Le Destin Cruel de De Launay : Dernier Gouverneur de la Bastille

Portrait de Bernard-René de Launay, marquis et dernier gouverneur de la Bastille en 1789.
Le marquis de Launay, gouverneur de la Bastille — Collections du Louvre

Source image du portrait : Paris Musées

Le 14 juillet 1789, lorsque la foule parisienne franchit les ponts-levis de la Bastille, elle cherchait des armes et de la poudre. Elle trouva aussi un homme — Bernard-René Jourdan, marquis de Launay, gouverneur de la forteresse depuis treize ans. Sa fin est connue : lynché place de Grève, sa tête portée au bout d’une pique. Mais qui était-il avant ce jour fatal ? Alors que des hommes comme l’horloger Jean-Baptiste Humbert montaient à l’assaut de la Bastille, les témoignages dressent de De Launay un portrait saisissant : un chef militaire irrésolu, paralysé par la terreur. Antoine de Rivarol résuma son destin d’une formule célèbre : il avait « perdu la tête avant qu’on ne la lui coupât ».

Né dans la Bastille : une vie entre les tours

La Bastille et la porte Saint-Antoine vue depuis les faubourgs de Paris, avant la prise de la Bastille et la révolution française en 1789
La Bastille et la porte Saint-Antoine, vue depuis les faubourgs de Paris – Source image : Paris Musées

Le destin de Bernard-René Jourdan de Launay commence là même où il se terminera. Il naît le 8 avril 1740 à l’intérieur de la forteresse de la Bastille — son père, René Jourdan de Launay, en est alors le gouverneur. La famille est d’ancienne noblesse normande, anoblie par lettres patentes de Louis XIII en 1638. Les Jourdan de Launay possèdent des terres dans le Cotentin, autour de la paroisse de Golleville, et tiennent plusieurs seigneuries. Le père est chevalier de l’ordre de Saint-Louis. Le fils grandira dans l’ombre des huit tours, avec pour horizon quotidien les fossés, les créneaux et les cachots de la prison royale la plus redoutée de France.

Il suit la carrière des armes : mousquetaires noirs du roi, puis officier au régiment des Gardes françaises, puis capitaine de cavalerie. Rien dans ce parcours n’annonce un grand chef militaire. En 1777, il cède le château familial de La Bretonnière à Golleville. Neuf ans après sa naissance dans ses murs, en 1776, il succède à Antoine-Joseph de Jumilhac au poste de gouverneur de la Bastille — la même forteresse où il était né trente-six ans plus tôt.

Une charge achetée à prix d’or

Plan de la Bastille sous le gouvernorat de De Launay, avec le jardin privatisé au nord de la forteresse, 14 juillet 1789
Plan de la Bastille et de ses dépendances, avec le jardin aménagé au nord de la forteresse

Source image : Gallica

La nomination de De Launay n’est pas une récompense militaire. C’est une transaction commerciale, comme le veut la pratique des offices sous l’Ancien Régime. Pour obtenir la survivance de son prédécesseur Jumilhac, il verse une somme considérable. L’historien Dufey, dans ses Mémoires pour servir à l’histoire secrète du gouvernement français publiés en 1833 (lien en bas de page) évalue ce pot-de-vin à 500.000 livres — une fortune. Les deux sources disponibles s’accordent sur l’essentiel : De Launay a acheté sa charge et doit maintenant la rentabiliser.

Un système de profit au détriment de la garnison

Le gouverneur perçoit ses appointements fixes, auxquels s’ajoutent des gains sur les « places mortes » — des prisonniers fictifs. Dufey décrit un homme plus proche du geôlier que du commandant. Cette cupidité est confirmée par la Gazette nationale du 24 juillet 1789 : elle rapporte que De Launay prélevait 5 sous sur la solde de ses gardes. En puisant dans la paie de ses propres hommes, il s’aliène ceux-là même qui devront le défendre.

