
Date de naissance : 10 février 1887
Commune de naissance : Fanlac
Département de naissance : Dordogne
Nationalité : Française
Situation religieuse
Qualité religieuse : Vicaire
Ordination : 1914
Commune d'exercice : Lalinde
Diocèse : Périgueux
Congrégation / Ordre : Clergé séculier
Département d'exercice : Dordogne
Famille
Père : Léonard
Mère : Justine ALBUCHER
Service pendant la Grande Guerre
Mobilisé le : 2 août 1914
Fonction militaire principale : Combattant
Fonction militaire secondaire : Aumônier
Grade final : Sergent
Unité finale : 59e RI
Parcours militaire :
– Mobilisé (S. A.) caporal au 209e R.I. le 2 août 1914
– Au front le 10 août 1914
– Sergent le 14 septembre 1914
– 59e R.I. le 27 mars 1917
Théâtre des opérations :
– 1914 : Belgique (22 août), Raucourt (28 août), Marne (6-10 septembre), tranchées de Champagne (septembre 1914-mars 1915)
– 1915 : Perthes, Bois-Sabot, Artois, Wailly, Roclincourt (5 juin)
– 1916 : Verdun
– 1918 : Belgique
J.M.O. (Journal des Marches et Opérations) :
JMO du 59e régiment d’infanterie — journée du 29 avril 1918, sous-secteur de Koudekot (Flandre belge).
Le 29 avril 1918, en Flandre belge, entre Locre et Bailleul, le 59e régiment d’infanterie tient le sous-secteur de Koudekot lorsque les Allemands déclenchent un puissant assaut sur le saillant. Édouard BEUSSE, vicaire de Lalinde, y sert comme chef de section au 2e bataillon.
- 2h45 — L’infanterie allemande prend contact devant le front français, après s’être infiltrée à la faveur de tirs très violents de mitrailleuses légères.
- Matinée — Après plus de deux heures de pilonnage, l’ennemi tente de prendre pied sur la ligne tenue par le bataillon Bizard, au nord de la ferme Koudekot. Un nouvel assaut, « plus violent et mené par des forces considérables », oblige une partie de la ligne — tenue par une section réduite à six hommes — à se replier d’une cinquantaine de mètres ; les pertes sont déjà considérables pour les deux bataillons.
- 13h — L’aile droite de la 9e compagnie et la 6e compagnie se sont infléchies d’environ 200 mètres et poursuivent le combat « dans les conditions les plus défavorables ».
C’est dans cette matinée du 29 avril 1918, au cœur de l’assaut allemand sur le saillant de Koudekot, qu’Édouard BEUSSE est tombé « d’une balle en plein front, au moment où il organisait la défense de la section dont il était le chef ». Il a été inhumé à Boeschèpe, dans le Nord.
Sa dernière lettre, écrite le 27 avril dans ce même vacarme, deux jours avant sa mort, est reproduite dans les Informations complémentaires.
Statut final
Type de fin : † Tué à l'ennemi
Date : 29 avril 1918
Lieu : Au Mont Noir sur la frontière belge, en tête de sa demi-section, d'une balle en plein front. Inhumé à Boeschêpe (Nord).
Citations à l'ordre
Citation n°1
Niveau : À l'ordre du régiment (brigade)
Numéro et date : 209e R.I., n° 74, 29 mars 1917
Texte :
Très consciencieux et très dévoué, sur le front depuis le début des hostilités, s'est particulièrement fait remarquer durant la bataille de la Marne, et au cours des opérations de Champagne en 1914 et 1915.
Citation n°2
Niveau : À l'ordre de la division
Numéro et date : 94e D.I., 28 août 1917
Texte :
Sous-officier brave et courageux, d'une haute valeur morale. Le 27 août 1917 s'est offert pour aller à la recherche d'un blessé resté sur les bords des lignes boches, et l'a rapporté sur ses épaules dans nos lignes.
Décorations
Médaille militaire
Date d'obtention : posthume
Circonstances :
texte de la citation non reproduit
Informations complémentaires
Le Livre d’or du Collège Saint-Joseph de Périgueux (1923), (sur Gallica) aux pages 375 à 380, consacre à Édouard Beusse une longue notice biographique reprenant un texte du chanoine Monzie publié dans la Semaine religieuse du 8 juin 1918.
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Parcours scolaire et ordination
Édouard Beusse fut refoulé du Petit Séminaire de Bergerac par la « tempête anticléricale » qui suivit les lois de séparation. Il entra à Saint-Joseph de Périgueux pour faire sa rhétorique en 1907-1908, à l’âge de 20 ans. Il prit la soutane à la fin de l’année scolaire avec trois camarades, dont l’un mourra également au champ d’honneur. Il fit ensuite son Grand Séminaire, interrompu par le service militaire, et fut ordonné prêtre en 1914, juste avant d’être nommé vicaire de Lalinde.
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Famille
Édouard Beusse était le troisième de quatre frères tous mobilisés pendant la guerre, « jetés dans la fournaise des batailles » selon la formule du chanoine Monzie.
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Portrait
« De haute stature, d’un maintien grave et modeste, sobre de paroles, d’une application calme et soutenue à toutes sortes de labeurs ». Visage basané, traits mûrs, paraissant plus âgé que ses 20 ans à son arrivée à Saint-Joseph en 1907.
