
Date de naissance : 9 mars 1888
Commune de naissance : Nice
Département de naissance : Alpes-Maritimes
Nationalité : Française
Situation religieuse
Qualité religieuse : Professeur
Commune d'exercice : Nice
Diocèse : Nice
Congrégation / Ordre : Séminaire (autre)
Congrégation (formulation Livre d'or) : Petit Séminaire de Notre-Dame de Laghet
Département d'exercice : Alpes-Maritimes
Famille
Père : Jacques
Mère : Benoite CATTANI
Service pendant la Grande Guerre
Mobilisé le : 22 février 1915
Fonction militaire principale : Brancardier
Fonction militaire secondaire : Aumônier
Parcours militaire :
Mobilisé (Service Armé), 75e R.I., 22 février 1915
Au front comme brancardier, 18 août 1915
Blessé en Champagne, 26 septembre 1915
Infirmier, 25 juillet 1917
Soldat de 1ere classe le 23 septembre 1917
Blessé dans l’Aisne, 29 octobre 1917
Brancardier-aumônier, 10 mars 1918
Théâtre des opérations :
1915 : Somme ; Champagne (20 septembre)
1916 : Alsace ; Verdun (10 mars – 18 septembre) ; Douaumont ; La Laufée ; Damloup ; Fleury ; Thiaumont ; Vaux-Chapitre ; Les Éparges ; Berry-au-Bac
1917 : Roye ; Saint-Quentin (mars) ; Chemin des Dames ; Hurtebise (juin) ; Moulin de Laffaux ; Allemant ; La Malmaison (23 octobre)
1918 : Mont Kemmel (mai) ; Champagne (15 juillet) ; Lorraine
Statut final
Type de fin : Démobilisé
Date : 22 juillet 1919
Lieu : Nice
Citations à l'ordre
Citation n°1
Niveau : À l'ordre du régiment (brigade)
Numéro et date : 53e Brigade, n° 12, 11 octobre 1915
Texte :
Au cours des combats des 25, 26, 27 et 28 septembre 1915, a assuré son service avec beaucoup de courage et de dévouement. Blessé le 2e jour par un éclat d'obus, a refusé de se laisser évacuer et a continué à relever ses blessés.
Citation n°2
Niveau : À l'ordre du régiment (brigade)
Numéro et date : 75e R.I., n° 219, 18 novembre 1917
Texte :
Infirmier très dévoué, s'est proposé, à l'attaque du 23 octobre, pour se porter sur le terrain au poste de secours le plus avancé. Blessé le 29 octobre 1917. Déjà cité.
Informations complémentaires
Lettre publiée par « La Croix », 19 janvier 1916 visible sur Gallica
Sous le titre « Un prêtre-soldat », le quotidien « La Croix » publie le 19 janvier 1916 (n° 10080) une lettre de l’abbé Paul Belgrand, professeur au Petit Séminaire de Laghet, adressée vraisemblablement à son évêque ou à son supérieur, préalablement parue dans « La Semaine religieuse de Nice ». La lettre relate sa première offensive en Champagne (25-28 septembre 1915), au cours de laquelle il fut blessé et obtint sa Croix de guerre.
Texte intégral de la lettre :
Chaque danger nous rappelle d’une façon frappante les grandes vérités. Le canon est un excellent prédicateur pour qui sait comprendre ses terribles accents.
Ces accents, il faut une grâce du bon Dieu pour les saisir surnaturellement. Demandez bien pour moi cette grâce. Il y a une source où j’ai tout le loisir de la puiser avec abondance, c’est l’Eucharistie, que le prêtre-soldat a le bonheur de vivre comme on ne la vit même pas dans les maisons religieuses. Et cela parce que le pauvre prêtre exilé dans les camps est vraiment affamé et assoiffé du corps et du sang de Jésus. Après les marches, au soir des combats, on soupire après un peu de nourriture. Dans les derniers engagements, nous ramassions avec délices un bout de pain grossier trouvé dans la boue ; l’eau trouble des trous d’obus nous paraissait délicieusement fraîche ; mais l’Eucharistie, oh, la blanche hostie que l’on entrevoit avec tant de joie du fond de la tranchée, le calice qu’on tire en tremblant d’un autel portatif, au petit jour, pendant que les camarades sont harassés de sommeil — quel appétit, quelle faim et quelle soif du bon Dieu !