Un officier royal protégé par la couronne

Arrest du Conseil d’État, portant que le Sr. Jourdan de Launay, Capitaine et gouverneur de la Bastille et ses successeurs audit gouvernement, jouiront à l’avenir du droit de committimus au grand et petit sceau.

Sur ce qui a été représenté au roi en son conseil, par le Sr. Jourdan de Launay, Capitaine et gouverneur du château de la Bastille, qu’encore que les fonctions de cette charge exigent pour le bien du service de Sa Majesté, de ceux qui ont l’honneur d’en être revêtus, un service plus assidu qu’aucune autre charge ;

Cependant celui qui en avoit été pourvu, lorsqu’il plut au roi de régler, par son ordonnance du mois d’août 1669, le nombre et la qualité de ceux qui pourroient jouir du privilège de committimus au grand et petit sceau, ne fut point compris dans ce nombre, ce qui ne peut être que l’effet d’un pur oubli, ou la négligence de ceux qui ont jusques à présent été pourvus de cette charge ;

Et attendu que le Sr. de Launay possède quelques biens dans des provinces éloignées, et notamment dans le Cotentin, où il lui a été suscité quelques procès, qu’il est dans l’impossibilité de suivre, dans les tribuneaux où ils sont portés, vu l’assiduité qu’il doit aux fonctions de sa charge, il a très humblement fait supplier Sa Majesté de vouloir bien ordonner que tant lui, que ses successeurs à ladite charge, jouiront à l’avenir du privilège de committimus au grand et petit sceau, ainsi qu’en jouissent tous les officiers commensaux de Sa Majesté.

Oire le rapport. Sa Majesté étant en son conseil, a ordonné et ordonne que le Sr. Jourdan de Launay, capitaine gouverneur de son château de la Bastille, et ses successeurs audit gouvernement, jouiront à l’avenir du droit de committimus au grand et petit sceau, pour raison de leurs causes personnelles ou mixtes, entières et non contestées, tant en demandant qu’en défendant, comme s’ils avoient été compris dans le nombre des officiers, auxquels ce privilège a été accordé par ladite ordonnance de 1669, et conformément à icelle ;

Et pour l’exécution du présent arrest, toutes lettres nécessaires seront expédiées.
Fait au Conseil d’État du roi, Sa Majesté y étant tenu à Versailles le 14 août 1733.
Signé : Phélypeaux.

Note de l’éditeur — Le committimus était un privilège royal accordant à certains officiers du roi le droit d’être jugés directement par les cours souveraines de Paris, plutôt que par les tribunaux ordinaires de province. Cet arrêt de 1733 révèle un De Launay bien intégré dans le système de faveurs de l’Ancien Régime : propriétaire terrien en Normandie, protégé par la couronne, et dont le poste à la Bastille lui valait des droits réservés aux commensaux du roi.

Arrêt du Conseil d'État accordant le committimus à De Launay, gouverneur de la Bastille, 1733
Arrêt du Conseil d’État, Versailles, 14 août 1733 — Archives de la Bastille, Ms-12602, Bibliothèque de l’Arsenal. Disponible sur Gallica / BnF.

Treize ans de règne : la forteresse comme domaine privé

Les treize années de gouvernement de De Launay à la Bastille se déroulent sans fait d’armes notable. Un seul incident retient l’attention des chroniqueurs de l’époque : en 1778, faute d’avoir reçu l’ordre par écrit, il omet de faire tonner le canon pour saluer la naissance de Madame Royale, fille aînée de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Le détail est révélateur : De Launay n’agit que sur ordre. Sans instruction venue d’en haut, il est paralysé.

De Latude au Cardinal de Rohan : des prisonniers détestant leur geôlier

Parmi les prisonniers illustres qu’il a en charge, on croise des figures aux destins opposés. Il y a le célèbre Jean-Henry Latude, dont les tentatives d’évasion répétées ont défié l’administration de la forteresse, mais aussi le cardinal de Rohan, impliqué dans l’affaire du Collier de la reine.

