
Date de naissance : 9 mai 1888
Commune de naissance : Lacassaigne
Département de naissance : Aude
Nationalité : Française
Situation religieuse
Qualité religieuse : Vicaire
Commune d'exercice : Chalabre
Diocèse : Carcassonne
Congrégation / Ordre : Clergé séculier
Département d'exercice : Aude
Établissement de rattachement : Puis vicaire à la cathédrale Saint-Michel de Carcassonne
Famille
Père : Paul Louis Eugéne
Mère : Jeanne Marie ROUQUET
Service pendant la Grande Guerre
Mobilisé le : 2 août 1914
Fonction militaire principale : Combattant
Grade final : Capitaine
Unité finale : 158e RI
Parcours militaire :
- 2 octobre 1907 : engagé volontaire pour trois ans à la mairie de Carcassonne, pour le 1er Régiment de Zouaves.
- 5 octobre 1907 : arrivé au corps comme zouave de 2e classe.
- 3 mai 1908 : caporal.
- 1er octobre 1908 : sergent élève officier de réserve.
- 29 mars 1909 : promu sous-lieutenant de réserve par décret, pour prendre rang du 1er avril 1909 — affecté au 3e Régiment de Zouaves.
- 5 octobre 1909 : affecté au régiment d’infanterie de Carcassonne par décision ministérielle.
- 6 juin 1913 : promu lieutenant de réserve.
- 3 août 1914 : arrivé au corps — lieutenant au 343e Régiment d’Infanterie.
- Août 1914 : au front.
- 19 août 1914 : Mulhouse.
- 21-23 septembre 1914 : conduite vaillante dans les Vosges, région de Wissembach et Lisseux.
- Fin octobre – novembre 1914 : Vosges, Violu, Col Sainte-Marie.
- 1915 : Vosges, Col du Bonhomme, Sainte-Marie, Saales.
- 1916 : Alsace, Ban-de-Sapt, Reichackerkopf, Lingekopf.
- 22 juin 1916 : passé au 253e Régiment d’Infanterie.
- 10 juillet 1916 : chargé de soutenir une compagnie effectuant un coup de main, contribue à la réussite de l’opération.
- 26 juillet 1916 : promu capitaine.
- 27 août 1916 : cité à l’ordre du 353e Régiment d’Infanterie n° 170.
- 9 septembre 1917 : passé au 215e Régiment d’Infanterie.
- Juillet-décembre 1917 : Chemin des Dames, Cerny-en-Laonnois.
- 6-8 avril 1918 : commandant de compagnie en basse forêt de Coucy puis sur l’Ailette (Oise) — donne des ordres sous violent bombardement.
- 8 avril 1918 : grièvement blessé à la cuisse par éclat d’obus en basse forêt de Coucy.
- 8 août 1918 : passé au dépôt du 158e Régiment d’Infanterie.
- 25 novembre 1918 : cité à l’ordre de l’Armée (JO du 4 février 1919).
- 19 avril 1919 : mis en congé illimité de démobilisation (5e échelon n° 7251) par le dépôt démobilisateur du 80e R.I. — se retire à Chalabre (Aude).
- 16 juin 1920 : chevalier de la Légion d’honneur (JO du 4 septembre 1920).
Théâtre des opérations :
1914 — Alsace, Mulhouse (19 août) ; Vosges, Wissembach, Lisseux (21-23 sept.) ; Violu, Col Sainte-Marie (fin oct.-nov.).
1915 — Vosges, Col du Bonhomme, Sainte-Marie, Saales.
1916 — Alsace, Ban-de-Sapt, Reichackerkopf, Lingekopf.
1917 — Chemin des Dames, Cerny-en-Laonnois (juillet-décembre).
1918 — Oise, Basse Forêt de Coucy (6-8 avril) ; Ailette (8 avril).
J.M.O. (Journal des Marches et Opérations) :
Source : Journal des marches et opérations du 215e Régiment d’Infanterie — journées des 6, 7 et 8 avril 1918.
Le 215e Régiment d’Infanterie tient le secteur de la Basse Forêt de Coucy, autour de Barisis et Folembray, dans l’Aisne. Depuis fin mars, les bombardements s’intensifient sur les premières lignes. Le capitaine BONNAVES y commande une compagnie.
Le déroulement des trois journées :
- 6 avril, 3h30 : un bombardement d’une violence inouïe se déclenche sur tout le front du secteur, du Crotoir à la Fortelle. Son intensité est particulièrement importante à Barisis, point qui avait déjà subi la veille un bombardement extrêmement violent. Le bombardement se maintient toute la matinée.
