CORDIER Alphonse Marie Édouard Hubert

Portrait de CORDIER Alphonse Marie Édouard Hubert, séminariste, prêtre soldat de la Première Guerre mondiale

Date de naissance : 25 février 1890

Commune de naissance : Provins

Département de naissance : Seine-et-Marne

Nationalité : Française

Situation religieuse

Qualité religieuse : Séminariste

Diocèse : Sens

Congrégation / Ordre : Clergé séculier

Département d'exercice : Yonne

Famille

Père : Albert

Mère : Irénée Léonie MULET

Service pendant la Grande Guerre

Mobilisé le : 2 août 1914

Fonction militaire principale : Combattant

Grade final : Lieutenant

Unité finale : 227e RI


Parcours militaire :

  • 2 août 1914 : mobilisé comme combattant au 49e régiment d’infanterie (49e RI) ; au front dès le mois d’août.
  • 11 septembre 1914 : nommé caporal, puis sergent le 7 juin 1915.
  • 4 mars 1916 : nommé sous-lieutenant et affecté au 34e régiment d’infanterie (34e RI).
  • 5 mai 1917 : au Plateau de Californie (Chemin des Dames), à la tête d’une poignée d’hommes, il fait une centaine de prisonniers ; blessé, il refuse de se laisser évacuer.
  • 3 juin 1917 : de nouveau blessé au cours d’une reconnaissance devant Craonne, il refuse de se faire évacuer et achève sa mission.
  • 13 octobre 1917 : passé au 227e régiment d’infanterie (227e RI), promu lieutenant.
  • 1918 : envoyé sur le front d’Orient (Albanie, Macédoine, Serbie), puis détaché à l’état-major de la 76e division d’infanterie.
  • 1er avril 1919 : rattaché à l’armée de Hongrie.

Théâtre des opérations :

1914 — Charleroi (22 août), Guise (30 août), Marne (5 septembre), Aisne, Craonne (10-12 septembre).

1915 — Craonne (25 janvier).

1916 — Argonne, Bois de la Gruerie (juin), Champagne, Mont Muret (juillet), Somme, Berny-en-Santerre (décembre).

1917 — Aisne (25 avril), Craonne (5 mai), Plateau de Californie.

1918 — Orient, Albanie, cote 2150 (mai), est de Monastir (25 septembre), Serbie, Bulgarie, Hongrie.

Statut final

Type de fin : Démobilisé

Date : 3 novembre 1919

Citations à l'ordre

Citation n°1

Niveau : À l'ordre du régiment (brigade)

Numéro et date : 34e régiment d'infanterie n° 477, 24 juin 1917

Texte :

Officier de la plus grande valeur, remarquable par sa bravoure, son énergie, sa ténacité ; blessé le 3 juin au cours d'une reconnaissance dans un secteur violemment bombardé, a refusé de se faire évacuer, a achevé de remplir sa mission et a continué à assurer son service, donnant une fois de plus un bel exemple de sang-froid et d'endurance. Déjà cité à l'ordre de l'armée et fait chevalier de la Légion d'honneur pour sa belle conduite aux combats de mai 1917.

Décorations

Légion d'honneur

Grade / Classe : Chevalier

Date d'obtention : décret rang du 24 mai 1917, JO du 7 juillet 1917

Circonstances :

Officier d'une bravoure remarquable, dont la brillante conduite au combat du 5 mai 1917 a fait l'admiration de tous. Avec une poignée d'hommes dont il avait pris le commandement, a fait une centaine de prisonniers, dont un chef de bataillon et quatre officiers. Blessé au cours de l'action, a refusé de se laisser évacuer.

Croix de guerre

Décoration(s) étrangère(s)

Détail :

- Médaille de la Bravoure serbe (Or) — 24 février 1919.
- Croix de guerre belge — juillet 1920.

Informations complémentaires

Élève ecclésiastique, il s’était engagé volontairement pour trois ans dès avril 1913, avant la guerre.

