
Date de naissance : 1er décembre 1886
Commune de naissance : Laneuville-sur-Meuse
Département de naissance : Meuse
Nationalité : Française
Situation religieuse
Qualité religieuse : Prêtre professeur
Commune d'exercice : Rome
Congrégation / Ordre : Pères du Saint-Esprit (Spiritains)
Pays d'exercice : Italie
Établissement de rattachement : Séminaire français de Rome
Famille
Père : Jean Baptiste Victor
Mère : Jeanne Marie Cécile PONTARD
Service pendant la Grande Guerre
Mobilisé le : août 1914
Fonction militaire principale : Combattant
Grade final : Chef de bataillon
Unité finale : 147e RI
Parcours militaire :
- Août 1914 : mobilisé comme sous-lieutenant de réserve au 9e BCP.
- 9 septembre 1914 : lieutenant.
- Janvier 1915 : instructeur au front.
- Mars 1915 : capitaine à titre temporaire, confirmé pour la durée de la guerre (JO du 24 mai 1915).
- 5 janvier 1916 : capitaine à titre définitif (décret du 4 janvier 1916), puis capitaine adjudant-major.
- 1918 : prend le commandement du 1er bataillon du 147e RI.
- 31 mai 1918 : blessé par éclat d’obus au menton à Macogny (Aisne) ; conserve son commandement.
- 1er juin 1918 : blessé par éclat d’obus à l’arcade sourcilière à Neuilly-Saint-Front (Aisne) ; ne quitte la ligne de feu que sur l’ordre formel de son chef de corps.
- 12 octobre 1918 : chef de bataillon à titre temporaire.
Théâtre des opérations :
1915 — Vauquois, Argonne.
1916 — Verdun (18 avril), Somme (15 septembre).
1918 — Chemin des Dames, Nanteuil-sur-Ourcq (30-31 mai), Priez (1er juin).
J.M.O. (Journal des Marches et Opérations) :
Journal des marches et opérations du 9e bataillon de chasseurs à pied (Mémoire des Hommes), journées du 20 au 26 juin 1915, secteur de la Tranchée de Calonne et des Éparges (Meuse).
En juin 1915, le 9e BCP combat dans le secteur de la Tranchée de Calonne, aux Éparges, aux côtés du 147e RI. Le capitaine Catlin y commande des compagnies du bataillon, que le journal nomme à la veille de l’attaque.
- 20 juin, 20h45 : les 1re et 4e compagnies, sous les ordres du capitaine Catlin, sont mises à la disposition du colonel du 147e RI sur la route Mouilly-Éparges ; la nuit se passe sans que le bataillon soit engagé.
- 21 juin, 13h : le bataillon reçoit l’ordre de reprendre, au point C, l’attaque commencée la veille par le 147e RI ; elle sera menée par trois lignes successives.
- 21 juin, 16h15 : après une violente préparation d’artillerie, la première vague débouche de la tranchée française avec un entrain admirable et, malgré un feu violent de mitrailleuses, enlève la première ligne ennemie d’un seul élan ; une centaine de prisonniers, une mitrailleuse, deux lance-bombes et de nombreuses armes tombent aux mains des chasseurs.
- 21 juin, 21h : la position conquise est aussitôt organisée et les compagnies occupent la ligne C’R’.
- 22 juin : dès 2h, l’ennemi déclenche des contre-attaques d’une extrême violence ; les compagnies, attaquées de tous côtés, se replient puis, à 13h, repartent à l’assaut avec le même entrain que la veille et reprennent solidement la position.
- 23 juin : nouvel assaut allemand vers 7h ; après une résistance acharnée, les contre-attaques cessent vers midi.
- 26 juin, 19h : deux cents mètres de tranchées ayant été perdus par le 51e RI dans le ravin de Janvaux, à l’ouest des Éparges, les 1re et 2e compagnies du bataillon sont envoyées en renfort et reprennent le terrain perdu.
Ces journées recoupent exactement la citation qui lui valut la croix de chevalier de la Légion d’honneur : la charge du 21 juin à la tête de sa compagnie, la lutte de deux jours et deux nuits dans les boyaux, puis la reprise d’assaut, le 26 juin, de la tranchée où l’ennemi s’était établi. Les pertes du bataillon furent lourdes et son chef souligna que les hommes, à bout de forces, avaient marché sans hésiter.
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Journal des marches et opérations du 9e bataillon de chasseurs à pied (Mémoire des Hommes), journées des 14 au 17 septembre 1916, attaque de Berny-en-Santerre (Somme).
À la mi-septembre 1916, dans la bataille de la Somme, le 9e BCP attaque le village de Berny et ses tranchées, en liaison avec le 18e BCP à gauche et le 120e RI à droite. La citation d’officier de la Légion d’honneur de Catlin honore l’assaut du 15 septembre, où il mène sa compagnie au-delà de son objectif, et les attaques du surlendemain.
- 14 septembre : intense préparation d’artillerie et organisation du secteur en vue de l’attaque.
