Les règlements de la Bastille révèlent le fonctionnement intérieur de la forteresse royale : surveillance des prisonniers, obligations du personnel, discipline de fer. Ces documents manuscrits conservés à la Bibliothèque de l’Arsenal nous plongent dans le quotidien de la prison d’État la plus redoutée de France.
Source :
Manuscrits de la Bibliothèque de l’Arsenal. Archives de la Bastille. Ms-12602. Gallica / BnF.
L’ordonnance royale de 1764 — la Bastille sous l’autorité directe du roi
En septembre 1764, le roi fixe par ordonnance les règles fondamentales qui constituent le premier des règlements de la Bastille. Un texte bref, en huit articles, qui place la forteresse hors de toute autorité intermédiaire : le gouverneur ne répond qu’au roi et à ses secrétaires d’État.
Aucun ordre ne peut venir d’ailleurs, aucune visite aux prisonniers sans mandat royal. La Bastille n’est pas une prison ordinaire — c’est une forteresse d’État.
De par le Roi
(Pour copie d’ampliation)
Sa Majesté voulant pourvoir au bien de son service, établir une règle concernant différents usages et voulant remédier aux inconvénients qui résultent de toute variété arbitraire, elle a ordonné et ordonne ce qui suit.
- Article Premier : Le Gouverneur qui commandera ou tout autre officier ne reconnoîtront que les ordres de Sa Majesté et ceux qui leur seront donnés par les secrétaires d’État.
- Article 2 : L’ordre établi pour le service intérieur et la tenue de la place ne pourra être changé que par ordre du Gouverneur et en son absence, soit par congé ou autrement, rien ne pourra y être changé, augmenté ni diminué que par les ordres du secrétaire d’État ayant le département de Paris.
- Article 3 : Le Gouverneur ne pourra découcher sans permission du secrétaire d’État ayant le département de Paris, de même que les autres officiers du dit État major. Et en cas de maladie du lieutenant de Roy et du major qui sont obligés de coucher dans l’intérieur, le Gouverneur instruira le ministre si l’on étoit forcé de les transporter hors de l’intérieur.
- Article 4 : Aucun officier de l’État major ne pourra sortir hors de la ville pour aller à la campagne ou ailleurs sans en prévenir le Gouverneur.
- Article 5 : Veut Sa Majesté que tous les officiers de l’État major dudit château fassent tous les jours au moins une ronde et que pendant le jour il reste toujours audit château deux desdits officiers et dans le cas où il y en aurait quelqu’un de malade il y en restera au moins un.
- Article 6 : Le Roi ayant reçu le serment du Gouverneur de la Bastille, l’intention de Sa Majesté est qu’il reçoive à l’avenir ceux des lieutenants de Roy, majors, et autres officiers du château, duquel serment sera fait mention sur les provisions, brevets ou commissions qui leur seront expédiés.
- Article 7 : Sa Majesté veut et entend qu’en l’absence du Gouverneur, soit par congé ou autrement, l’officier qui se trouvera commander audit château ne laisse voir ni parler à aucuns prisonniers par qui que ce soit du dehors, sans être porteur des ordres de Sa Majesté ou d’un des secrétaires d’État. L’intention de Sa Majesté est que les visites se fassent dans la Salle du conseil dudit château et non dans les chambres de l’État major, à moins que ladite salle du conseil ne fût occupée par quelque travail, et que lesdites visites se fassent autant qu’il sera possible en présence de deux officiers.
- Article 8 :Tous les officiers de l’État major iront plusieurs fois par semaine voir les prisonniers dans leurs chambres et en rendront compte tous les jours au Gouverneur, excepté ceux qu’il défendra de voir, ce qui s’observera en son absence comme présent audit château.
Mande et ordonne Sa Majesté au Gouverneur dudit château de tenir la main à la présente ordonnance et à tous officiers de s’y conformer sans pouvoir y contrevenir chacun à son égard en quelque manière que ce soit.
Dérogeant Sa Majesté pour le château de la Bastille seulement, à toutes ordonnances antérieures.
Fait à Versailles le 20 septembre 1764.
