BACHERÉ Martin Daniel Désiré

Portrait de Daniel Bachère, vicaire du diocèse de Bordeaux, aumônier militaire, Livre d'or du Clergé 1914-1918

Date de naissance : 13 août 1881

Commune de naissance : Bordeaux

Département de naissance : Gironde

Nationalité : Française

Situation religieuse

Qualité religieuse : Vicaire

Commune d'exercice : Bordeaux

Diocèse : Bordeaux

Congrégation / Ordre : Clergé séculier

Département d'exercice : Gironde

Famille

Père : Dominique (comptable)

Mère : Anna Brunet-Prat

Service pendant la Grande Guerre

Mobilisé le : 18 août 1914

Fonction militaire principale : Aumônier

Unité finale : 8e Zouaves


Parcours militaire :

  • Mobilisé (S.A.) aumônier volontaire 1re Division du Maroc.
  • 18 août 1914 : reconnu aumônier titulaire de la 1re Division du Maroc (et non « volontaire » comme le suggérait le Livre d’or.
  • C’était un poste de titulaire 9 février 1915 : titularisation à l’aumônerie du Maroc
  • 9 août 1916 : passage au 8e Régiment de Marche de Zouaves
  • 9 décembre 1916 : confirmé au sein de la 1re Division du Maroc.

Théâtre des opérations :

  • 1917 — Mont-Sans-Nom, Moronvilliers, Verdun, Chattancourt.

Statut final

Type de fin : † Tué à l'ennemi

Date : nuit du 30 août 1917 à 22 heures

Lieu : Ravin de Cumières -

Détails / circonstances : Inhumé à Fromeréville.

Citations à l'ordre

Citation n°1

Niveau : À l'ordre de la division

Numéro et date : 1re Division du Maroc, avril 1917

Texte :

Au cours d'un coup de main exécuté dans la nuit du 15 avril 1917, et pendant les combats du 17 au 21 avril 1917, s'est dépensé sans compter nuit et jour. Modèle de devoir, d'abnégation, de dévouement et de mépris absolu du danger ; a toujours marché avec les éléments avancés du régiment, réconfortant les combattants par sa présence, prodiguant ses soins aux blessés, s'assurant personnellement de la sépulture de tous les zouaves glorieusement tombés.

Citation n°2

Niveau : À l'ordre de l'armée

Numéro et date : Armée, 10 septembre (J.O. 2 décembre 1917)

Texte :

Aumônier militaire d'un courage légendaire et d'un dévouement absolu. Au 8e régiment de zouaves depuis juin 1915, s'est prodigué pendant trois années de guerre, parcourant inlassablement les tranchées, réconfortant les mourants, participant avec les premières vagues à toutes les attaques menées par les zouaves, a contribué largement à maintenir leur moral élevé.

Décorations

Légion d'honneur

Grade / Classe : Chevalier

Date d'obtention : 20 juillet (J.O. du 14 août 1915, page 5875)

Circonstances :

Le 16 juin 1915, a accompagné les zouaves jusqu'à la ligne de feu la plus avancée, pour donner les soins et les secours de la religion aux blessés. Au moment où une violente contre-attaque se prononçait et faisait fléchir un groupe de zouaves privés de chef, s'est élancé en avant, son bonnet de police d'une main, son bâton de l'autre, en s'écriant : "Allons, les zouaves, ne ferons-nous pas aussi bien que les camarades, le 9 mai ? Il m'est défendu de verser le sang, mais j'ai mon bâton. En avant !" Par son attitude admirable et son exemple, a ainsi réussi à faire repousser la contre-attaque.
(Mention dans le Livre d'or : « Dans un concours des plus belles citations institué par les "camarades de combat" de Bordeaux, le 11 novembre 1921, cette citation a été mise "Hors concours". Cf. S.B. Bordeaux, 18 novembre 1921. »)

Croix de guerre

Étoiles et palmes :

  • Palme de bronze (citation à l'ordre de l'armée)

Informations complémentaires

« Reconnu comme aumônier militaire titulaire de la 1re Division du Maroc par ordre du 19 août 1914, et titulaire de l’aumônerie du Maroc fait par 9 février 1915. Le 9 août 1916 immédiatement avant l’amende des Régiments de la Marine, en date du 9 décembre 1916 est maintenu à la 1re Division du Maroc à laquelle il continue d’appartenir.

