
Date de naissance : 11 février 1880
Commune de naissance : Chambéry
Département de naissance : Savoie
Nationalité : Française
Situation religieuse
Qualité religieuse : Prêtre
Qualité (formulation Livre d'or) : Directeur des œuvres diocésaines — Directeur-fondateur de La Croix de Savoie
Commune d'exercice : Chambéry
Diocèse : Chambéry
Congrégation / Ordre : Clergé séculier
Département d'exercice : Savoie
Famille
Père : François
Mère : Charlotte MORAND
Service pendant la Grande Guerre
Mobilisé le : 3 août 1914
Fonction militaire principale : Brancardier
Fonction militaire secondaire : Aumônier
Grade final : Sergent
Unité finale : 97e RI
Parcours militaire :
- Engagé volontaire pour 3 ans le 11 juillet 1899 à la mairie de Chambéry, au titre du 97e R.I. ; arrivé au Corps et soldat de 2e classe le 13 novembre 1900 (matricule corps 2118)
- Passé dans la disponibilité de l’armée active le 21 septembre 1901, certificat de bonne conduite accordé
- Période d’instruction comme dispensé article 23 dans la 14e Section d’Infirmiers Militaires du 21 septembre au 17 octobre 1903 ; renonce à la dispense comme élève ecclésiastique, reste dispensé
- Passé dans l’armée territoriale le 1er octobre 1913
- Rappelé à l’activité par la mobilisation générale, arrivé au Corps le 3 août 1914 au G.B.D./77
- Passé sur sa demande brancardier-aumônier au 97e R.I. le 2 mars 1915
- Nommé caporal le 11 juillet 1915, sergent le 16 août 1915 (ordre du régiment n° 153)
- Atteint de dépression nerveuse, fatigue générale et néphrite le 8 février 1917 à Rambervillers
- Deux fois évacué pour épuisement, revenu chaque fois au front
- Engagé dans toutes les attaques du régiment de mars 1915 à septembre 1918, en première ligne avec les vagues d’assaut
Théâtre des opérations :
- 1915 — Artois : Mareuil, Berthonval, cote 140, cote 119, Cabaret-Rouge, Mont-Saint-Éloi, Souchez, Chemin des Pylônes, plateau de Vimy, Flaucourt (mars-juin, sept.-oct.).
- 1916 — Verdun : Bois Fumin, Ravin de la Mort, Étang de Vaux (mars). Somme (sept.).
- 1917 — Aisne : Nouvion-Vingré, Chemin des Dames. Alsace : Ballersdorf.
- 1918 — Ardre, la Marne, Bligny, bois des Houleux, Reims, Montagne de Reims.
Statut final
Type de fin : Mort de maladie
Date : 24 septembre 1918
Lieu : Châlons-sur-Marne (Marne) — hôpital complémentaire n° 54
Détails / circonstances : Atteint le 8 février 1917 à Rambervillers de dépression nerveuse, fatigue générale et néphrite (fiche matricule)
Citations à l'ordre
Citation n°1
Niveau : À l'ordre de l'armée
Numéro et date : Armée, 9 juin 1915 (J.O. du 24 juillet 1915)
Texte :
A, pendant cinq jours et quatre nuits, recherché sans arrêt et avec une indomptable énergie les blessés sur la ligne de feu.
Citation n°2
Niveau : À l'ordre de la division
Numéro et date : 77e D.I., 15 avril 1916
Texte :
Admirable de courage et de dévouement ; a, durant les journées de combat intense du 16 au 31 mars 1916, vécu dans les premières lignes, pansant les blessés, dirigeant les recherches des brancardiers, donnant à tous le réconfort de sa parole et l'exemple de sa bravoure.
Citation n°3
Niveau : À l'ordre de la division
Numéro et date : 77e Division, 21 décembre 1916
Texte :
Sous-officier d'une bravoure légendaire au régiment, où il est connu par son inlassable dévouement. Plusieurs fois cité, décoré de la médaille militaire, en novembre 1915. Au cours des combats de septembre et octobre 1916, n'a pas quitté les premières lignes, où il a prodigué des soins aux blessés avec un mépris absolu du danger, profitant de la nuit pour aller les relever en avant de nos tranchées. A réussi ainsi à en arracher plusieurs à une mort certaine.
