Le 13 juillet 1789, à la veille de la prise de la Bastille, Paris s’organise pour sa défense. Les électeurs de Paris, réunis à l’Hôtel-de-Ville, prennent en main le destin de la capitale et fondent en quelques heures la milice parisienne 1789.
La cocarde verte, arborée spontanément par les citoyens, cède la place à la cocarde bleue et rouge, officiellement adoptée par le Comité permanent. Le Marquis de la Salle est nommé commandant en chef.
C’est la naissance de ce qui deviendra la Garde nationale.
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La cocarde verte et la naissance de la milice parisienne.
Les citoyens de tout rang, de tout ordre, de tout âge, tous les Français qui se trouvent dans la capitale se font inscrire sur la liste des soldats de la Patrie, et se décorent de la cocarde verte. Il est statué que chaque district formera des patrouilles pour garder la ville, qu’on s’incorporera avec les brigands, afin de les désarmer sans effort, et que le prévôt des marchands avisera aux moyens de fournir promptement des fusils et des munitions de guerre.
L’arrêté du 13 juillet 1789 : naissance du Comité permanent

Document original publié : disponible sur Gallica
Du 13 juillet. — Les électeurs arrêtent :
1°. Que tous les citoyens rassemblés à l’hôtel-de-ville, se retireront dès-à-présent dans leurs districts respectifs.
2°. Que M. le lieutenant de police sera invité à se rendre sur-le-champ à l’hôtel-de-ville, pour donner les détails qui lui seront demandés.
3°. Qu’il sera établi dès ce moment un comité permanent, composé de personnes qui seront nommées par l’Assemblée, et dont le nombre sera augmenté par les électeurs, ainsi qu’ils trouveront convenir.
4°. Qu’il sera établi sur-le-champ une correspondance entre le comité permanent et les districts.
5°. Qu’il sera demandé dans le moment même à chaque district de former un état nominatif, d’abord de deux cents citoyens (lequel nombre sera augmenté successivement) ; que ces citoyens doivent être connus et en état de porter les armes ; qu’ils seront réunis en corps de milice parisienne, pour veiller à la sûreté publique, suivant les instructions qui seront données à cet effet par le comité permanent.
6°. Que les membres de ce comité permanent formeront autant de bureaux qu’il sera nécessaire à l’hôtel-de-ville, pour pourvoir, tant à l’objet des subsistances, qu’à l’organisation et au service de la milice parisienne.
7°. Qu’au moment de la publication du présent arrêté, tout particulier qui se trouvera muni de fusils, pistolets, sabres, épées ou autres armes, sera tenu de les porter sur-le-champ dans les différents districts dont il fait partie, pour les remettre aux chefs desdits districts, y être rassemblés et ensuite distribués suivant l’ordre qui sera établi, aux différents citoyens qui doivent former la milice parisienne.
8°. Que les attroupements ne pouvant servir qu’à augmenter le tumulte et la confusion, et contrarier l’effet des mesures nécessaires à la sûreté et à la tranquillité publique, tous les citoyens seront avertis de s’abstenir de former des attroupements dans quelque lieu que ce puisse être.
9°. Que les citoyens rassemblés dans les districts seront priés de sanctionner, par leur approbation particulière, ce qui vient d’être arrêté dans l’assemblée générale.
10°. Et enfin, que le présent arrêté sera imprimé, lu, publié et affiché avec le nom des personnes que l’assemblée va choisir et nommer pour former le comité permanent, en attendant que l’assemblée des électeurs, convoquée pour l’après-midi de cette même journée, ait de son côté choisi et nommé les membres qu’elle doit adjoindre à ceux nommés par l’assemblée générale.
Et à l’instant même ont été nommés pour composer le comité permanent :

M. Jacques de Flesselles, prévôt des marchands.
M. de Corny, procureur du roi et de la ville.
MM. Buffault, Sageret, Vergue, Rouen, échevins.
M. Veytard, greffier en chef.
Deux conseillers de ville et un quartinier.
MM. le marquis de la Salle, l’abbé Fauchet, Tessin, de Leutre, Quatremere, Dumangin, Girou, conseiller ; Ducloz du Fresnoy, Bancal des Issarts, Hyon, Legrand de Saint-René, Jeanin, électeurs.
M. Grêlé, citoyen.
M. Moreau de Saint-Méry, président des électeurs.