- 6 avril, 6h45 : le crépitement des mitrailleuses indique que l’attaque ennemie est déclenchée dans la partie boisée du sous-secteur, entre la Fortelle et la ligne du chemin de fer.
- 6 avril, 8h30 : le chef de bataillon constate que l’ennemi a déjà pénétré dans le centre de résistance de gauche.
- 7 avril, 0h15 : ordre d’opérations n° 687/3 — repli en deux échelons sur la ligne Pont-Saint-Mard / Bois des Vaches / Champs / Marais Lissandre. La nuit est noire, il pleut.
- 7 avril : journée extrêmement brumeuse. L’observatoire du régiment, installé près de la ferme du Mont de Guny, reste entièrement masqué. Communications optiques inopérantes ; seule fonctionne une ligne de coureurs avec relais au Pont du Tempet.
- 8 avril, 12h30 : le commandant Latruffe remarque dans le brouillard des forces ennemies disposées en vagues d’assaut sur son front. Il demande aussitôt un tir de barrage par fusées éclairantes, optique, pigeons voyageurs.
- 8 avril, 14h20 : le commandant Latruffe constate que l’ennemi a percé entre ses éléments et ceux du 163e R.I., et qu’il progresse rapidement par les baies du bois, menaçant de couper la retraite au Pont-Saint-Mard et au pont du Tempet. Il prescrit à ses unités de franchir les ponts. Le mouvement se fait dans le plus grand ordre, par échelons retraitant tour à tour, protégé par deux sections de mitrailleuses installées sur une culée de l’ancien pont du Canal de Guny.
- 8 avril, fin de journée : le génie fait sauter les ponts du Tempet et de Pont-Saint-Mard après le passage du dernier homme. Le régiment est réuni aux Grottes du Mont de Guny.
Au cours de ces trois journées où il a dû subir, contre des forces d’une extraordinaire supériorité, un combat extrêmement dur, le régiment a perdu 17 officiers et 776 sous-officiers et soldats. Parmi les officiers blessés figure le capitaine BONNAVES, atteint à la cuisse par éclat d’obus en Basse Forêt de Coucy.
Statut final
Type de fin : Démobilisé
Date : 19 mai 1919
Détails / circonstances : Démobilisé après blessure à la cuisse gauche reçue sur l'Ailette le 8 avril 1918
Décorations
Légion d'honneur
Grade / Classe : Chevalier
Date d'obtention : Décret du 16 juin 1920, JO du 4 septembre 1920
Autre décoration
Détail :
Médaille commémorative du Maroc — agrafe "Casablanca"
Informations complémentaires
Avant la Grande Guerre, Charles BONNAVES avait servi au Maroc. Engagé volontaire pour trois ans le 2 octobre 1907 au 1er Régiment de Zouaves, il participa à la guerre du Maroc d’octobre 1907 à octobre 1909, et reçut à ce titre la Médaille commémorative du Maroc avec agrafe « Casablanca », attribuée par la loi du 26 juillet 1909. Promu caporal en mai 1908, sergent élève officier de réserve en octobre 1908, puis sous-lieutenant de réserve par décret du 29 mars 1909, il fut affecté successivement au 3e Régiment de Zouaves puis au régiment d’infanterie de Carcassonne. Promu lieutenant de réserve le 6 juin 1913, il était déjà officier breveté lorsque survint la mobilisation.
Ce parcours fait de Charles BONNAVES un profil singulier dans le corpus du Mémorial du Clergé : officier de réserve breveté avant guerre, formé au feu pendant la guerre du Maroc, il sert pendant les quatre années du conflit comme combattant pur, sans aucune fonction de service de santé ni d’aumônerie. Commandant de compagnie de septembre 1917 à avril 1918, il est blessé en commandement.
Après-guerre, sa blessure à la cuisse du 8 avril 1918 lui laissa une fracture ancienne du fémur, longue cicatrice axiale adhérente au plan profond, et une amblyopie légère de l’œil gauche. La Commission de Réforme de Béziers lui accorda une pension temporaire de 15% en octobre 1919, taux porté à 20% par aggravation par la Commission de Carcassonne en octobre 1921, et confirmé en pension permanente en novembre 1923. Maintenu dans les cadres de réserve, il fut promu chef de bataillon de réserve par décret du 23 décembre 1931, à compter du 25 décembre 1931.
Sources
Livre d'or du Clergé et des Congrégations, tome 1 — consulter sur Gallica
- Fiche matricule — Archives départementales de l’Aude, bureau de recrutement de Carcassonne, classe 1906 (engagé volontaire 1907), matricule n° 285.
Pour explorer les autres notices du Livre d'or du Clergé et des Congrégations 1914-1918, consultez la base complète des 10 296 ecclésiastiques mobilisés.