Le contraste est saisissant entre De Launay et son major, M. de Losme-Salbray. La Gazette nationale du 24 juillet 1789 le dit sans détour : M. de Losme était « aussi chéri des prisonniers que M. de Launay en était détesté ».

Le major adoucissait le sort des détenus, au point qu’un ancien prisonnier, le marquis de Pelleport, tentera héroïquement de le sauver du lynchage le 14 juillet. Le gouverneur, lui, restera jusqu’au bout l’incarnation de l’arbitraire froid et de la cupidité administrative.

L’été 1789 : un homme que ses supérieurs n’estiment plus

Au printemps 1789, Paris est en ébullition. L’affaire Réveillon d’avril, les États généraux de mai, le renvoi de Necker le 11 juillet — la ville est au bord de l’insurrection. Le 12 juillet, le prince de Lambesc charge la foule aux Tuileries avec le régiment Royal-Allemand. De Launay reçoit des renforts et des munitions : 250 barils de poudre de 125 livres chacun, transportés dans la nuit du 12 au 13 juillet depuis l’Arsenal par les Suisses du régiment Salis-Samade, 15 000 cartouches, 15 canons sur les tours. Il fait également porter 6 voitures de pavés sur les plates-formes pour les lancer sur les assaillants.

Mais ses propres supérieurs doutent de lui. Le baron de Besenval, commandant militaire de l’Île-de-France, demande en vain au maréchal de Broglie de remplacer De Launay par un officier « plus sûr et plus ferme ». La demande est ignorée. De Launay reste en poste.
Son officier suisse, le lieutenant Louis de Flue qui commande la garnison de Salis-Samade à la Bastille, laissera de lui l’un des portraits les plus dévastateurs qui soit. Cité par l’historien Claude Quétel dans son ouvrage La Bastille :

« C’était un homme sans grandes connaissances militaires, sans expérience et de peu de cœur. […] par son inquiétude continuelle et son irrésolution, je vis clairement que nous serions bien mal commandés si nous étions attaqués.

Il était tellement frappé de terreur que la nuit, il prenait pour des ennemis les ombres des arbres et des autres objets environnants. Les Messieurs de l’état-major, le lieutenant du roi, le major de la place et moi-même, nous lui faisions très souvent des représentations, d’une part pour le tranquilliser sur la faiblesse de la garnison dont il se plaignait sans cesse, et d’autre part pour l’engager à ne pas se préoccuper de détails insignifiants et à ne pas négliger les choses importantes.

Il nous écoutait, paraissait nous approuver et ensuite il agissait tout autrement, puis, un instant après, il changeait d’avis ; en un mot, dans tous ses faits et gestes, il faisait preuve de la plus grande irrésolution. »

C’est l’officier qui le commandait militairement qui le décrit ainsi. Louis de Flue est un témoin direct, présent dans la Bastille du 12 au 14 juillet — et son jugement est sans appel.

Le 14 juillet au matin : les délégations et le piège du pont-levis

Le 14 juillet 1789 au matin, Paris est armé. Les Invalides ont été pillés dans la matinée, les canons sont en position. Plusieurs délégations se succèdent pour tenter de négocier avec le gouverneur. La première, menée par un avocat au parlement, M. de la Rosière, est reçue à l’intérieur. De Launay affirme ne pouvoir descendre ses canons « qu’en vertu d’un ordre du roi ». La délégation repart sans résultat.

La Gazette nationale du 22 juillet 1789 décrit le moment qui bascule tout : les ponts-levis sont abaissés, laissant entrer une foule désarmée dans la première cour — puis le feu ouvre sur elle. Qu’il s’agisse d’un ordre de De Launay ou d’une décision prise par la garnison sans lui, le résultat est le même : des morts, et une foule qui ne voit plus dans le gouverneur qu’un traître.

