCA Albert-Nicolas (La Neuve-ville-les-Raon), BEDEL Jules (Xaffévillers), CHALUMEAUX Charles (Bertrimoutier, vicaire), FOUCAULT Mgr Gabriel (évêque de Saint-Dié, arrêté à Saint-Dié le 27 août 1914).

Sources

Livre d'or du Clergé et des Congrégations, tome 1consulter sur Gallica

Pour explorer les autres notices du Livre d'or du Clergé et des Congrégations 1914-1918, consultez la base complète des 10 296 ecclésiastiques mobilisés.

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