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Concours des « plus belles citations » — 11 novembre 1921
Source : L’Aquitaine, revue religieuse, archéologique, littéraire (Bordeaux), n° 46, 18 novembre 1921, p. 546-547. Article signé E. Duprat, intitulé « À l’honneur du Clergé bordelais ».
Les Camarades de Combat avaient eu l’heureuse idée de commémorer la date glorieuse et à jamais inoubliable du 11 novembre, en instituant un concours des plus belles citations. Dans l’après-midi, la foule envahit l’Athénée. Toutes les autorités sont là, ayant à leur tête le maréchal Franchet d’Espérey.
Après un très vibrant discours du vice-président des Camarades de Combat de Bordeaux, c’est au général Modelon qu’est échue la douce mission de proclamer le résultat de ce magnifique concours qui groupe les citations les plus remarquables. Le général est titulaire lui-même de treize citations, le général Pétain ayant refusé de lui accorder la quatorzième en disant : « Modelon…, une quatorzième citation, pourquoi ? Que peut-on ajouter à sa gloire ? »
Avant de commencer, le général s’excuse : « Parmi tant de vertus et de si beaux héroïsmes, le choix a été très difficile. » Puis il donne tout d’abord lecture des douze plus belles citations. Un honneur très grand était réservé au clergé bordelais. La première citation était celle de l’abbé Daniel Bacheré, vicaire à Saint-Nicolas, aumônier au 8ᵉ zouaves, mort glorieusement pour la France :

« Le 16 juin 1915, a accompagné les zouaves jusqu’à la ligne de feu la plus avancée pour donner les soins et les secours de la religion aux blessés. Au moment où une violente contre-attaque se prononçait et faisait fléchir un groupe de zouaves privés de chef, s’est élancé en avant, son bonnet de police d’une main, son bâton de l’autre, en criant : « Allons, les zouaves, ne ferons-nous pas aussi bien que les camarades du 9 mai ? Il m’est défendu de verser le sang, mais j’ai mon bâton. En avant ! » Par son attitude admirable et son exemple, a ainsi réussi à faire repousser la contre-attaque. »

La citation de notre héroïque et regretté confrère est suivie de cette phrase qui nous la rend encore plus précieuse : « Cette magnifique citation a été mise hors concours. »
Comme nous l’avons souvent répété au cours de la guerre en reproduisant les citations très élogieuses méritées par les prêtres-soldats du diocèse : « Voilà une belle réponse aux stupides attaques d’un haineux anticléricalisme qui devrait avoir vécu ! »
E. DUPRAT.

Voir aussi

Articles connexes

Éloge funèbre de l’abbé Bacheré

Extrait de L’Aquitaine, revue religieuse, archéologique, littéraire (Bordeaux), n° 37, 14 septembre 1917, p. 301-302. Disponible sur Gallica

Jeudi 13 septembre, à neuf heures, un service funèbre a été célébré dans l’église Saint-Nicolas pour le repos de l’âme de M. l’abbé Bacheré, ancien vicaire de la paroisse, qui vient de tomber glorieusement sur le champ de bataille, en première ligne, au milieu de ses chers zouaves, qu’il n’avait jamais quittés.

La paroisse avait largement répondu à l’appel du pasteur, et une foule émue, dans laquelle se trouvaient des prêtres, des officiers et des soldats, entourait un homme, qui reste seul après avoir perdu tous les siens, écrasé de douleur, mais chrétiennement résigné, comme il convient au père d’un tel fils.

Après la messe de Requiem, M. le chanoine Cartau, curé de Saint-Nicolas, a voulu rendre à son ancien vicaire un témoignage de haute estime et de paternelle affection. « Ce témoignage sera très simple », a-t-il dit. Nous doutons fort que M. l’abbé Bacheré en reçoive de plus mérité et de plus élogieux. L’auditoire a écouté avec un profond recueillement le vénérable curé parlant de son jeune vicaire, et disant, dans un langage très sacerdotal, ce que fut pour lui cet admirable collaborateur.

Esprit très cultivé, cœur très généreux, l’abbé Bacheré s’occupa particulièrement des œuvres d’hommes, qui convenaient mieux à la trempe de son intelligence, quoique toujours prêt à accepter ce qu’une autorité respectée demandait à son dévouement. Les jeunes gens avaient toute sa sympathie ; aussi fit-il merveille au Patronage, où se forme chrétiennement la classe ouvrière, et au Cercle d’études, où il préparait une élite en vue de l’avenir social et religieux de notre cher pays.