Une délégation conduite par M. de Corny, procureur du roi, voit arborer le pavillon blanc sur la plate-forme — puis essuie une décharge de mousqueterie qui tue trois citoyens à ses pieds.

Le désespoir : quand De Launay veut faire sauter la Bastille

Les combats durent près de cinq heures. La Gazette nationale du 22 juillet 1789 en dresse le tableau : des bourgeois, des artisans, des soldats des Gardes françaises, « mal armés pour la plupart et n’ayant jamais manié d’armes », affrontent le feu des remparts. C’est dans ce chaos que Jean-Baptiste Humbert, l’horloger, parvient à dresser une échelle contre les murs, devenant ainsi le premier à paraître sur les tours.
Des canons sont mis en position dans le jardin de l’Arsenal.

À quatre heures de l’après-midi, la Gazette rapporte que De Launay, « désespérant de soutenir plus longtemps le siège », prend « la résolution désespérée de s’ensevelir sous ses ruines » et saisit une mèche pour mettre le feu aux poudres déposées dans la tour de la Liberté — 250 barils qui auraient soufflé la Bastille et une partie du faubourg Saint-Antoine avec elle. Deux sous-officiers, Béquard et Ferraud, lui présentent la baïonnette et le forcent à reculer.

C’est la deuxième fois qu’il tente de faire sauter la forteresse — la Gazette du 22 juillet mentionne une première tentative arrêtée dans les mêmes circonstances.

La garnison insiste pour capituler. Un tambour fait trois fois le tour de la plate-forme avec un drapeau blanc. Une capitulation est finalement rédigée, glissée à travers un créneau, et acceptée par Élie, l’officier qui commande les assaillants, au nom de sa foi d’officier.

De Launay tentant de mettre le feu aux poudres de la Bastille le 14 juillet 1789, repoussé par le sieur Ferrand, Révolution française
Le marquis Delaunay voulant mettre le feu à la Sainte-Barbe, repoussé par le sieur Ferrand

Source image : Collections Louvre

L’arrestation, le cortège et les dernières paroles

Arrestation du gouverneur de Launay par les insurgés parisiens devant les ponts-levis de la Bastille.
Arrestation de M. de Launay, gouverneur de la Bastille, le 14 juillet 1789

Source image de son arrestation : Paris Musées

Les portes s’ouvrent. La foule entre. De Launay est arrêté, « éperdu, tremblant au milieu de la foule des vainqueurs ». La Gazette nationale du 23 juillet 1789 rapporte qu’il est saisi par deux Gardes françaises et conduit vers l’Hôtel-de-Ville. Il s’est jeté dans les bras d’un jeune citoyen, Templement, qui tente de le protéger. Le cortège traverse Paris sous les cris.


Hulin, l’un des chefs vainqueurs qui escorte le prisonnier, est épuisé par les efforts qu’il a faits pour le défendre. À la hauteur du cimetière Saint-Gervais, l’escorte est débordée. À peine Hulin s’est-il assis pour souffler qu’il se retourne et aperçoit la tête de De Launay au bout d’une pique. La Gazette nationale du 23 juillet 1789 rapporte ses dernières paroles, prononcées pendant le trajet :

« Ah ! mes amis, tuez-moi, tuez-moi sur le champ, ne me faites pas languir. »

Le peuple, craignant qu’on ne lui enlève sa victime, l’avait égorgé sur les marches de l’Hôtel-de-Ville. Sa tête fut ensuite sciée et promenée dans les rues de la capitale au bout d’une pique.

