ANDRIEUX Louis

Portrait de Louis Andrieux, vicaire à la cathédrale de reims du diocèse de Reims, aumônier militaire, Livre d'or du Clergé 1914-1918

Date de naissance : 26 août 1877

Commune de naissance : Paris

Département de naissance : Seine

Nationalité : Française

Situation religieuse

Qualité religieuse : Vicaire

Commune d'exercice : Reims

Diocèse : Reims

Congrégation / Ordre : Clergé séculier

Département d'exercice : Marne

Établissement de rattachement : Cathédrale

Famille

Père : Jean Louis

Mère : Caroline PACHON

Service pendant la Grande Guerre

Mobilisé le : 1er novembre 1914

Fonction militaire principale : Aumônier

Unité finale : Escadre navale


Parcours militaire :

  • Pris en otage à Reims (12 septembre 1914).
  • Condamné à « être pendu ».
  • Sauvé par le retour de l’armée française (13 septembre 1914).
  • Assiste à l’incendie de la Cathédrale (19 septembre 1914), et sauve sous le feu le trésor de la Cathédrale.
  • Aumônier 2e Régiment de Fusiliers marins (1er novembre 1914).
  • Aumônier 3e Escadre navale sur le Jean-Bart (1er novembre 1917).
  • Aumônier de la flotte sur le Gueydon.
  • Russie septentrionale à Archangelsk (1er septembre 1918 – 31 mars 1919).

Théâtre des opérations :

  • 1917 — Flandres (juillet-octobre), Drie-Grachten, Posoele, Merckem, Forêt d’Houthulst.
  • 1918 — Croisières en Méditerranée (janvier-septembre), Archangelsk.

Statut final

Type de fin : Démobilisé

Date : 5 mai 1919

Citations à l'ordre

Citation n°1

Niveau : À l'ordre du régiment (brigade)

Numéro et date : Brigade Fusiliers marins, n° 27, 5 décembre 1915

Texte :

Aumônier d'un zèle inlassable, s'acquitte de son ministère avec le plus grand dévouement, au front comme au cantonnement, et prend part à tous les dangers des marins, qu'il entoure de sa sollicitude.

Citation n°2

Niveau : À l'ordre de la division

Numéro et date : 38e D. I., n° 60, 30 janvier 1916

Texte :

Au front avec la Brigade de marins depuis novembre 1914. A plusieurs reprises, a fait preuve du plus grand courage et d'un dévouement absolu dans des conditions particulièrement dangereuses. A notamment rempli sous le feu à Steenstraete, le 17 décembre 1914, les fonctions d'infirmier. N'a jamais hésité à se porter spontanément en toute première ligne pour y exercer son ministère. Resté volontairement au Bataillon après la dissolution de la Brigade, a continué à faire preuve de qualités qui lui valent l'estime, la confiance et la sympathie de tous.

Citation n°3

Niveau : À l'ordre de l'armée

Numéro et date : Armée, n° 38, 20 août 1917 (J. O. du 2 décembre 1917)

Texte :

Sans cesse aux tranchées de première ligne, côte à côte avec ses hommes. Accourant spontanément aux points les plus bombardés pour y exercer son ministère auprès des blessés et des mourants. Les 4 et 9 août 1917, a accompagné des éléments envoyés en reconnaissance dans les lignes ennemies, les a suivis partout, malgré les plus violents tirs de barrage, jusque sous le feu des mitrailleuses ennemies, soutenant les hommes de la voix et de l'exemple dans une progression très pénible. Le 16 août 1917, a suivi les hommes sur les positions conquises, apportant à chacun son réconfort moral. Modèle de dévouement et d'esprit de sacrifice. A fait l'admiration de tous par son complet mépris du danger et son calme sous le feu.

Décorations

Légion d'honneur

Grade / Classe : Chevalier

Date d'obtention : 17 janvier 1917 (J. O. du 18 janvier 1917)

Circonstances :

Au front depuis novembre 1914, après avoir fait preuve à Reims, pendant l'occupation allemande, du plus beau courage au cours de différents combats, a sauvé de la mort plusieurs blessés graves en allant les chercher sous le feu de l'ennemi. En novembre 1916, dans un poste de secours violemment bombardé par du gros calibre, a été pour tous un modèle de courage et de sang-froid.

Puis dans le grade d'Officier le 30 avril 1921 (J.O. du 20 juillet 1921)

Informations complémentaires

Réformé en août 1914 pour une forte myopie, et donc dégagé de toute obligation militaire, il a obtenu de servir comme aumônier volontaire de la flotte.

L’abbé Louis Andrieux est l’un des principaux témoins oculaires de l’incendie de la cathédrale de Reims, le 19 septembre 1914. Vicaire de la cathédrale et germanophone, il assiste l’archiprêtre Maurice Landrieux dans les heures qui précèdent et accompagnent le sinistre.

Selon le témoignage qu’il publiera après-guerre, il recense 131 blessés allemands installés dans la nef avant le déclenchement de l’incendie. Lorsque le feu prend sous les combles, il fait partie, avec les abbés Landrieux et Thinot et quelques ouvriers, du petit groupe qui tente de mettre les prisonniers allemands à l’abri. Ces derniers, évacués sur le parvis, manquent d’être lynchés par la foule rémoise ; les trois prêtres s’interposent pour les protéger, et c’est Andrieux qui, parlant allemand, dirige les soldats vers une zone sûre du Palais du Tau.

Après la guerre, il aurait obtenu un canonicat à Monaco, où il fut fait protonotaire apostolique. Le dossier Léonore le désigne « Monseigneur » et porte une adresse à Monaco-Ville sur ses quittances de pension des années 1949 à 1960.

Il est mort le 31 mai 1966 à Reims.

Voir aussi

Articles connexes

Destins croisés

D’autres prêtres ont servi sous le pavillon de la Marine. Jean Boussarie, desservant périgourdin engagé volontaire, a passé cinq années sur les cuirassés de l’escadre de Méditerranée. Louis Joseph Bossennec a navigué de la Justice jusqu’à la mer Noire, où il a secouru les blessés sous le feu à Kherson. Jean Marie Philippe de Blic, religieux devenu enseigne de vaisseau, était officier des fusiliers-marins.

Sources

Livre d'or du Clergé et des Congrégations, tome 1consulter sur Gallica

Fiche matricule — registre matricule du recrutement, Archives départementales de la Marne, classe 1897, matricule n° 2040.

Dossier Léonore — base Léonore, Archives nationales, notice c-232719, cote 19800035/784/88705.

Maurice Landrieux, La Cathédrale de Reims ; un crime allemand, Paris, Librairie Renouard, 1919 (utilise largement le témoignage d’Andrieux).

Louis Andrieux, « Comment j’ai vu brûler la Cathédrale de Reims », Le Monde Illustré, 25 septembre 1920.

Louis Andrieux, « Comment j’ai vu brûler la Cathédrale de Reims », Grand Tourisme, n° 52, novembre 1923.

Louis Andrieux, « Les fondations de la Cathédrale », Bulletin du Diocèse de Reims.

Yann Harlaut, La cathédrale de Reims du 4 septembre 1914 au 10 juillet 1938. Idéologies, controverses et pragmatisme, thèse de doctorat, Université de Reims, 2006, 777 p.

Pour explorer les autres notices du Livre d'or du Clergé et des Congrégations 1914-1918, consultez la base complète des 10 296 ecclésiastiques mobilisés.

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