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La Légion d’honneur demandée par ses soldats

Fait peut-être unique dans l’armée, c’est sur la demande, signée de tous les soldats de sa compagnie très éprouvée, que la croix de la Légion d’honneur fut conférée au sous-lieutenant Cordier. En voici la teneur :

Les hommes de la section… à leur colonel…

Le sous-lieutenant Cordier a fait preuve des qualités dignes d’un chef. Durant l’attaque, il s’est porté au-devant de nous tous, donnant l’exemple de la plus grande bravoure. On a fait, grâce à lui, 100 prisonniers, dont un commandant et quatre officiers.

À la contre-attaque, malgré la violence de l’artillerie, il nous fit résister sur place, lui toujours sur la brèche.

Après les ordres de repli, voyant le point menacé, il s’est relancé à l’assaut, avec les débris de sa section, à la baïonnette, sans munitions, refoulant l’ennemi. Nous, les poilus de cette section, sommes heureux de lui témoigner notre admiration et serions heureux de voir ses mérites récompensés.

Le sous-lieutenant Cordier restait seul, avec un autre, de tous les officiers engagés en cet assaut, et tous ses soldats ont voulu suppléer ces chefs morts pour attester l’héroïsme du survivant.

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Deux lettres à son archevêque (juillet 1917)

Séminariste du diocèse de Sens, il adressa à son archevêque deux lettres, publiées en 1917 par la revue Dieu et Patrie : l’héroïsme du clergé français devant l’ennemi, où il rendait compte des honneurs reçus :

Aux Armées, le 4 juillet 1917.

Monseigneur,

Rentré hier de permission à mon beau et brave régiment, j’ai eu l’agréable surprise de trouver une nouvelle et deuxième citation dont je suis heureux, Monseigneur, de vous faire part :

« Ordre du Régiment n° 477 : sous-lieutenant Cordier (Alphonse). Officier de la plus grande valeur, remarquable par sa bravoure, son énergie, sa ténacité ; blessé le 3 juin au cours d’une reconnaissance dans un secteur violemment bombardé, a refusé de se faire évacuer, a achevé de remplir sa mission et a continué à assurer son service, donnant une fois de plus l’exemple de sang-froid et d’endurance. Déjà cité à l’Ordre de l’Armée et fait chevalier de la Légion d’honneur pour sa belle conduite aux combats de mai 1917. » — Ordre du 26 juin 1917.

Je remercie le bon Dieu qui me comble ainsi de ses faveurs. Je ne saurai donc trop dans l’avenir, en retour de ses bienfaits, me consacrer au service des âmes qui me seront confiées. Que pour le présent, comme je le demande chaque jour au bon Dieu, je reste bien fidèle et bien courageux dans l’accomplissement de la mission que la Providence et la France m’ont confiée.

Aux Armées, 7 juillet 1917.

Monseigneur,

C’est encore votre Séminariste qui est heureux de vous faire part aujourd’hui du nouvel honneur qui lui est fait. Je suis désigné et je pars demain pour Paris, pour porter le drapeau du 34e à la revue du 14 juillet. Je suis fier, Monseigneur, de cet honneur, pour Sa Grandeur, pour le Diocèse et pour les braves qui m’accompagnent.

Croyez, Monseigneur, combien je reste votre humble et très filial séminariste.

Alphonse CORDIER,
Sous-lieutenant, …e d’infanterie, 7e compagnie.

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Ordonné prêtre après la guerre, il devint curé-doyen et chanoine honoraire ; il est mort à Toucy, dans l’Yonne, le 30 août 1956.

Sources

Livre d'or du Clergé et des Congrégations, tome 1consulter sur Gallica

Fiche matricule — registre matricule du recrutement, Archives départementales de Seine-et-Marne, cote 1R1366, matricule n° 834.

Dossier de Légion d’honneur — base Léonore, Archives nationales, cote 19800035/155/19763 (comprend l’extrait d’acte de naissance de Provins).

Deux lettres d’Alphonse Cordier — revue Dieu et Patrie : l’héroïsme du clergé français devant l’ennemi, Gallica / BnF.

Pour explorer les autres notices du Livre d'or du Clergé et des Congrégations 1914-1918, consultez la base complète des 10 296 ecclésiastiques mobilisés.

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