- 15 septembre, 15h45 : après une violente préparation, le 9e BCP (1re et 5e compagnies) attaque la tranchée de Berny et le boyau d’Hédevaux jusqu’au point 330.
- En moins d’un quart d’heure, les vagues d’assaut franchissent la tranchée de Berny, complètement nivelée ; la 1re compagnie pousse au-delà, franchit la tranchée des Gardes et doit refluer sur celle-ci, arrêtée par le barrage de notre artillerie de 75 établi deux cents mètres plus au sud, puis l’organise.
- Le combat à la grenade s’engage dans les boyaux ; le groupe du boyau d’Hédevaux progresse jusqu’au point 7115, où une quarantaine d’Allemands retranchés dans des abris profonds résistent : une vingtaine sont tués, les autres faits prisonniers.
- La 5e compagnie enlève les trois barrages de la tranchée de Berny, tue une douzaine d’Allemands, prend une mitrailleuse intacte et une quinzaine de prisonniers ; la 4e compagnie pousse une reconnaissance au saillant ouest. La tranchée des Gardes est conquise.
- 15 septembre, 18h : la liaison est établie au point 330 avec le 18e BCP. L’objectif est atteint.
- 17 septembre, 14h45 : nouvelle attaque pour enlever Berny et atteindre la voie ferrée et la tranchée de Péronne jusqu’au Bois Guibert ; malgré une forte résistance de mitrailleuses, de lance-flammes et de grenadiers au chemin creux, les compagnies enlèvent leurs objectifs.
La conquête de Berny est alors achevée ; le butin des 15 et 17 septembre comprend un canon de 88, douze mitrailleuses, des lance-bombes, des lance-flammes et deux cent cinquante fusils. C’est à la tête de la 1re compagnie que Catlin se distingue le 15 septembre : l’historique du 9e BCP rapporte que les vagues d’assaut de cette compagnie, parties à 15h15, franchirent la tranchée de Berny et dépassèrent l’objectif assigné, dans les termes mêmes de sa citation d’officier de la Légion d’honneur. Il commandait la 1re compagnie depuis le début de l’année 1915.
Statut final
Type de fin : Démobilisé
Date : 9 mars 1919
Citations à l'ordre
Citation n°1
Niveau : À l'ordre du corps d'armée
Numéro et date : 11e Corps d'armée, 28 novembre 1915
Texte :
Le 30 octobre 1915, fut d'un bel exemple pour sa compagnie en se portant sur le parapet, tirant lui-même sur les grenadiers allemands qui s'étaient approchés à quelques mètres de la tranchée. A contribué à repousser une attaque.
Citation n°2
Niveau : À l'ordre de l'armée
Numéro et date : Armée, 10 juin 1916 (JO du 2 juillet 1916)
Texte :
Le 18 avril 1916, au lendemain d'une attaque ennemie qui avait pris pied dans nos positions au prix de sacrifices considérables, a reconquis l'élément de tranchée occupé par l'ennemi et a obtenu ce résultat avec le minimum de pertes, grâce à ses judicieuses dispositions et à son intelligence de la guerre. Coutumier des actions d'éclat avec des résultats heureux.
Citation n°3
Niveau : À l'ordre de l'armée
Numéro et date : Armée, 13 juin 1918 (JO du 7 juillet 1918)
Texte :
Le 30 mai 1918, a mené une vigoureuse contre-attaque pour couvrir la gauche d'un régiment voisin. Blessé le lendemain, a conservé son commandement et a assuré le passage d'une rivière. Blessé à nouveau le surlendemain, n'a quitté la ligne de feu que sur l'ordre formel de son chef de corps.
Citation n°4
Niveau : À l'ordre de l'armée
Numéro et date : Armée, 20 octobre 1918 (JO du 14 janvier 1919)
Texte :
Officier d'une haute valeur morale et professionnelle. Le 19 septembre 1918, a entraîné son bataillon à l'attaque d'une position hérissée de défenses accessoires qu'il a enlevée. A continué la progression pendant trois kilomètres dans un terrain fortement organisé, capturant deux cents prisonniers, six pièces de 105, quatre de 77, vingt mitrailleuses, et a conservé la position conquise malgré plusieurs contre-attaques de l'ennemi.
Décorations
Légion d'honneur
Grade / Classe : Officier
Circonstances :
Chevalier de la Légion d'honneur — décret de 1915 (JO du 14 août 1915).
Motivation : « A chargé à la baïonnette à la tête de sa compagnie, avec un entrain et un courage admirables, enlevant d'un seul bond deux lignes de tranchées ennemies et faisant de nombreux prisonniers. A ensuite, pendant deux jours et deux nuits, continué une lutte acharnée dans les boyaux, soutenant l'ardeur de ses hommes par son calme et son attitude superbe au feu. S'est distingué à nouveau le 26, en enlevant brillamment d'assaut, à la tête de ses chasseurs, 150 mètres de tranchée où l'ennemi avait réussi à s'établir. »
Officier de la Légion d'honneur — décret du 29 septembre 1916 (JO du 24 octobre 1916).
