BOCQUERAZ Louis Antoine

Portrait de BOCQUERAZ Louis-Antoine, directeur des œuvres diocésaines, prêtre soldat de la Première Guerre mondiale

Date de naissance : 11 février 1880

Commune de naissance : Chambéry

Département de naissance : Savoie

Nationalité : Française

Situation religieuse

Qualité religieuse : Prêtre

Qualité (formulation Livre d'or) : Directeur des œuvres diocésaines — Directeur-fondateur de La Croix de Savoie

Commune d'exercice : Chambéry

Diocèse : Chambéry

Congrégation / Ordre : Clergé séculier

Département d'exercice : Savoie

Famille

Père : François

Mère : Charlotte MORAND

Service pendant la Grande Guerre

Mobilisé le : 3 août 1914

Fonction militaire principale : Brancardier

Fonction militaire secondaire : Aumônier

Grade final : Sergent

Unité finale : 97e RI


Parcours militaire :

  • Engagé volontaire pour 3 ans le 11 juillet 1899 à la mairie de Chambéry, au titre du 97e R.I. ; arrivé au Corps et soldat de 2e classe le 13 novembre 1900 (matricule corps 2118)
  • Passé dans la disponibilité de l’armée active le 21 septembre 1901, certificat de bonne conduite accordé
  • Période d’instruction comme dispensé article 23 dans la 14e Section d’Infirmiers Militaires du 21 septembre au 17 octobre 1903 ; renonce à la dispense comme élève ecclésiastique, reste dispensé
  • Passé dans l’armée territoriale le 1er octobre 1913
  • Rappelé à l’activité par la mobilisation générale, arrivé au Corps le 3 août 1914 au G.B.D./77
  • Passé sur sa demande brancardier-aumônier au 97e R.I. le 2 mars 1915
  • Nommé caporal le 11 juillet 1915, sergent le 16 août 1915 (ordre du régiment n° 153)
  • Atteint de dépression nerveuse, fatigue générale et néphrite le 8 février 1917 à Rambervillers
  • Deux fois évacué pour épuisement, revenu chaque fois au front
  • Engagé dans toutes les attaques du régiment de mars 1915 à septembre 1918, en première ligne avec les vagues d’assaut

Théâtre des opérations :

  • 1915 — Artois : Mareuil, Berthonval, cote 140, cote 119, Cabaret-Rouge, Mont-Saint-Éloi, Souchez, Chemin des Pylônes, plateau de Vimy, Flaucourt (mars-juin, sept.-oct.).
  • 1916 — Verdun : Bois Fumin, Ravin de la Mort, Étang de Vaux (mars). Somme (sept.).
  • 1917 — Aisne : Nouvion-Vingré, Chemin des Dames. Alsace : Ballersdorf.
  • 1918 — Ardre, la Marne, Bligny, bois des Houleux, Reims, Montagne de Reims.

Statut final

Type de fin : Mort de maladie

Date : 24 septembre 1918

Lieu : Châlons-sur-Marne (Marne) — hôpital complémentaire n° 54

Détails / circonstances : Atteint le 8 février 1917 à Rambervillers de dépression nerveuse, fatigue générale et néphrite (fiche matricule)

Citations à l'ordre

Citation n°1

Niveau : À l'ordre de l'armée

Numéro et date : Armée, 9 juin 1915 (J.O. du 24 juillet 1915)

Texte :

A, pendant cinq jours et quatre nuits, recherché sans arrêt et avec une indomptable énergie les blessés sur la ligne de feu.

Citation n°2

Niveau : À l'ordre de la division

Numéro et date : 77e D.I., 15 avril 1916

Texte :

Admirable de courage et de dévouement ; a, durant les journées de combat intense du 16 au 31 mars 1916, vécu dans les premières lignes, pansant les blessés, dirigeant les recherches des brancardiers, donnant à tous le réconfort de sa parole et l'exemple de sa bravoure.

Citation n°3

Niveau : À l'ordre de la division

Numéro et date : 77e Division, 21 décembre 1916

Texte :

Sous-officier d'une bravoure légendaire au régiment, où il est connu par son inlassable dévouement. Plusieurs fois cité, décoré de la médaille militaire, en novembre 1915. Au cours des combats de septembre et octobre 1916, n'a pas quitté les premières lignes, où il a prodigué des soins aux blessés avec un mépris absolu du danger, profitant de la nuit pour aller les relever en avant de nos tranchées. A réussi ainsi à en arracher plusieurs à une mort certaine.

