
Date de naissance : 12 avril 1898
Commune de naissance : San Salvador
Département de naissance : Amérique centrale
Nationalité : Française
Situation religieuse
Qualité religieuse : Clerc tonsuré
Diocèse : Périgueux
Congrégation / Ordre : Clergé séculier
Département d'exercice : Dordogne
Famille
Mère : Lamberterie du Gros
Service pendant la Grande Guerre
Mobilisé le : 8 avril 1917
Fonction militaire principale : Combattant
Grade final : Caporal
Unité finale : 279e RI
Parcours militaire :
Mobilisé (Service Armé) au 50e R.I., le 8 avril 1917
Caporal au 279e R.I.
Blessé grièvement le 30 juillet 1918, à Fère-en-Tardenois, en s’élançant à l’assaut au cri de : « Hardi ! les gars, c’est pour la France ! Nous les aurons ! » — atteint par plusieurs éclats d’obus et balles de mitrailleuse en plein corps
Théâtre des opérations :
1918 : Roye-sur-Matz (28 mars), Fère-en-Tardenois (juillet)
Statut final
Type de fin : † Mort des suites de blessures
Date : 15 août 1918
Lieu : Ambulance 14/2 (Grand Séminaire) de Meaux, des suites de ses blessures
Détails / circonstances : Blessé grièvement le 31 juillet 1918, à Fère-en-Tardenois, "en entraînant ses hommes à l'assaut"
Citations à l'ordre
Citation n°1
Niveau : À l'ordre du régiment (brigade)
Numéro et date : Régiment, n° 949 « C.P. », 20 mai 1919
Texte :
Jeune caporal, volontaire pour toutes les missions périlleuses. Blessé grièvement le 31 juillet 1918 en entraînant ses hommes à l'assaut. Décédé des suites de sa blessure.
Décorations
Médaille militaire
Date d'obtention : posthume, décret du 23 juillet 1919 (J.O. du 8 août 1919)
Circonstances :
Même texte que la citation
Informations complémentaires
Une famille du Périgord, une naissance à San Salvador
Christian Delfau de Belfort naît à San Salvador, en Amérique centrale, le 12 avril 1898. Il appartient à l’une des plus anciennes familles du Périgord, alliée par sa mère à la dynastie des Lamberterie du Gros, dont plusieurs générations ont été élevées au Collège Saint-Joseph de Périgueux. Plusieurs de ses oncles, du côté maternel, sont officiers dans l’armée française.
Études au Collège Saint-Joseph de Périgueux
Il suit, comme ses oncles avant lui, ses études au Collège Saint-Joseph, où il se distingue par d’excellents résultats scolaires. Il y forme avec quelques camarades un petit groupe spirituel, tous décidés à entrer ensemble au Grand Séminaire. Sa vocation sacerdotale, née très tôt, connaît une brève éclipse à l’adolescence — l’image de ses oncles officiers en uniforme, rencontrés en vacances, l’attire un temps vers la carrière militaire — avant que la première vocation ne reprenne définitivement le dessus.
Soutane et Grand Séminaire (novembre 1916)
Le 1er novembre 1916, sa soutane lui est bénie par l’évêque de Périgueux, dans la chapelle du Collège Saint-Joseph, en présence de sa famille et de ses amis. Il entre ensuite au Grand Séminaire de Périgueux, à Cap-Blanc, où il poursuit ses études de théologie.
L’appel sous les drapeaux (mars 1917)
Christian a un nouveau moment d’irrésolution : il aurait voulu interrompre ses études de séminaire pour servir la patrie en danger, puis revenir reprendre sa vocation. Sur le conseil de son directeur, il s’en remet à la Providence et attend son appel. Celui-ci vient en mars 1917. Il rejoint le 50e R.I. le 8 avril 1917, puis passe caporal au 279e R.I.
L’oblation du 25 mars 1918 — fête de l’Annonciation
Lors d’une permission au début du printemps 1918, Christian rencontre son ancien directeur spirituel et lui confie un projet d’offrande. De retour aux armées, il rédige et envoie au prêtre, au sortir d’une messe, ce billet daté de la fête de l’Annonciation :
« B. S. V. M. Je fais à Dieu, par l’intermédiaire du Cœur immaculé de Marie, l’offrande de ma vie, s’il veut la prendre, pour mon collège, mon séminaire, ma famille, tous ceux qui me tiennent au cœur, l’Église et la France. Fait aux armées, en la fête de l’Annonciation de la Très Sainte Vierge, le 25 mars 1918. Christian de Belfort, clerc tonsuré. »
C’est un acte d’oblation assumé, daté précisément cinq mois avant sa mort.
L’assaut du 30 juillet 1918, à Fère-en-Tardenois
Pendant l’été 1918, Christian participe aux combats de la Seconde bataille de la Marne. Plusieurs fois, écrit-il à sa famille, il est miraculeusement épargné — sa compagnie tout entière a même disparu lors d’une action récente à laquelle il avait échappé en permission.
Le 30 juillet 1918, en s’élançant à l’assaut près de Fère-en-Tardenois, il crie à ses camarades :
« Hardi ! les gars, c’est pour la France ! Nous les aurons ! »
Il est aussitôt grièvement blessé par plusieurs gros éclats d’obus et balles de mitrailleuse en plein corps.
L’agonie au Grand Séminaire de Meaux
Évacué de Fère-en-Tardenois, il est transporté à l’ambulance 14/2 de Meaux, installée dans les bâtiments du Grand Séminaire de Meaux réquisitionné comme hôpital militaire. La plèvre est purulente. Sa mère accourt aussitôt à son chevet. L’état général est inquiétant mais paraît stable, jusqu’au moment où sa respiration se dégrade brusquement.
Il dit alors à sa mère :
« Je vois bien, ma pauvre maman, que ma première messe, je la célébrerai au ciel. »
Au matin du 15 août 1918, jour de l’Assomption, il reçoit la communion en viatique. L’après-midi, les derniers sacrements lui sont administrés. Il renouvelle l’offrande de sa vie « pour l’Église, pour la France, pour sa famille et ses amis ».
Ses dernières paroles, rapportées par l’aumônier qui l’assistait, sont :
« Prêtre pour l’éternité… Mon Dieu, je remets mon âme entre vos mains. »
Il s’éteint à vingt-deux heures trente, le 15 août 1918, à vingt ans, sans avoir été ordonné prêtre.
Note sur les sources
Cette notice biographique s’appuie sur la notice de cinq pages publiée dans le Livre d’or de la Grande Guerre du Collège Saint-Joseph de Périgueux (Périgueux, Imprimerie Cassard, 1923, p. 397-401), rédigée par un prêtre du collège ayant connu Christian.
Sources
Livre d'or du Clergé et des Congrégations, tome 1 — consulter sur Gallica
Sa fiche Mémoires des Hommes
Le livre d’or de la Grande Guerre / Collège Saint-Joseph, Périgueux (Gallica page 397)
Pour explorer les autres notices du Livre d'or du Clergé et des Congrégations 1914-1918, consultez la base complète des 10 296 ecclésiastiques mobilisés.