Source : Gallica
Consigne Du Service Pour Les Porte-Clefs
Les porte-clefs étaient les geôliers chargés de la surveillance directe des prisonniers de la Bastille. Ni officiers ni soldats, ils assuraient au quotidien le service des chambres, des repas, du linge et des clefs des tours.

Ce règlement en 37 articles définissait leurs obligations avec une précision qui ne laissait aucune place à l’initiative personnelle. Il n’est pas daté mais il est situé vers le milieu du XVIIIème siècle.
- 1° Monsieur Le Gouverneur recommande aux dits porte-clefs un secret inviolable sur les devoirs qu’ils remplissent auprès des Prisonniers.
- 2° Ils ne doivent jamais parler du Prisonnier qu’aux Officiers du château.
- 3° Se tenir sur leur Garde de ne jamais parler dans la ville ny de tout ce qui se passe dans l’intérieur de la Bastille.
- 4° Si quelques prisonniers leur demandoient quelques Plaisirs pour le dehors du dit château, les avertir sur le champ les officiers.
- 5° Si quelques Personnes du dehors leur demandoient aussi à rendre quelques Services aux prisonniers, les avertir sur le champ les officiers.
- 6° Les dits porte-clefs doivent faire de Sérieuses réflexions sur les deux articles cy dessus, de peur qu’ils y contrevinssent en se laissant Suborner ; la punition qui leur en arriveroit seroit des plus Sévères, qu’ils y fassent attention.
- 7° Le Premier Devoir des dits porte-clefs lorsqu’ils sont levés le matin est d’aller chacun dans leurs Départements voir leurs prisonniers, savoir comment ils ont passé la nuit. S’ils en trouvent de malades ils en avertiront les officiers du château afin qu’ils y envoient le Chirurgien major qui leur en Rendra Compte.
- 8° Les porte-clefs doivent avoir Beaucoup de Douceur et de Politesse pour les Prisonniers.
- 9° Les dits porte-clefs ne doivent point avoir aucune Entretien ny conversation avec les prisonniers, Seulement de la place et du Beau Temps, à la réserve de les Écouter pour leurs Petits Besoins.
- 10° Lorsque les porte-clefs Entrent dans la chambre d’un Prisonnier ils ne doivent point le quitter des Yeux qu’ils ne Soient sortis, se mettre en garde des incidents.
- 11° Lorsque les porte-clefs Desservent la Vaisselle de la chambre du prisonnier, ils doivent avoir grande attention de bien Visiter les dites Vaisselles. S’il y a point d’Écrit dessus, S’ils trouvent quelque Écriture ils la font Voir aux Officiers du château et leur Disent de quelle chambre elle Vient.
- 12° Alors les officiers font dire aux prisonniers qu’il est de bon ordre de la maison de ne point Écrire Sur la Vaisselle Sur laquelle on leur sert à Manger et qu’ils le pourront, quand leurs Représentants leur feront De ne plus le faire à l’avenir, ils s’y conformeront ; que Si non ils Seront Sujets d’être obligés de leur faire Servir Sur de la Vaisselle de Pierre ou de Bois, le tout pour ôter l’Écriture qui est Sur les Dites Vaisselles.
- 13° Les Porte-clefs auront aussi la même attention de bien Examiner les Livres que l’on prête aux Prisonniers pour s’amuser. S’ils écrivent point Sur les dits livres le laisser, le faire Voir aux officiers lesquels font dire aux Prisonniers qu’ils sont bien fâchés de ne plus leur faire donner des livres puisqu’ils en abusent et qu’ils les Gâtent en Écrivant comme ils font dessus ; le bon moyen d’ôter cette Écriture. On voit par là qu’il est nécessaire que les Porte-clefs Sachent lire les Livres.
- 14° Les porte-clefs Visiteront Souvent les portes, Planchers et Cheminées de chaque chambre de toutes les Tours afin d’Examiner S’il n’y a pas de Trous que les prisonniers y font pour se communiquer les uns aux autres, et les faire Couvrir.
- 15° Les porte-clefs Visiteront aussi au moins une fois la Semaine les Grilles des chambres des Tours et les Sonderont avec un Marteau de fer.
- 16° Les dits porte-clefs auront grand Soin de Tenir propres et de nettoyer Souvent les Choses qui Servent aux Besoins de nécessité du prisonnier.
