CALAIS René Gaston Albert

Portrait de CALAIS René Gaston Albert, séminariste, prêtre soldat de la Première Guerre mondiale

Date de naissance : 2 septembre 1889

Commune de naissance : Guines

Département de naissance : Pas-de-Calais

Nationalité : Française

Situation religieuse

Qualité religieuse : Séminariste

Diocèse : Arras

Congrégation / Ordre : Clergé séculier

Département d'exercice : Pas-de-Calais

Famille

Père : Eugène Auguste Alfred

Mère : Berthe Justine MAILLARD

Service pendant la Grande Guerre

Mobilisé le : 2 août 1914

Fonction militaire principale : Combattant

Grade final : Sous-lieutenant

Unité finale : 3e BCP


Parcours militaire :

  • 2 août 1914 : mobilisé, sergent au 43e RI.
  • 21 janvier 1915 : évacué pour maladie.
  • 30 mai 1915 : passé au 3e BCP ; retour au front le 3 juin 1915.
  • 24 août 1917 : blessé devant Jouy par éclat d’obus (plaie de l’avant-bras et du bras droit).
  • 8 octobre 1917 : retour au front.
  • 10 mai 1918 : promu sous-lieutenant de réserve à titre temporaire (JO du 16 mai 1918).
  • 3 juin 1918 : fait prisonnier à Pernant (Aisne), puis interné à Rastadt, Burg et Parchim.
  • 4 janvier 1919 : rapatrié de captivité.

Théâtre des opérations :

1914 — Charleroi, Guise (août), la Marne (septembre), Berry-au-Bac (octobre), ferme de Beauséjour (décembre).

1915 — Notre-Dame de Lorette.

1916 — Verdun (avril), la Somme (septembre).

1917 — l’Aisne (mai-juillet).

1918 — les Vosges (janvier-avril), Soissons (mai), Pernant (3 juin).


J.M.O. (Journal des Marches et Opérations) :

Journal des marches et opérations du 3e bataillon de chasseurs à pied (Mémoire des Hommes), journée du 3 juin 1918, défense du plateau de Pernant (Aisne).

René Calais sert au 3e BCP depuis 1915. En juin 1918, lors de l’offensive allemande sur l’Aisne, le bataillon appartient à la 170e division d’infanterie, chargée de tenir la rive de l’Aisne et de ralentir à tout prix l’avance ennemie. Le 3 juin, il défend le plateau et le château de Pernant : c’est la journée où le bataillon est presque entièrement détruit, et où Calais tombe aux mains de l’ennemi.

  • Matin : la division marocaine relevée, le 3e BCP est en liaison à droite avec le 123e RI ; le recul du voisin de droite provoque le débordement de ce dernier, qui doit reculer à son tour.
  • Le groupement de chasseurs (compagnies Glotz, Hanger et Belcaix) reçoit l’ordre de contre-attaquer vers la Croix Sainte-Gréande pour enrayer l’encerclement ; les compagnies sont entraînées dans la bataille, face à l’est.
  • L’ennemi enveloppe les unités sur le plateau de Pernant : la 3e compagnie se dégage à grand-peine, la 2e se rétablit en partie sur les pentes ouest du ravin, la 5e, sur le plateau à l’est, « ne peut plus donner signe de vie ».
  • Vers 10h30 : ordre de tenir si possible jusqu’à la nuit, en ne se repliant que par échelons.
  • Vers 14 heures : la division prescrit de rassembler les chasseurs vers Fosse-en-Haut ; la traversée du plateau découvert, battu de trois côtés et violemment bombardé, coûte de lourdes pertes.
  • À la nuit tombante : le commandant Nicolas ne peut regrouper qu’une poignée de chasseurs épuisés.

Au soir du 3 juin 1918, le bataillon avait perdu près de sept cents hommes, tués, blessés ou prisonniers, dans l’encerclement du plateau de Pernant. C’est là que René Calais est capturé, avant d’être interné en Allemagne. Le journal rend compte des compagnies et de leurs chefs, mais ne le nomme pas individuellement : le rattachement repose sur l’unité, la date et le lieu.

Statut final

Type de fin : Démobilisé

Date : 1er août 1919

Citations à l'ordre

Citation n°1

Niveau : À l'ordre du régiment (brigade)

Numéro et date : 85e Brigade n° 62, 12 août 1917

Texte :

Pendant les attaques des 4, 5 et 6 septembre 1916, s'est multiplié avec un inlassable dévouement, dans des circonstances particulièrement pénibles et périlleuses, en donnant à tous un bel exemple d'énergie morale.

Citation n°2

Niveau : À l'ordre du régiment (brigade)

Numéro et date : 170e RI n° 48, 30 juin 1918

Texte :

Jeune officier d'une bravoure et d'un sang-froid exceptionnels. A brillamment résisté à de nombreuses contre-attaques ennemies dirigées sur son peloton, le 30 mai 1918. S'est distingué le 3 juin par l'énergie avec laquelle il a tenu tête, avec sa section, à un ennemi très supérieur en nombre.

Décorations

Croix de guerre

Étoiles et palmes :

  • Étoile d'argent (citation à l'ordre de la division)
  • Étoile de bronze (citation à l'ordre de la brigade ou du régiment)

Circonstances :

attribution portée à la fiche matricule

Informations complémentaires

Avant la guerre, René Calais avait accompli son service militaire au 43e régiment d’infanterie, à Lille, où il avait été incorporé le 4 octobre 1909. Nommé caporal en juillet 1912 puis sergent en septembre de la même année, il était passé dans la disponibilité de l’armée active à l’automne 1912. C’est avec ce grade de sergent qu’il a été rappelé à l’activité lors de la mobilisation générale.

Voir aussi

Articles connexes

Destins croisés

Ce 3 juin 1918, devant Pernant, René Calais n’a pas été pris seul. Un autre membre du clergé du diocèse d’Arras, le séminariste Louis Campagne, aspirant au même 3e bataillon de chasseurs à pied, est tombé aux mains de l’ennemi le même jour. La guerre avait réuni ces deux vocations dans le même bataillon ; la captivité les a ensuite envoyés vers des camps différents, mais l’un comme l’autre en sont revenus.

Sources

Livre d'or du Clergé et des Congrégations, tome 1consulter sur Gallica

Fiche matricule — Archives départementales du Pas-de-Calais, bureau de Saint-Omer, registre 1r 9281, classe 1909, matricule n° 324.

Pour explorer les autres notices du Livre d'or du Clergé et des Congrégations 1914-1918, consultez la base complète des 10 296 ecclésiastiques mobilisés.

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