Source : Paris musées
L’arrêté militaire de l’après-midi : organisation des 16 légions
Le même jour 13 juillet, après-midi, on publia l’arrêté suivant :
Arrêté du comité permanent établi par l’assemblée générale de ce matin, 13 juillet 1789.
La notoriété des désordres et les excès commis par plusieurs attroupements, ayant déterminé l’assemblée générale, à rétablir sans délai la milice parisienne 1789, il a été ordonné ce qui suit :
Structure des bataillons, compagnies et état-major
1°. Le fonds de la milice parisienne sera de 48 mille citoyens, jusqu’à nouvel ordre.
2°. Le premier enregistrement fait dans chacun des soixante districts, sera de 200 hommes pour le premier jour, et ainsi successivement pendant les trois jours suivants.
3°. Ces soixante districts, réduits en seize quartiers, formeront seize légions, qui porteront le nom de chaque quartier, dont douze seront composés de quatre bataillons, également désignés par le nom de districts, et quatre de trois bataillons seulement, aussi désignés de la même manière.
4°. Le fonds de chaque bataillon sera de quatre compagnies.
5°. Chaque compagnie sera de 200 hommes, dont la composition sera portée, dès le premier jour, à 50 hommes, pour compléter successivement, les 200 hommes demandés à chaque district à l’effet de commencer le service.
6°. L’état-major sera composé d’un commandant-général des seize légions, d’un commandant-général en second, d’un major-général, et d’un aide-major général.
7°. L’état-major particulier de chacune des seize légions sera composé, d’un commandant en chef ; d’un commandant en second ; d’un major ; de quatre aides-major et d’un adjudant.
8°. Chaque compagnie sera commandée par un capitaine en premier ; un capitaine en second ; deux lieutenants et deux sous-lieutenants. Les compagnies seront composées de huit sergents, dont le premier sera sergent-major ; de trente-deux caporaux ; de cent-cinquante-huit factionnaires et de deux tambours.
9°. Le comité permanent nommera : le commandant-général ; le commandant-général en second ; le major-général ; l’aide-major général ; et les états-majors de chacune des seize légions, sur les désignations et renseignements qui seront adressés par les chefs des districts. Quant aux officiers des bataillons qui composent lesdites légions, ils seront nommés par chaque district, ou par des commissaires députés à cet effet dans chacun des districts et quartiers.
La cocarde bleue et rouge — marque distinctive de la milice parisienne.
10°. Comme il est nécessaire que chaque membre qui compose cette milice parisienne, porte une marque distinctive, les couleurs de la ville ont été adoptées par l’assemblée générale ; en conséquence, chacun portera la cocarde bleue et rouge. Tout homme qui sera trouvé avec cette cocarde sans avoir été enregistré dans l’un des districts, sera remis à la justice du comité permanent. Le grand état major réglera les distinctions ultérieures de tout genre.
11°. Le quartier-général de la milice parisienne sera constamment à l’hôtel-de-ville.
12°. Les officiers composant le grand état-major, auront séance au comité permanent.
13°. Il y aura seize corps-de-garde principaux pour chaque légion, et soixante corps-de-garde particuliers, correspondant à chaque district.
14°. Les patrouilles seront postées partout où il sera nécessaire, et la force de leur composition sera réglée par les chefs.
15°. Les armes prises dans les corps-de-garde, y seront laissées par chaque membre de la milice parisienne à la fin de son service, et messieurs les officiers en seront responsables.
16°. D’après la composition arrêtée de la milice parisienne, chaque citoyen sera admis à défendre ses foyers, voudra bien, tant que les circonstances l’exigeront, s’astreindre à faire son service tous les quatre jours.
Fait à l’hôtel-de-ville, le 13 juillet 1789.
Signé : de Flesselles, prévôt des marchands, etc.
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Source :
Document original : Gazette nationale ou le Moniteur universel, numéro 21 du 20 juillet 1789.
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