- 17° Il Est Défendu aux porte-clefs de Rien Recevoir du Prisonnier pendant leur Détention Sous peine d’être punis ; mais à leur Sortie ils peuvent Recevoir Suivant leur Volonté, leur Défendant de leur Demander.
- 18° Les porte-clefs auront grande attention de bien Visiter la Desserte du prisonnier qu’ils Emportent pour eux le Soir, dans la Viande, le Pain ou autre Chose.
- 19° Lorsque les porte-clefs donnent le Linge des Prisonniers au Blanchissage, ils Doivent le bien Visiter et Examiner ainsi que quand on le Rapporte du dit Blanchissage.
- 20° Si la Blanchisseuse perd ou Égare du Linge ou autre Chose aux Prisonniers, les porte-clefs En avertiront les officiers qui ordonneront le payement aux dits prisonniers.
- 21° Les dits porte-clefs doivent avoir une parole très modérée lorsqu’ils Sont dans la chambre du prisonnier ainsi que le long du Couloir de la Tour.
- 22° Les Porte-clefs ne doivent jamais Rien acheter ny Recevoir Pour les prisonniers Sans que les Officiers du château en Soient avertis afin d’En faire la Visite en leur présence.
- 23° Le Chirurgien du château ne doit Jamais aller dans aucune chambre du prisonnier, Soit pour apport de médicaments, ou pour Voir un malade, qu’il ne Soit accompagné Du porte-clefs de Son département.
- 24° Toutes les fois qu’un prisonnier Sort de Sa chambre les porte-clefs Doivent toujours le Suivre par Derrière ainsi qu’En le Remontant dans Sa chambre afin d’Examiner S’il ne glisse point pour Cacher quelque Billet, Soit dans les Cours ou dans l’Escalier de la Tour.
- 25° Lorsqu’on fait Descendre les prisonniers à la Messe, les porte-clefs font Retirer les Sentinelles de la cage au Corps de Garde, ferment les portes de la Cuisine et du passage Entre la Salle du Conseil et la Cuisine et font grande attention que les Prisonniers ne Se Voient les uns les autres, Soit En Descendant ou En Remontant dans leurs chambres.
- 26° Lorsque les prisonniers Sont Sortis des Cabinets de la Chapelle où ils ont Entendu la messe, les porte-clefs Vont faire les Visites des dits Cabinets pour Voir S’il n’y a point d’Écriture Sur la muraille, ou Billets Cachés dans quelques Trous. S’il Se Trouve l’un ou l’autre ils En avertissent les officiers.
- 27° Lorsque le prêtre Est Entré dans la Chapelle pour y Célébrer la Messe, un des porte-clefs ne doit point le quitter qu’il ne Soit Sorti et n’avoir aucun Entretien avec lui d’aucune façon.
- 28° Les Porte-clefs ne doivent Jamais laisser leurs clefs dans les Tours ; leurs portes doivent être Toujours fermées Tant de nuit que de jour, et les dits porte-clefs doivent Remettre les clefs des Tours chez M. le Lieutenant du Roy Lorsque leur Service est fini.
- 29° Lorsque le magistrat demande quelque Prisonnier dans la Salle du Conseil, les porte-clefs font Retirer les Sentinelles de la cage au Corps de Garde et ferment les portes de la Cuisine et du Passage.
- 30° Les porte-clefs ne Doivent Jamais Sortir tous les quatre Ensemble de la Bastille ; il faut qu’il en Reste deux au moins dans l’Intérieur du château.
- 31° Les Porte-clefs ne doivent point Sortir dans la Ville aucune Vaisselle du château.
- 32° Les Porte-clefs ne doivent Jamais Sortir de la Bastille la Vaisselle qui Sert aux prisonniers de Crainte qu’on ait oublié de Rapporter l’Écriture du prisonnier qu’ils pourraient avoir Écrit Sur les dites Vaisselles.
- 33° Les Porte-clefs auront grande attention de porter le Dîner et le Souper aux Prisonniers le plus Chaudement qu’ils Se pourront et de ne pas leur laisser manquer de petites nécessités dont ils ont Besoin Dans leurs chambres.
