
Date de naissance : 25 mai 1889
Commune de naissance : Montauban
Département de naissance : Tarn-et-Garonne
Nationalité : Française
Situation religieuse
Qualité religieuse : Scolastique
Congrégation / Ordre : Autre congrégation masculine
Congrégation (formulation Livre d'or) : Missionnaires du Sacré-Cœur d'Issoudun
Pays d'exercice : Suisse
Établissement de rattachement : scolasticat des Missionnaires du Sacré-Cœur (Fribourg, Suisse)
Famille
Père : Marie Adolphe Maurice
Mère : Lucie Méric de BELLEFOND
Service pendant la Grande Guerre
Mobilisé le : 3 août 1914
Fonction militaire principale : Pilote (pilote de chasse, spécialisé dans l'attaque des ballons d'observation)
Fonction militaire secondaire : Combattant (artilleur, puis artillerie de tranchée)
Grade final : Lieutenant
Unité finale : Escadrille SPA 152
Parcours militaire :
- 3 août 1914 : rappelé à l’activité par la mobilisation générale, brigadier au 23e RAC.
- 25 septembre 1914 : nommé maréchal des logis.
- Février 1915 : sur sa demande, passé à l’artillerie de tranchée.
- 1er juin 1916 : passé au 57e RAC.
- 2 août 1916 : passé au 59e RAC ; nommé sous-lieutenant (rang du 31 juillet 1916).
- 28 mars 1917 : passé dans l’aviation, escadrille SPA 152 (groupe de combat 22).
- 19 juillet 1918 : blessé à l’épaule gauche par balle au cours d’une patrouille aérienne.
- 31 juillet 1918 : nommé lieutenant à titre définitif.
Théâtre des opérations :
1914 — Charleroi, Marne, Champagne (septembre-décembre).
1915 — Champagne (janvier-mai), Arras (mai-mars 1916).
1916 — Verdun, Avocourt (avril-juin), Oise, Somme (juillet-février 1917).
1917 — Vosges (septembre-décembre).
1918 — Champagne (mai-novembre).
Statut final
Type de fin : Démobilisé
Date : 22 juillet 1919
Citations à l'ordre
Citation n°1
Niveau : À l'ordre du corps d'armée
Numéro et date : 17e C.A. n° 130, 15 octobre 1915
Texte :
Chef de section aux tranchées de première ligne depuis février 1915, a constamment donné à ses hommes le plus bel exemple de courage et de sang-froid ; s'est distingué en mai, juin, juillet 1915. Chargé d'un poste très dangereux du 21 au 26 septembre, a rempli complètement la mission qui lui était confiée, bien que ses pièces aient été à plusieurs reprises enterrées par les obus ennemis, et ses servants, sauf deux, tués ou blessés.
Citation n°2
Niveau : À l'ordre de l'armée
Numéro et date : Armée, 3 avril 1918 (J.O. du 2 mai 1918)
Texte :
Pilote d'une conscience et d'un courage à toute épreuve. A livré de nombreux combats où il a fait preuve des plus belles qualités d'audace. A attaqué un ballon ennemi et l'a abattu en flammes.
Citation n°3
Niveau : À l'ordre de l'armée
Numéro et date : Armée, 12 avril 1918 (J.O. du 13 avril 1918)
Texte :
Volontaire pour l'attaque d'un ballon d'observation ennemi, l'a attaqué à 100 mètres du sol, malgré les feux nourris de la défense, mettant ainsi en flammes son second appareil ennemi.
Citation n°4
Niveau : À l'ordre de l'armée
Numéro et date : Armée, 24 mai 1918 (J.O. du 1er juillet 1918)
Texte :
Très bon pilote, vient d'abattre en flammes un ballon d'observation ennemi ; 3e appareil détruit par ce pilote.
Citation n°5
Niveau : À l'ordre de l'armée
Numéro et date : Armée, 9 juin 1918 (J.O. du 11 juillet 1918)
Texte :
Excellent pilote d'un grand courage. Vient d'abattre en flammes un ballon d'observation ennemi ; 4e appareil détruit par ce pilote.
Citation n°6
Niveau : À l'ordre de l'armée
Numéro et date : Armée (J.O. du 4 décembre 1918)
Texte :
En l'espace de quatre jours, a incendié 2 "drachen" et abattu un avion ennemi (5e, 6e et 7e appareils)
Décorations
Légion d'honneur
Grade / Classe : Officier
Date d'obtention : décret du 5 juin 1918 (J.O. du 30 juillet 1918)
Circonstances :
Chevalier : "Officier pilote d'une bravoure et d'une audace peu communes. Après s'être brillamment conduit dans l'artillerie, a fait preuve des plus belles qualités de courage en attaquant de nombreux "drachen" ennemis et en a abattu quatre. Quatre citations."
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Officier de la Légion d'honneur, 16 avril 1920 (J.O. du 10 décembre 1920) : "Officier de la plus haute valeur, pilote de chasse d'une héroïque bravoure, spécialisé dans l'attaque des ballons d'observation ennemis, a rendu d'éclatants services, tant par le nombre de ses victoires que par l'exemple magnifique donné personnellement. Quatorze citations. Une blessure."