Citation n°4

Niveau : À l'ordre du corps d'armée

Numéro et date : Corps d'Armée, 17 août 1918

Texte :

Bien que d'une santé précaire, a tenu à exalter encore une fois le courage des combattants et à donner un réconfort moral à nos blessés. A parcouru avec un zèle inlassable les premières lignes, au moment des attaques, donnant à tous l'exemple du sang-froid et du courage, sachant infuser à chacun une parcelle de son enthousiasme et de son énergie, et exerçant sur le terrain même, avec un sublime désintéressement, son ministère auprès de nos blessés graves.

Citation n°5

Niveau : — (pas de citation)

Numéro et date : Armée, 20 novembre 1918 (J.O. du 21 février 1919)

Texte :

Prêtre savoyard, servant au début de la guerre dans un G.B.D., venu, sur sa demande et malgré une santé précaire, dans le régiment de son pays, a rempli, du 2 mars 1915 au 20 septembre 1918, les fonctions de sergent-brancardier et d'aumônier au 97e R.I. Âme d'apôtre, a exercé, par sa parole ardente, une influence considérable sur le régiment, ne cessant, par sa foi patriotique et religieuse, d'exalter en lui les plus nobles sentiments. D'une bravoure et d'une abnégation admirables, est parti volontairement dans toutes les attaques avec les vagues d'assaut, a passé les journées et les nuits de combats en première ligne, relevant les blessés en avant même du front, réconfortant les courages, se donnant tout entier à sa mission. Terrassé par une existence sans ménagements, ne s'est laissé évacuer qu'à la dernière limite et est mort d'épuisement quelques jours après. Laisse au 97e R.I. un souvenir impérissable.

Décorations

Légion d'honneur

Grade / Classe : Chevalier

Date d'obtention : posthume, 9 novembre 1922 (J.O. du 28 novembre 1922)

Circonstances :

Figure de héros restée légendaire au régiment savoyard. Toujours sur la brèche, a participé à toutes les attaques de son unité. A, par son allant, son courage et son dévouement, poussé jusqu'au sacrifice, exercé une influence capitale sur tous les hommes du régiment. Grièvement intoxiqué, est resté sur le front jusqu'à l'épuisement complet de ses forces. Mort pour la France, le 24 septembre 1918, des suites de ses glorieuses blessures. Laisse au 97e régiment d'infanterie un souvenir impérissable. A été cité.

Médaille militaire

Date d'obtention : 1er novembre 1915 (J.O. du 25 novembre 1915)

Circonstances :

Sergent, chef du groupe des brancardiers du Corps. N'a cessé depuis des mois de prodiguer son dévouement à tous au mépris du danger et avec la plus grande modestie, sachant, par sa parole chaude et vibrante, entretenir le courage et soutenir l'énergie des combattants.

Informations complémentaires

Engagé volontaire pour trois ans le 11 juillet 1899, à dix-neuf ans, comme élève ecclésiastique, Louis-Antoine Bocqueraz a effectué son service au 97e R.I. de Chambéry, son régiment de recrutement, avant d’être passé dans la disponibilité le 21 septembre 1901. Il a renoncé en 1903 à la dispense réservée aux élèves ecclésiastiques pour accomplir une période d’instruction dans la 14e Section d’Infirmiers Militaires.

Licencié ès lettres de philosophie le 29 juin 1906.

Voir aussi

Articles connexes

Destins croisés

Devenu brancardier-aumônier au 97e RI le 2 mars 1915, Louis Antoine Bocqueraz relève les blessés dans le secteur du Cabaret Rouge, de Mont-Saint-Éloi et de Souchez au printemps 1915. C’est là, le 17 mai 1915, qu’un séminariste du même régiment, le sergent Paul René Louis Chataing, tombe à la tête de sa section, à la Targette. Aucun document n’atteste qu’ils se soient connus ; on peut néanmoins supposer que les deux ecclésiastiques se sont côtoyés dans les tranchées et que l’aumônier a prié sur la dépouille de son cadet.

Sources

Livre d'or du Clergé et des Congrégations, tome 1consulter sur Gallica

Pour explorer les autres notices du Livre d'or du Clergé et des Congrégations 1914-1918, consultez la base complète des 10 296 ecclésiastiques mobilisés.

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