Ami des jeunes gens, l’abbé Bacheré était tout naturellement fait pour devenir aumônier militaire. Aussi, malgré de frêles apparences, il voulut servir dès le commencement de la guerre. On a pu écrire de lui : « Il a dépensé pour aller au front plus d’efforts que bien d’autres n’en font pour rester dans leurs foyers. » Une fois au front, il y demeura jusqu’à la mort, toujours au milieu de ses zouaves qui l’adoraient, toujours volontaire à la tête des volontaires pour les missions les plus périlleuses.

Lors de sa dernière permission, on eut le courage de lui dire : « Mais, Monsieur l’abbé, pourquoi vous exposez-vous ainsi toujours ? Rien ne vous y oblige. » L’héroïque abbé, se redressant fièrement, fit cette belle réponse : « Rien ne m’y oblige ! Mais ce n’est pas à l’arrière que mes zouaves ont besoin de moi ; c’est surtout au moment de l’assaut, parce que c’est l’heure de la mort pour plusieurs ; ma place est d’être à leur tête quand ils attaquent. »

La place du prêtre aumônier est en effet dans la tranchée, en plein champ de bataille, parce que c’est là que le soldat combat, agonise et meurt, et c’est à cette heure terrible que le ministère du prêtre est fécond.

Pour reconnaître un si bel héroïsme, les hommes ont comblé d’honneur ce jeune prêtre, en lui décernant les plus belles récompenses : magnifiques citations plusieurs fois répétées, croix de guerre, croix de la Légion d’honneur. Tout cela passe. Regardons plus haut. Cherchons ce qui demeure. Et dans nos ferventes prières demandons à Dieu, pour ce cher confrère, la récompense éternelle, la seule vraie, la seule digne d’une vie héroïquement dépensée pour la gloire de Dieu et pour le salut de la France.

E. D.

 


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Images complémentaires

Cantonnement du 8e régiment de marche de zouaves aux abris Saint-Roch près de Suippes (Marne), avec chevaux, tentes et soldats au repos. Bacheré était aumônier de ce régiment.

Cette photographie montre un cantonnement du 8e régiment de marche de zouaves aux abris Saint-Roch, près de Suippes, dans la Marne. C’est dans cette unité que l’abbé Daniel Bacheré, vicaire à Saint-Nicolas de Bordeaux, exerçait son ministère d’aumônier volontaire. Suippes est un haut lieu des combats de Champagne auxquels le régiment a participé en 1915 et en 1917. La vie de cantonnement — chevaux, tentes individuelles, soldats au repos entre deux relèves — donne à voir le quotidien des zouaves que l’aumônier accompagnait dans la tranchée et à l’arrière, jusqu’à sa mort en août 1917 sur le front de Verdun. Source : Images Défense

Soldats français construisant un nouveau boyau de communication sur les positions conquises dans la région du Mont-sans-Nom, dans la Marne, le 24 avril 1917, secteur où l'aumônier Daniel Bacheré accompagnait le 8e Zouaves.

Cette photographie, prise le 24 avril 1917 au Mont-sans-Nom (massif de Moronvilliers, Marne), montre des soldats français aménageant un boyau de communication sur les positions tout juste conquises lors de l’offensive d’avril 1917. Le Mont-sans-Nom et Moronvilliers figurent explicitement dans le Livre d’or parmi les actions auxquelles l’abbé Daniel Bacheré a été mêlé en 1917. C’est précisément pour cette période que sa citation à l’ordre de la 1re Division du Maroc évoque les combats du 15 au 21 avril 1917, durant lesquels il « s’est dépensé sans compter nuit et jour », « toujours marché avec les éléments avancés du régiment » et « assuré personnellement de la sépulture de tous les zouaves glorieusement tombés ». L’image illustre directement le secteur et la séquence dans laquelle s’inscrivent les actes qui lui valurent cette citation, quatre mois avant sa mort. Sources : Images Défense

Sources

Livre d'or du Clergé et des Congrégations, tome 1consulter sur Gallica

Fiche matricule — registre matricule du recrutement, Archives départementales de la Gironde, bureau de Bordeaux, classe 1901, matricule n° 2456.

Sa fiche Mort pour la France sur Mémoire des Hommes.

Des éléments complémentaires sont issus du dossier de Légion d’honneur de la base Léonore.

Pour explorer les autres notices du Livre d'or du Clergé et des Congrégations 1914-1918, consultez la base complète des 10 296 ecclésiastiques mobilisés.

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