- 34° Lorsqu’on nettoie les châssis des fenêtres des chambres du Prisonnier, les porte-clefs auront grande attention que le Vitrier ne les Voie point ny qu’il ne leur donne de Billets ou qu’il leur Parle.
- 35° On leur recommande aux Porte-clefs d’être bien propres Sur Eux lorsqu’ils Sortent les prisonniers.
- 36° On défend très Expressément aux Porte-clefs de ne point S’enivrer et de ne Boire que modérément. S’il se trouvait quelqu’un dont on S’en apercevrait, ils Seront punis et en même Temps chassés de leur emploi ; qu’ils fassent une Sérieuse attention à cet article aussi bien qu’aux autres.
- 37° Pour faciliter les obligations absolument nécessaires que l’on impose Cy dessus aux Porte-clefs, il est aisé de Voir que leur Poste les importe et par conséquent qu’il faut bien les Choisir Pour que le bon Service n’en Souffre point. Il paraît Juste qu’ils Doivent être bien traités et avoir des gages fixes à leur convenance.
Reglement pour les livres.
- 1. On ne peut garder dans sa chambre plus de quatre volumes.
- 2. Il est défendu d’écrire dans les livres et sur les marges. Quiconque contrevient à cet article est privé pour toujours de lecture. En les redescendant les livres sont soigneusement examinés feuille par feuille. Il est aussi défendu de les salir et de les déchirer.
- 3. Les dictionnaires qui sont des livres seulement à consulter ne peuvent être retenus plus de deux jours. On n’en donne qu’un volume à la fois, rarement deux.
- 4. On exhorte à faire attention de ne point laisser en sortant ni dans sa malle ni sur soi aucun livre de la Bastille. On est exactement fouillé et M. le lieutenant général est instruit de toute contravention à cet article du règlement.
Source : gallica
Mémoire pour le Chirurgien major de la Bastille
Note de l’éditeur : En 1750, le chirurgien n’est pas le médecin. Le médecin diagnostique et prescrit ; le chirurgien opère, saigne, pose des cataplasmes, tire les dents et rase les malades. Longtemps considéré comme un simple artisan — héritier des barbiers-chirurgiens — il commence à peine à conquérir ses lettres de noblesse académique. À la Bastille, le chirurgien major est le seul homme de l’art en contact direct et quotidien avec les prisonniers. Ce mémoire définit avec précision les limites de sa mission : soigner sans jamais écouter, voir sans jamais savoir.
Monsieur,
J’ai l’honneur de vous envoyer la copie de l’instruction que vous avez trouvée à propos que l’on fasse au nouveau chirurgien de la Bastille pour le bien du service et l’ordre de la Maison. Il m’en a demandé copie signée. Je ne vais pas lui refuser.
J’ai l’honneur d’être avec beaucoup de respect,
Monsieur, Votre très humble et très obéissant Serviteur.
De la Bastille, le 20 avril 1750.
Signé : Berryer.
Source : Gallica
- Le dit chirurgien ne doit jamais découcher de son logement, lequel logement doit être dans le château.
- S’il a besoin de s’absenter du dit château dans le courant de la journée, il doit en avertir M. le Gouverneur ou les officiers, et laisser à l’officier de garde un billet qui indique l’endroit où on pourra le trouver en cas de pressant besoin.
- Il doit avoir dans sa chambre ou dans la pharmacie les remèdes qui sont les plus nécessaires pour des accidents imprévus.
- Le chirurgien ne doit jamais entrer dans la chambre du prisonnier qu’il ne soit accompagné de quelques officiers du dit château, ou tout au moins d’un des porte-clefs chacun de leur département, soit pour l’accommoder ou pour voir le dit prisonnier.
- Il ne doit jamais s’entretenir avec les prisonniers que de leur infirmité et les voir en bref, leur donner le secours dont ils ont Besoin.
- Le dit chirurgien rendra compte tous les Jours à M. le Gouverneur ou aux officiers du château de la maladie des dits prisonniers et en rendra aussi compte au médecin du dit château ainsi que des remèdes qui leur conviennent.
- Le Chirurgien aura beaucoup de circonspection dans sa parole lorsqu’il sera avec les prisonniers. Les écouter et ne point leur répondre que sur ce qui est de son ministère.