Lynchage et exécution du marquis de Launay sur la place de Grève après la chute de la Bastille
La journée mémorable du mardi 14 juillet 1789 — Les têtes de M. de Launay et de M. de Flesselles portées en triomphe de la Grève au Palais-Royal

Source image : Gallica

Ce que la presse satirique retenait de lui

La réputation de De Launay à Paris avant même le 14 juillet est saisissante. Un pamphlet anonyme circule dans la ville dès 1789 — le Testament de Charles de Launay, gouverneur de la Bastille, conservé à la Bibliothèque nationale de France et portant la mention manuscrite « apocryphe ».
Ce texte satirique, rédigé à la première personne comme si De Launay était l’auteur, révèle l’image que Paris se fait de lui.

Le gouverneur fictif y lègue à son prisonnier Tavernier « son nécessaire de vermeil, ses bons rasoirs d’Angleterre, ses mouchoirs de poche, ses bas, sa garde-robe » — le priant d’oublier « que je l’ai laissé manquer de tout depuis que je suis gouverneur ». Il lègue « au peuple de Paris, qui va m’assiéger, toute la mitraille qui est dans mes canons, toute la poudre qui est dans le magasin ». Et il nomme comme successeur en son gouvernement le bourreau de Paris, « pour lui tenir lieu de retraite ».

Qu’il soit authentique ou forgé, ce texte dit quelque chose d’essentiel : en juillet 1789, le nom de De Launay est associé dans l’opinion parisienne à la vénalité, à la cruauté envers les prisonniers et à la complicité avec la répression. La Bastille et son gouverneur ne font qu’un dans l’imaginaire du peuple — et les deux tomberont le même jour.

Un destin partagé

De Launay n’est pas le seul à périr ce 14 juillet. Son major, M. de Losme-Salbray, l’homme « aussi chéri des prisonniers que De Launay en était détesté », est lynché le même jour place de Grève. La Gazette nationale du 23 juillet 1789 raconte que le jeune marquis de Pelleport, ancien prisonnier de la Bastille qui avait trouvé dans l’humanité de De Losme « un adoucissement à sa captivité », se précipite dans la foule pour défendre son ancien geôlier bienveillant au péril de sa vie — en vain.

Le prévôt des marchands Jacques de Flesselles, lui aussi, est abattu le même jour sur les marches de l’Hôtel-de-Ville, victime d’accusations de trahison. En quelques heures, l’Ancien Régime perd en même temps son gouverneur de prison le plus symbolique, le chef militaire de la garnison et le premier magistrat de Paris. La journée du 14 juillet 1789 ne détruit pas seulement une forteresse — elle emporte avec elle les hommes qui en incarnaient le pouvoir.

Sources

Sources primaires — Gallica / BnF :

Gazette nationale ou le Moniteur universel, n° 22 (23 juillet 1789) — récit des délégations, du piège du pont-levis et de la tentative de faire sauter la Bastille.
Gazette nationale ou le Moniteur universel, n° 23 (24 juillet 1789) — le lynchage de De Launay, ses dernières paroles, la mort de De Losme.
Gazette nationale ou le Moniteur universel, n° 24 (25 juillet 1789) — le portrait de l’administrateur vénal, la rétention sur les soldes.

Source secondaire — XIXe siècle :

Dufey, Pierre-Joseph-Spiridion, La Bastille : mémoires pour servir à l’histoire secrète du gouvernement français, Paris, 1833 — Gallica, ark:/12148/bpt6k64641843. Ouvrage de synthèse rédigé 44 ans après les faits, compilant les archives de la Bastille. Donne le montant du pot-de-vin versé pour la survivance et le détail des revenus du gouverneur.

Document d’époque à caractère satirique :

Testament de Charles de Launay, gouverneur de la Bastille. Trouvé à la Bastille, le jour de l’assaut, s.d. [1789] — Gallica – Porte la mention manuscrite « apocryphe ». Pamphlet politique, non testament authentique. Témoignage de l’opinion publique parisienne en juillet 1789.

Source secondaire moderne :

Article « Bernard-René Jourdan de Launay », Wikipédia — utilisé pour vérification factuelle uniquement (dates, état civil, carrière militaire).

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