Motivation : « Officier d'une très haute valeur morale, ayant un ascendant exceptionnel sur ses chasseurs, auxquels il n'a cessé de donner les plus magnifiques exemples d'énergie, de sang-froid et de vaillance. Le 15 septembre 1916, après avoir préparé l'exécution d'une attaque avec intelligence et un coup d'œil remarquables, a mené sa compagnie à l'assaut avec une impétuosité qui a électrisé toutes les unités qui y prenaient part ; a dépassé l'objectif assigné et a présidé heureusement aux attaques du surlendemain, au cours desquelles il s'est à nouveau brillamment distingué ; s'est emparé de plusieurs mitrailleuses et de nombreux prisonniers. »
Croix de guerre
Étoiles et palmes :
- Étoile de vermeil (citation à l'ordre du corps d'armée)
- Palme d'argent (équivaut à cinq palmes de bronze)
Informations complémentaires
Avant son ordination, Marie Louis Charles Catlin avait accompli son service militaire au 19e bataillon de chasseurs à pied (1907-1909) et avait été nommé sous-lieutenant de réserve en 1909 : c’est ce qui explique qu’il fût officier dès la mobilisation.
Au 9e BCP, il commanda successivement la 1re compagnie, de 1915 à 1916, puis les 4e et 6e compagnies, avant de devenir capitaine adjudant-major du bataillon. Il était né à Laneuville-sur-Meuse, au domicile de son grand-père maternel, François Guillaume Pontard, alors que ses parents résidaient à Soissons pour les fonctions de son père aux Contributions Indirectes : sa mère était revenue accoucher dans la maison familiale de la Meuse, berceau des deux familles, comme l’attestent les témoins de l’acte, un frère et un oncle du père. Il poursuivit ensuite une longue carrière dans la réserve : promu chef de bataillon à titre définitif en 1925, puis lieutenant-colonel par décret du 12 juillet 1937.
Rappelé à l’activité le 28 août 1939, à près de cinquante-trois ans, il fut affecté au 602e régiment de pionniers, partit aux armées le 8 septembre 1939 et fut démobilisé par le centre de Fumel en août 1940.
Il est mort le 3 décembre 1957 à Grasse (Alpes-Maritimes).
Voir aussi
Articles connexes
Du combat de Calonne à la prise de Berny, Marie Louis Catlin commanda au feu la 1re compagnie de son bataillon. L’ensemble du parcours de cette unité, de 1914 à l’occupation rhénane, est présenté dans la page du 9e bataillon de chasseurs à pied.
Destins croisés
L’attaque du point C, à la Tranchée de Calonne le 21 juin 1915, qui valut à Catlin la croix de chevalier de la Légion d’honneur, coûta la vie à un autre homme du bataillon, le clerc minoré Albert Barbier, sergent tombé en pénétrant dans la tranchée allemande.
Images complémentaires

Ce croquis, annexé au journal de marches du 9e BCP, fixe le terrain de la charge du 21 juin 1915 qui valut à Catlin la croix de chevalier de la Légion d’honneur. La ligne notée CR figure la première ligne allemande, enlevée d’un seul bond ; la ligne C’R’, en arrière, est l’objectif atteint d’un élan par les chasseurs. Le point D et le fortin allemand F, sur la droite, battent le terrain de leurs mitrailleuses et arrêtent un moment les unités voisines. C’est sur ce front, autour du point C, que la compagnie du capitaine Catlin se porte à l’assaut avant de soutenir deux jours et deux nuits la lutte dans les boyaux.

Ce croquis en couleurs, annexé au journal de marches du 9e BCP, fixe l’attaque du 15 septembre 1916 sur Berny, dans la Somme, qui valut à Catlin la croix d’officier de la Légion d’honneur. La légende donne le code : la ligne rouge marque les premières lignes françaises avant l’assaut, la ligne bleue les premières lignes allemandes, et la ligne bleu-vert la nouvelle ligne conquise par le 9e BCP (le 18e BCP, à droite, est figuré en bleu et jaune). La 1re compagnie attaque à gauche par le boyau d’Hédevaux, la 5e à droite dans la tranchée de Berny ; la progression mène jusqu’au point 7115, où une poche d’Allemands retranchés résiste, et jusqu’au point 330, où s’établit la liaison avec le 18e BCP. C’est en menant sa compagnie au-delà de l’objectif assigné, sur ce terrain, que Catlin se distingue ce jour-là.
Sources
Livre d'or du Clergé et des Congrégations, tome 1 — consulter sur Gallica
Acte de naissance — Archives départementales de la Meuse, registre des naissances de Laneuville-sur-Meuse, 1883-1892 (2 E 287), acte du 2 décembre 1886.
Fiche matricule — Archives départementales de l’Aisne, registre matricule classe 1906, n° 159, bureau de Laon.
Pour explorer les autres notices du Livre d'or du Clergé et des Congrégations 1914-1918, consultez la base complète des 10 296 ecclésiastiques mobilisés.