Citation n°4
Niveau : À l'ordre du corps d'armée
Numéro et date : Corps d'Armée, 17 août 1918
Texte :
Bien que d'une santé précaire, a tenu à exalter encore une fois le courage des combattants et à donner un réconfort moral à nos blessés. A parcouru avec un zèle inlassable les premières lignes, au moment des attaques, donnant à tous l'exemple du sang-froid et du courage, sachant infuser à chacun une parcelle de son enthousiasme et de son énergie, et exerçant sur le terrain même, avec un sublime désintéressement, son ministère auprès de nos blessés graves.
Citation n°5
Niveau : — (pas de citation)
Numéro et date : Armée, 20 novembre 1918 (J.O. du 21 février 1919)
Texte :
Prêtre savoyard, servant au début de la guerre dans un G.B.D., venu, sur sa demande et malgré une santé précaire, dans le régiment de son pays, a rempli, du 2 mars 1915 au 20 septembre 1918, les fonctions de sergent-brancardier et d'aumônier au 97e R.I. Âme d'apôtre, a exercé, par sa parole ardente, une influence considérable sur le régiment, ne cessant, par sa foi patriotique et religieuse, d'exalter en lui les plus nobles sentiments. D'une bravoure et d'une abnégation admirables, est parti volontairement dans toutes les attaques avec les vagues d'assaut, a passé les journées et les nuits de combats en première ligne, relevant les blessés en avant même du front, réconfortant les courages, se donnant tout entier à sa mission. Terrassé par une existence sans ménagements, ne s'est laissé évacuer qu'à la dernière limite et est mort d'épuisement quelques jours après. Laisse au 97e R.I. un souvenir impérissable.
Décorations
Légion d'honneur
Grade / Classe : Chevalier
Date d'obtention : posthume, 9 novembre 1922 (J.O. du 28 novembre 1922)
Circonstances :
Figure de héros restée légendaire au régiment savoyard. Toujours sur la brèche, a participé à toutes les attaques de son unité. A, par son allant, son courage et son dévouement, poussé jusqu'au sacrifice, exercé une influence capitale sur tous les hommes du régiment. Grièvement intoxiqué, est resté sur le front jusqu'à l'épuisement complet de ses forces. Mort pour la France, le 24 septembre 1918, des suites de ses glorieuses blessures. Laisse au 97e régiment d'infanterie un souvenir impérissable. A été cité.
Médaille militaire
Date d'obtention : 1er novembre 1915 (J.O. du 25 novembre 1915)
Circonstances :
Sergent, chef du groupe des brancardiers du Corps. N'a cessé depuis des mois de prodiguer son dévouement à tous au mépris du danger et avec la plus grande modestie, sachant, par sa parole chaude et vibrante, entretenir le courage et soutenir l'énergie des combattants.
Informations complémentaires
Engagé volontaire pour trois ans le 11 juillet 1899, à dix-neuf ans, comme élève ecclésiastique, Louis-Antoine Bocqueraz a effectué son service au 97e R.I. de Chambéry, son régiment de recrutement, avant d’être passé dans la disponibilité le 21 septembre 1901. Il a renoncé en 1903 à la dispense réservée aux élèves ecclésiastiques pour accomplir une période d’instruction dans la 14e Section d’Infirmiers Militaires.
Licencié ès lettres de philosophie le 29 juin 1906.
Voir aussi
Articles connexes
Destins croisés
Devenu brancardier-aumônier au 97e RI le 2 mars 1915, Louis Antoine Bocqueraz relève les blessés dans le secteur du Cabaret Rouge, de Mont-Saint-Éloi et de Souchez au printemps 1915. C’est là, le 17 mai 1915, qu’un séminariste du même régiment, le sergent Paul René Louis Chataing, tombe à la tête de sa section, à la Targette. Aucun document n’atteste qu’ils se soient connus ; on peut néanmoins supposer que les deux ecclésiastiques se sont côtoyés dans les tranchées et que l’aumônier a prié sur la dépouille de son cadet.
Sources
Livre d'or du Clergé et des Congrégations, tome 1 — consulter sur Gallica
- Fiche Mémoire des Hommes — Mort pour la France de la Première Guerre mondiale
- Fiche matricule — Archives départementales de la Savoie, classe 1899, matricule 1031, bureau de Chambéry
Pour explorer les autres notices du Livre d'or du Clergé et des Congrégations 1914-1918, consultez la base complète des 10 296 ecclésiastiques mobilisés.