À côté de Jésus, il y a Marie ; toute notre dévotion est là : notre messe célébrée le matin, notre chapelet égrené avec confiance, le saint nom de Marie mille fois invoqué du matin au soir et du soir au matin. Quelles pressantes invocations au moment du danger, dans les trous d’obus et sous les mitrailleuses ennemies ! Quels tendres remerciements après la délivrance ! La Sainte Vierge est la bonne, la douce Marie avec qui on ne se gêne pas et qu’on dérange sans cesse, qu’on appelle sans interruption. Elle accorde toujours plus qu’on ne lui demande. Tenez, en voici la preuve. J’ai pris part à la grande bataille de Champagne. C’était la première fois que le régiment allait à l’assaut depuis mon arrivée au front. Je connaissais tous les secrets de la vie des tranchées, mais je n’avais pas encore eu les émotions du « nez à nez » avec les Boches. Aussi je serrai le chapelet dans mes mains quand je franchis le parapet, direction de l’ennemi. Je n’entre pas dans le détail des mille péripéties que j’eus à traverser. Voici seulement l’épilogue intime du combat.
Un éclat d’obus est venu me toucher au flanc gauche. Oh ! ne vous effrayez pas, juste une petite égratignure pour me donner la gloire d’avoir versé quelques gouttes de mon sang pour la France. Je n’en fais mention que pour vous montrer la protection du bon Dieu et de la Vierge du Rosaire qui a été visible en ces jours.
Ne voilà-t-il pas qu’à mon grand étonnement, le 29 au matin, je me vois proposé pour une citation à la brigade par le major de notre bataillon. La voici, vous voudrez bien la montrer à Monseigneur en l’assurant que je la dois à sa très paternelle bénédiction. Je n’ose pas lui en parler moi-même.
Je suis tout confus, croyez-le, car je n’ai fait que mon devoir, même très modestement ; je me réjouis tout de même de ce témoignage à ma bonne volonté, car j’y vois un encouragement de notre bonne Mère du ciel et une réponse à tant de ferventes prières qu’on a faites pour moi. Je m’en réjouis, car il s’adresse non tant à moi qu’au prêtre-soldat dont je veux soutenir l’honneur de toutes mes forces. Et puis, en voyant ma croix de guerre, je penserai avec émotion à mon bon père qui a servi durant sept ans, dont fait une rude campagne et langui dix mois en captivité. Hélas ! mon cher père n’a pas vécu assez longtemps pour avoir la médaille de 1870. Il a mérité la croix de guerre pour son fils, et j’irai pieusement la déposer sur sa tombe et sur la tombe du vieil oncle Garin, le glorieux poilu de Crimée et des guerres d’Italie.
Remerciez Dieu qui me soutient et m’encourage visiblement. Demandez-lui de me conserver pour sa plus grande gloire et son service, si telle est sa volonté. Priez partout Marie pour que je sois jusqu’au bout et de plus en plus digne de ma mission et de mon titre de prêtre-soldat.
Dans cet espoir et de tout cœur, je tombe dans vos bras. Je vous embrasse avec la joie et la fierté du premier combat et de la première victoire.
Paul.
Voir aussi
Articles connexes
Sources
Livre d'or du Clergé et des Congrégations, tome 1 — consulter sur Gallica
Sa fiche matricule n° 2337, classe 1908 des archives départementales des Alpes-Maritimes
Pour explorer les autres notices du Livre d'or du Clergé et des Congrégations 1914-1918, consultez la base complète des 10 296 ecclésiastiques mobilisés.