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Œuvre écrite
L’abbé Beusse laissa à sa mort de volumineux manuscrits témoignant d’une formation très étendue : philosophie, théologie, écriture sainte, droit ecclésiastique, ascétisme, histoire, mathématiques, physique, algèbre, topographie. Un recueil d’instructions et de sermons, conservé dans un petit carnet laissé sur son bureau lors de son dernier passage en Dordogne, contenait notamment les « harangues adressées à ses camarades soldats ». L’éloquence de la chaire l’attirait particulièrement.
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Ministère au front
Lettre du 30 juin 1915 :
« Avec la permission du colonel, je dis la messe tout à côté du cantonnement. J’ai fait monter un autel par les sapeurs du régiment, et c’est là que nous nous réunissons. Les hommes sont animés de très bonnes intentions. À quelques exceptions près, toute la compagnie a répondu à mon invitation. Je leur dis un petit mot à l’Évangile. Beaucoup viennent me remercier et me prient de continuer ce service chaque dimanche ; je leur serre la main, et vous devinez ma réponse. »
Lettre du 12 juillet 1915 :
« Le matin, quand cela m’est possible, je dis la messe à 6 heures, je confesse et je distribue la sainte communion à quelques soldats, car nos compagnies sont aux tranchées. M. l’abbé Desgranges, aumônier de notre division, donne des sermons comme les soldats les aiment. Le dimanche surtout, à la messe de 11 heures 1/4, un millier d’entre eux au moins y sont présents. »
Noël 1915 :
« La fête de Noël a été bien célébrée parmi nous ; j’ai dit la messe au camp, tous les soldats y assistaient ainsi qu’un grand nombre d’officiers. Le général de division y était, il m’a donné un chapelet comme souvenir. »
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Pressentiment de la mort
Lettre du 26 septembre 1914 : « Ma vie, s’il le faut, pour le retour de la France à la foi. »
Lettre du 3 février 1915 : « Je suis en bonne santé ; que Dieu me la conserve, s’il juge que j’en fasse un bon emploi plus tard ; mais, dans tous les cas, que sa volonté soit faite. »
Lettre du 29 juillet 1915, apprenant la mort de deux séminaristes de Périgueux sur le champ de bataille : « Dieu me garde, s’il me juge utile à son service ; mais, toujours, que sa volonté soit faite. »
Le chanoine Monzie ajoute : « Intime ami du capitaine abbé Ruffié, tué en volant au secours de ses hommes, il s’attendait à une fin semblable. »
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École des chefs de section
Beusse fut envoyé à l’École des chefs de section, interrompant alors son ministère de la prédication. Il en sortit comme chef de section, fonction qui l’exposait « plus encore que par le passé ». Ses camarades disaient de lui : « Franc comme l’or ». À cette époque, il dressa la liste des soldats de la Dordogne tués dans sa région militaire, avec la date de leur décès et l’indication du lieu où reposent leurs cendres glorieuses — geste de mémoire et de pastorale du deuil.
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Dernières lettres — avril 1918
2 avril 1918 : « Nous avons marché les derniers jours de la semaine sainte, ainsi que le jour de Pâques ; nous repartons demain. »
6 avril : « Nous ne sommes pas loin de l’endroit où ça barde, nous n’allons pas tarder à y courir. »
13 avril : « Nous filons à grande vitesse vers… »
20 avril : « Les événements se succèdent autour de nous, nous savons à peine ce qui se passe à côté ; où nous sommes, ça chauffe ! »
23 avril : « Nous sommes tantôt en France, tantôt en pays ami. »
27 avril, sa dernière lettre :
« Nous y sommes, je vous lance ce mot au milieu d’un vacarme épouvantable. Chose triste que la guerre ; comment ai-je assez de force pour vous écrire encore, je me le demande. Quelle position ! si vous pouviez me voir ! incroyables nos souffrances et nos dangers ! Union de prières ! »
→ Pour comprendre ce vacarme, voir l’extrait du JMO du 59e R.I. à la date du 29 avril 1918 (Services pendant la guerre).
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Circonstances précises de sa mort
Témoignage transmis par un confrère, repris par le chanoine Monzie dans la Semaine religieuse du 8 juin 1918 :
« Dans la région de […], le 29 avril, au matin, jour le plus terrible de la bataille, votre cher vicaire, M. l’abbé Beusse, fut tué d’une balle boche, en plein front, au moment où il organisait la défense de la section, dont il était le chef, contre un rude assaut de l’ennemi. La mort ne l’a pas surpris, il l’attendait, on aurait dit qu’il la sentait venir. Quand, quelques jours avant de monter là où il est resté, chacun se demandait si la dernière heure ne viendrait pas pour l’un ou l’autre d’entre nous, lui nous disait franchement que son sacrifice était fait, et que seule une chose le préoccuperait au moment de mourir, ce serait le chagrin que sa disparition causerait aux siens. Le corps a été ramené en arrière des lignes, et moi-même j’ai aidé à le transporter vers le pays de Boeschepe, où il a été inhumé. »
Voir aussi
Articles connexes
Sources
Livre d'or du Clergé et des Congrégations, tome 1 — consulter sur Gallica
Son acte de naissance aux archives départementales de Dordogne
Sa fiche matricule n° 276, classe 1907, aux archives départementales de Dordogne
Mort pour la France : sa fiche Mémoires des Hommes
Pour explorer les autres notices du Livre d'or du Clergé et des Congrégations 1914-1918, consultez la base complète des 10 296 ecclésiastiques mobilisés.