- Le Chirurgien ne s’informera point de leurs noms, ni pourquoi ils sont détenus.
- Le Chirurgien ne s’entretiendra jamais du prisonnier avec qui que ce Soit d’étranger en aucune façon, ni même avec ses plus intimes amis.
- Si les prisonniers donnaient quelques billets audit chirurgien, ou qu’ils les introduisent dans sa poche, il les portera sur le champ à M. le Gouverneur, ou aux officiers. Il fera bien même quand il sortira de leur chambre de regarder dans sa poche.
- Lorsque le chirurgien rase le prisonnier, il doit être en garde sur ses rasoirs, n’en avoir qu’un seul dehors dont il se sert, et avoir la même attention pour le ferrement dont il pourrait se servir.
- Le Chirurgien doit avoir beaucoup de douceur, de politesse et d’honnêteté pour les prisonniers.
- Il doit être bien sur ses gardes de ne point se laisser corrompre par les prisonniers ou gens de dehors pour leur favoriser du commerce soit en dedans ou de dehors, il en suivroit de sévères punitions.
- Il parlera très posément dans les escaliers des tours ainsi que dans les chambres des prisonniers.
- Le dit chirurgien ne doit point quitter de vue les prisonniers lorsqu’il les a avec lui, les être toujours en garde.
- Le dit Chirurgien aura grande attention que les remèdes qu’il donnera aux prisonniers soient propres ainsi que le linge à barbe et ce qui sert à les raser les soir pareillement.
Il y a eu des occasions que l’on a fait entrer des chirurgiens, autres que celui du château pour certaines maladies et incommodités du prisonnier, expérimenté soit pour le scorbut, rétentions d’urine, tirer les dents, saignées difficiles et autres.
Le Médecin du château et le Chirurgien doivent s’y trouver quand ces cas arrivent.
M. le Gouverneur ne laisse point introduire les personnes du dehors auprès du dit prisonnier sans un ordre du ministre, ou du Magistrat qui est en place.
Source : Gallica
Ordre de service du 19 avril 1789 — la garnison en état d’alerte
Trois mois avant la prise de la Bastille, la garnison est déjà sur le qui-vive. Cet ordre de service du 19 avril 1789 fixe avec précision les consignes de garde : rondes, relèves, contrôle de la grille et de la porte de bois, interdiction de sortie sans autorisation. La Bastille se barricade. Les États généraux viennent de s’ouvrir à Versailles.
- Du 19 avril 1789. 9h. Savoir.
- Un caporal et huit hommes de garde aux casernes pour y monter trois jours de suite.
- Deux de ces hommes feront un corps de garde de la grille tant qu’elle sera ouverte.
- A la moindre alerte le caporal et deux hommes se porteront à la grille, et les quatre autres à la porte de bois.
- A neuf heures du soir jusqu’à une heure du matin, un des cinquante hommes sera en sentinelle dans la cour se promenant depuis la porte de bois jusqu’au milieu de ladite cour.
- S’il se présente quelqu’un pour entrer par la porte de bois, ce sentinelle avertira le caporal qui y viendra avec deux hommes pour reconnoître, et si c’étaine plusieurs personnes réunies, il feroit dire les trois autres avant d’ouvrir en juger si il droit les laisser passer, s’il ne juge pas à propos, il fera fermer et avertira M. le gouverneur.
- Il y aura un officier de la compagnie de planton toute la journée à la caserne qui commandera le détachement si le cas l’exige, et fera prendre les armes à la compagnie s’il le juge nécessaire.
- Aucun bas officier ne sortira de l’enceinte de la Bastille sans la permission de l’officier de planton.
- Les sergents feront des appels de deux en deux heures.
- Les deux hommes ordinaires de la grille ne quitteront leur poste sous aucun prétexte, on aura soin de les faire relever aux heures indiquées et à foncer.
- Tant que la grille sera ouverte un bas officier au moins se tiendra à la porte en dehors, et si le vague affluence de monde, ils fermeront la grille.

Archives de la Bastille, Ms-12602, Bibliothèque de l’Arsenal, Gallica / BnF.
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