Croix de guerre
Étoiles et palmes :
- Étoile de vermeil (citation à l'ordre du corps d'armée)
Circonstances :
13 palmes et 1 étoile de vermeil
Informations complémentaires
Sixième enfant d’une famille catholique de Montauban, Léon Bourjade — son prénom d’usage — se destinait depuis l’adolescence aux missions lointaines. Les congrégations ayant dû quitter la France, il fit son noviciat chez les Missionnaires du Sacré-Cœur en Espagne, puis suivit le scolasticat replié à Fribourg, en Suisse, qu’il interrompit pour son service militaire au 23e RAC, puis pour la guerre.
Sous-officier d’artillerie, il connut deux années de tranchée à la tête d’une section de crapouillots avant de demander son passage à l’aviation, qu’il envisageait comme une préparation à sa future vie de missionnaire en Océanie. Affecté à l’escadrille SPA 152 dans les Vosges, il se spécialisa dans l’attaque des ballons d’observation, qu’il piquait à la verticale pour déjouer la défense antiaérienne. Il totalisa vingt-quatre victoires homologuées par citation durant la guerre, vingt-sept au décompte définitif établi d’après son carnet de vol — dont vingt-six ballons —, ce qui fait de lui le premier des as français pour cette spécialité.
Ordonné prêtre en 1921, il partit la même année pour la mission de l’île Yule, en Nouvelle-Guinée, où les Missionnaires du Sacré-Cœur étaient établis. Atteint par les fièvres, il y mourut du paludisme le 22 octobre 1924, à trente-cinq ans ; les autorités australiennes lui rendirent les honneurs militaires.
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CITATION N° 7 — Ordre de l’Armée (J.O. du 24 septembre 1918) : « A incendié en huit jours six drachen ennemis (8e, 9e, 10e, 11e, 12e et 13e victoires). »
CITATION N° 8 — Ordre de l’Armée, 8 août 1918 (J.O. du 1er octobre 1918) : « Le 18 juillet 1918, a incendié un drachen ennemi (14e victoire). Le 19 juillet 1918, sa mitrailleuse s’étant enrayée au cours d’une nouvelle attaque de drachen, a réussi à désenrayer pendant que le ballon était ramené vers le sol, l’a attaqué une seconde fois et incendié à moins de 300 mètres. Est rentré blessé par une balle tirée de terre. »
CITATION N° 9 — Ordre de l’Armée, 20 septembre 1918 (J.O. du 23 décembre 1918) : « À peine remis d’une récente blessure, s’est porté à l’attaque d’un drachen ennemi, et l’a incendié malgré une défense antiaérienne très active (15e victoire). »
CITATION N° 10 — Ordre de l’Armée, 2 octobre 1918 (J.O. du 7 janvier 1919) : « Les 1er et 4 septembre, au cours de patrouilles, a attaqué et incendié deux ballons d’observation ennemis (16e et 17e appareils). »
CITATION N° 11 — Ordre de l’Armée, 27 octobre 1918 (J.O. du 19 février 1919) : « Le 16 septembre 1918, a abattu en flammes deux drachen ennemis, et le 1er octobre deux nouveaux drachen (18e, 19e, 20e et 21e appareils détruits par ce pilote). »
CITATION N° 12 — Ordre de l’Armée, 25 janvier 1919 (J.O. du 26 juin 1919) : « Pilote de chasse infatigable. A incendié deux ballons d’observation ennemis les 3 et 4 octobre 1918 (22e et 23e victoires). »
CITATION N° 13 — Ordre de l’Armée, 28 janvier 1919 (J.O. du 26 mai 1919) : « Pilote de chasse infatigable. A incendié un ballon d’observation ennemi, le 8 octobre 1918 (24e victoire). »
Voir aussi
Articles connexes
Destins croisés
Ils étaient presque du même âge — Jean né en 1889, Henri un an plus tôt —, tous deux entrés chez les Missionnaires du Sacré-Cœur d’Issoudun, tous deux passés par le scolasticat de Fribourg avec, au cœur, le même appel des missions lointaines. Peut-être ont-ils partagé là les mêmes bancs et les mêmes veilles ; peut-être ne se sont-ils retrouvés que plus tard, portés par cette même vocation improbable qui les a fait glisser de la soutane au manche d’un avion de chasse.
On aime à les imaginer, un soir, sur le terrain, se reconnaissant à un mot de leur maison avant de remonter dans le ciel.
Ce qui est sûr, c’est qu’ils ont fini par voler côte à côte, sous les cocardes de l’escadrille SPA 152 du groupe de combat 22 — et que Henri Antoine GARIN, missionnaire en Nouvelle-Guinée devenu pilote, n’en est pas revenu, le 29 octobre 1918, à quelques jours de l’armistice que lui, Jean verra se lever.
Sources
Livre d'or du Clergé et des Congrégations, tome 1 — consulter sur Gallica
- Fiche matricule — Archives départementales de Tarn-et-Garonne, bureau de recrutement de Montauban, classe 1909, matricule n° 356.
Pour explorer les autres notices du Livre d'or du Clergé et des Congrégations 1914-1918, consultez la base complète des 10 296 ecclésiastiques mobilisés.

