
Date de naissance : 6 septembre 1880
Commune de naissance : Nantes
Département de naissance : Loire-Inférieure (Loire-Atlantique)
Nationalité : Française
Situation religieuse
Qualité religieuse : Prêtre
Ordination : 25 août 1912
Congrégation / Ordre : Jésuites
Pays d'exercice : Belgique
Établissement de rattachement : Scolasticat des Jésuites, Enghien (Belgique)
Famille
Père : Georges
Mère : Léonie Rose LEGREZ
Service pendant la Grande Guerre
Mobilisé le : août 1914
Fonction militaire principale : Aumônier
Fonction militaire secondaire : Brancardier
Unité finale : 35e RI
Parcours militaire :
- Août 1914 : réformé et sans obligations militaires, il rejoint le front comme aumônier volontaire, affecté à la 28e brigade d’infanterie et détaché au 35e régiment d’infanterie (35e RI).
- 16 septembre 1914 : aumônier d’une ambulance encerclée devant Noyon, il est fait prisonnier par les Allemands.
- Janvier 1915 : rapatrié d’Allemagne, il repart aussitôt pour le front.
- 1915 : rattaché au groupe de brancardiers de la 14e division d’infanterie (GBD 14), il relève les blessés et ensevelit les morts sous le feu ; plusieurs fois cité à l’ordre.
- Août 1916 : grièvement blessé dans la Somme.
- Avril 1917 : présent aux combats des 15 et 19 avril, malgré la maladie.
- 1918 : il termine la guerre avec la 14e division d’infanterie, jusque devant Mézières.
Théâtre des opérations :
1914 — la Marne, Noyon (19 septembre).
Statut final
Type de fin : Démobilisé
Date : 1919
Citations à l'ordre
Citation n°1
Niveau : À l'ordre du régiment (brigade)
Numéro et date : 28e brigade, 28 mai 1915
Texte :
Depuis son affectation à la 28e brigade, comme aumônier, remplit les obligations de son ministère avec un dévouement digne des plus grands éloges ; s'est employé notamment avec crânerie à aller, en des zones battues, enlever, pour les ensevelir, des cadavres abandonnés depuis plusieurs mois.
Citation n°2
Niveau : À l'ordre de l'armée
Numéro et date : armée, 20 juillet 1915 (JO du 7 septembre 1915)
Texte :
Le 16 septembre 1914, aumônier d'une ambulance cernée par les Allemands, a, par la fermeté de son attitude, empêché le massacre des blessés. Rentré d'Allemagne, est reparti de suite pour le front. Le 12 juillet 1915, attaché aux brancardiers du régiment, s'est porté, sous un feu violent d'artillerie, sur un poste avancé où des blessés étaient signalés et leur a donné les premiers soins. N'a cessé de faire preuve d'un dévouement inlassable et d'une belle crânerie.
Citation n°3
Niveau : À l'ordre de l'armée
Numéro et date : armée, 12 novembre 1915 (JO du 19 janvier 1916)
Texte :
D'un dévouement entier et complet, a, pendant cinq jours d'attaques, prodigué ses soins aux blessés. A notamment, malgré le danger, ramené les corps des officiers tués en avant de la tranchée et les a ensevelis.
Citation n°4
Niveau : À l'ordre du régiment (brigade)
Numéro et date : brigade, 1917
Texte :
Au cours des combats des 15 et 19 avril, a été sur le champ de bataille l'exemple vivant du courage, du sang-froid et du dévouement. S'est dépensé sans compter, quoique malade, jusqu'à l'extrême limite de ses forces.
Décorations
Légion d'honneur
Grade / Classe : Chevalier
Date d'obtention : 15 juin 1916 (JO du 6 juillet 1916)
Circonstances :
D'une énergie et d'un courage au-dessus de tout éloge. A sauvé la vie à de nombreux blessés en exposant journellement la sienne. Ne cesse de rendre les plus éminents services par l'exemple qu'il donne et les hautes notions de devoir qu'il sait inculquer à tous. Déjà trois fois cité à l'ordre.
Officier : 16 juin 1920 (JO du 3 mars 1921)
Croix de guerre
Étoiles et palmes :
- Palme d'argent (équivaut à cinq palmes de bronze)
Informations complémentaires
Fils d’un officier de cavalerie, il est entré au noviciat des Jésuites à Saint-Acheul le 8 octobre 1898. Expulsé de France en 1901 avec ses confrères, en application de la loi sur les associations, il a poursuivi sa formation en exil : philosophie à Florennes, puis théologie à Enghien (Belgique), où il a été ordonné prêtre le 25 août 1912. Selon son propre témoignage, rapporté après la guerre, il aurait rejoint le front sans ordre de mobilisation, se disant réformé et sans livret militaire ; cet élément n’est pas confirmé par un document militaire d’époque, et sa fiche matricule n’a pu être localisée à ce jour.
De novembre 1918 à septembre 1919, il a parcouru les anciens champs de bataille avec une équipe de volontaires pour donner une sépulture aux soldats restés sans tombe, et a fait élever à Souain le Calvaire des Wacques. En 1924, il a été l’un des fondateurs et le principal orateur de la Ligue des droits du religieux ancien combattant, née en réaction au projet de reprise de l’expulsion des congrégations.
Écrivain et historien, il a consacré une part de son œuvre à Jeanne d’Arc et reçu le Prix Langlois de l’Académie française en 1927. Il a compté parmi les pionniers du scoutisme catholique français, dont il a animé la branche aînée, la Route, et a pris part au renouveau liturgique. Ses prises de position publiques des années 1930-1940 sont abondamment documentées et discutées par les historiens ; la biographie de référence est celle de Dominique Avon, Paul Doncœur SJ (1880-1961) : un croisé dans le siècle, Le Cerf, 2001. Il s’est retiré à Troussures (Oise), où il est mort le 21 avril 1961.
Voir aussi
Articles connexes
Sources
Livre d'or du Clergé et des Congrégations, tome 1 — consulter sur Gallica
Base Léonore — dossier de la Légion d’honneur, cote 19800035/836/95476 (Archives nationales, Pierrefitte-sur-Seine) ; contient l’extrait d’acte de naissance et la mention de la croix de guerre.
Journal officiel du 6 juillet 1916 — nomination au grade de chevalier de la Légion d’honneur.
Journal officiel du 3 mars 1921 — promotion au grade d’officier de la Légion d’honneur.
Pour explorer les autres notices du Livre d'or du Clergé et des Congrégations 1914-1918, consultez la base complète des 10 296 ecclésiastiques mobilisés.

